La mulette du Rhin

mulette
“La mulette du Rhin (Unio margaritifera, Brugn.). Grande coquille épaisse et d’une belle nacre, que l’on trouve dans le Rhin, la Loire et quelques autres rivières. On en retire des perles assez belles et qui sont utilisées. C’est probablement à cette espèce qu’il faut rapporter ce que dit Valmont de Bomares des perles de Lorraine pêchées dans la Vologne, dont le duc Léopold s’était réservé la propriété, et dont une abbesse de Mons s’était fait un collier. Une mulette bien connue est celle nommée moule des peintres, qui sert à recevoir les couleurs dont les artistes se servent.
Les perles sont très-recherchées des femmes pour leur parure ; mais on en fabrique un très-grand nombre de fausses avec de petites ampoules de verre enduites intérieurement de colle de poisson chargées d’essence d’Orient, tirées des écailles de l’ablette, et ensuite remplies de cire fondue. Ces fausses perles imitent très-bien les véritables, et leur fabrication forme aujourd’hui un art assez important.”

Nicolas-Jean-Baptiste-Gaston Guibourt, Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d’histoire naturelle professé à l’École de pharmacie de Paris. Tome 4 (Paris, 1869-1870)
Abbildung: Charles-Auguste Millet, Les merveilles des fleuves et des ruisseaux, 3e édition illustrée de 66 vignettes sur bois par A. Mesnel (Paris 1888)

“Die Flussperlmuschel (Margaritifera margaritifera) ist eine der großen Süßwasser-Muscheln, die im Deutschland des beginnenden 21. Jahrhunderts als vom Aussterben bedrohte Tierart gilt.
Die Flussperlmuschel kann nach neuesten Ergebnissen ein Alter von bis zu 280 Jahren erreichen. Größe und Alter nehmen nach Norden hin zu, so wird sie in Spanien meist nur 8–10 cm groß und etwa 60–70 Jahre alt, während sie in Schweden bis zu 280 Jahre alt und 14 cm groß wird. Ihre Vermehrung ist ein komplexer, da an anspruchsvolle Voraussetzungen gebundener, störanfälliger Prozess mit mehreren Zwischenstadien. Nachdem die winzigen Frühformen (Glochidien) der Muschel geschlüpft sind, benötigen sie als Wirt die Bachforelle, in deren Kiemenbereich sie zehn Monate parasitisch leben; andere Fischarten sind als Wirt nicht geeignet. Sie wachsen von ca. 0,05 mm zur 0,5 mm großen Jungmuschel heran. Etwa im Mai, wenn die Temperatur und das Bachbett stimmig sind, lassen sie sich im Flussbett zwischen die Kiesel und Steine am Gewässergrund fallen und graben sich dort ein. Dort leben sie versteckt und kommen erst nach etwa sieben Jahren, im ausgewachsenen Stadium und mit der inzwischen gebildeten harten Schale, an die Oberfläche des Gewässergrundes. Sie verbringen dann den Rest ihres Lebens weitgehend stationär. In der Strömung lassen sie das Wasser durch ihre Kiemen fließen und filtern dabei Nahrungspartikel heraus. In ökologisch intaktem Umfeld bildet die Flussperlmuschel Kolonien.
Man bezeichnet die großen Flussmuscheln, einschließlich der Flussperlmuschel, auch als Najaden. (…)
Zur Zeit der deutschen Kleinstaaten und Fürstenhöfe bis zum 18. Jahrhundert wurde sie teilweise gezielt angesiedelt und effektiv mit drakonischen Strafen (z. B. Abhacken der Hand) geschützt, so im Odenwald und in der Eifel nachweisbar. Das Recht zur Suche nach Perlen wurde als Perlregal bezeichnet. Von vor 300 Jahren sind Perlmuschelbänke mit mehr als tausend Tieren pro Quadratmeter bekannt.
Mit dem Einmarsch der Franzosen 1794 erlosch das Perlregal in weiten Teilen Deutschlands, wodurch ein Raubbau ermöglicht wurde. (…)
Es enthalten nur wenige Muscheln tatsächlich Perlen: Die Angaben reichen von 0,05 % bis zu 4 % (eine Perle auf 2.000 bzw. 25 Muscheln).
Die Flussperlmuschel ist heute in Deutschland sehr selten. Gründe für den Bestandsrückgang sind: Verschmutzung der Gewässer durch Überdüngung, Abwassereinleitung und Streusalz; Versandung der Bäche; Verdrängung der Bachforelle, die als Wirtstier der Muschel dient, durch die eingeführte Regenbogenforelle; Aussterben des Lachses, der als Wirtstier dient; Vernichtung ganzer Bestände durch Perlenräuber in früheren Zeiten; neue Fressfeinde durch die Neozoen Bisamratte und Waschbär”
(Wikipedia, Stand: 17. August 2014)

Victor Tissot über Köln und seinen Hauptbahnhof

“On part, on est arrivé”, écrivait Jules Janin, racontant aux lecteurs des Débats le premier voyage en chemin de fer de Paris à Saint-Germain.

Cette manière brève et rapide de rendre compte d’un voyage pourrait s’appliquer au trajet nocturne de Paris à Cologne, si deux visites douanières à Erquelines et à Herbesthal ne venaient réveiller de sa douce somnolence le voyageur qui a contracté l’habitude de dormir dans le cadre du sleeping, ou même sur les simples coussins du wagon.

On se réveille définitivement et pour la troisième fois au milieu du tohu-bohu d’une des gares les plus vastes et les plus animées de l’Europe. Le débarcadère de Cologne est tout un monde. On a calculé qu’il y entre et qu’il en sort 280 trains par jour et par nuit, car si le dernier train passe à minuit, le premier coup de sifflet retentit avant quatre heures du matin.

Tous les railways allemands convergent plus ou moins vers Cologne, sans compter les chemins de fer belges, dont la grande cité rhénane est la véritable tête de ligne.

Tout, dans cette gare, a un aspect monumental: les salles à manger, les salles d’attente, les halls où l’on vend les tickets et où l’on pèse les bagages.

Des scènes de haute gloutonnerie, toute pantagruéliques amusent quand plusieurs trains venant à la fois de différents côtés déversent une foule de voyageurs affamés qui se précipitent avec toute la force d’estomacs défaillants sur les pains fourrés, les aspics, les assiettées de viande froide et les autres ornements nutritifs qui s’étalent et s’étagent sur les buffets comme sur des autels dédiés aux dieux de la matière. Messieurs les Anglais et les Russes sont toujours les plus ardents la curée; ils ne se contentent pas de modestes collations, il leur faut des repas complets lestement servis et arrosés de vin de Champagne.

L’Allemand se bourre de belegte Broœdchen qu’il fait descendre à l’aide d’autant de bocks qu’il peut en avaler, jusqu’à ce que le portier vienne crier d’une voix de stentor : “Einsteigen, Einsteigen!” c’est-à-dire “En wagon, en wagon!”

Le Français se contente d’un bouillon et d’un doigt de vin; l’Espagnol se fâche parce que le chocolat n’est pas prêt, et l’Italien mâchonne son curedent en frisant sa moustache.

Au milieu des convives circulent des jeunes gens faisant l’office de bibliothèques ambulantes. Ils portent, suspendu au cou par de fortes courroies, un éventaire garni de livres et de journaux.

Jetons un coup d’oeil sur cette devanture portative et voyons, à côté de la nourriture de l’estomac, quel menu intellectuel nous offre l’Allemagne.

Parmi les journaux, l’immense Gazette de Cologne figure au premier rang. Cette feuille a beaucoup perdu de la vivacité qu’elle avait autrefois on n’y trouve presque plus de polémiques et ses correspondances de Paris sont à peine malveillantes.

Quant aux articles de fond, ils sont à la fois longs et soperiûques ils répondent à la schablone (Cliché) traditionnelle du journalisme allemand.

En revanche, depuis deux ou trois ans, la Gazette a envoyé à Cameron et dans les diverses contrées du sud de l’Afrique où l’Allemagne s’établit peu à peu, des correspondants spéciaux qui lui envoient des articles dont chacun a la longueur d’une brochure et qui font, du reste, très bien connaître ces pays inexplorés sur lesquels M. de Bismarck est en train de mettre la griffe. Déjà maintenant, les territoires annexés sans tambour ni trompette, présentent une étendue quatre ou cinq fois aussi grande que l’Allemagne.

La Gazette de Francfort, qui a versé beaucoup d’eau dans son petit bleu démocratique et particulariste d’autrefois; la Gazette universelle qui a transporté ses presses d’Augsbourg à Munich, le Kladderadatsch et les Feuilles volantes de Munich, avec leurs caricatures vivement crayonnées, complètent le reste de la collection, au milieu de laquelle quelques journaux français et anglais semblent comme égarés.

(…)

Les almanachs illustrés, les petits albums comiques, les brochures humouristiques garnissent également l’éventaire du libraire ambulant; et au beau milieu, en vedette, s’étale le livre à succès La Famille Buchholtz. L’odyssée de ce Périchon berlinois prend des proportions de plus en plus grandes; on le fait voyager en Italie, en Suisse, en Suède et même en France. En parlant de Paris, M. Stinde a forcé la note au lieu de rester spirituel, il est devenu grossier.

(…)

Sortons de la gare.

Nous voici sur la place de l’immense cathédrale dont la flèche s’élance si orgueilleusement vers le ciel. Ce poème de pierre a été décrit bien souvent, mais chaque fois que nous le revoyons, nous nous sentons écrasés par son immensité. Là population de la ville entière pourrait tenir à l’aise dans la vaste basilique.

Elles sont très rares cependant, les occasions où la cathédrale s’anime, où toutes les orgues grondent à la fois et où des milliers de voix résonnent sous ses voûtes profondes.

Quelques fidèles agenouillés devant les chapelles latérales; des parents priant autour des cierges qui brûlent pour le repos de l’âme d’un de leurs défunts, et des touristes ayant à la main le Guide Joanne ou le guide Baedeker, conduits par le marguiller qui suppute le pourboire que chacun lui donnera, tela senties groupes qui errent le plus souvent, perdus dans la noire forêt des paiera.

C’est en 1880 seulement que le Dom a été débarrassé de ses dernières charpentes, et que l’oeuvre, commencée en 1307, a été complètement achevée.

Cologne a l’aspect d’une ville en pleine prospérité, vers laquelle affluent toutes les richesses de cette province rhénane où les fabriques, les usines, les manufactures se succèdent sans interruption, où les grandes villes sont, pour ainsi dire, collées les unes aux autres.

La vieille cité est devenue trop étroite pour sa population qui, depuis quinze ans, a augmenté d’environ cent mille habitants. Il a fallu construire des quartiers nouveaux. Les fortifications ont tout d’abord mis obstacle à cette expansion, mais l’entente s’est établie d’une façon assez originale entre la municipalité et le génie militaire.

L’édilité de Cologne s’est chargée de faire démolir à ses frais les anciennes fortifications et de les reporter à une certaine distance, de façon à enclore les quartiers supplémentaires dans la nouvelle enceinte.

La plus-value des terrains des anciennes fortifications contribue, du reste, grandement à couvrir les frais dont la municipalité s’est chargée.

Bien entendu, on profitera de cette transformation pour construire les nouveaux forts d’après le système le plus récent, et l’on prépare déjà, à proximité, des bastions et des tourelles, d’immenses casernes en briques rouges, avec ornements genre Renaissance, qui peuvent abriter des régiments entiers.

Ces caravansérails militaires, précédés d’esplanades spacieuses où les recrues s’exercent et où les troupes manoeuvrent, sont devenues très à la mode depuis 1871.

(aus: Victor Tissot, De Paris à Berlin : mes vacances en Allemagne (1886))

Blutbad in Neuenburg am Rhein

“Als im Dreißigjährigen Krieg der Schwed’ am Rhein war, stachen einmal die Neuenburger eine schwedische Patrouille tot, und sagten: „Wenn wir nach Schweden kommen, macht’s uns auch so.” Darob entrüstete sich der schwedische General, dergestalt, daß er einen hohen und teuren Schwur tat. „Auch kein Hund soll am Leben bleiben”, schwur er hoch und teuer, und hatte etwas im Kopf, ein Gläslein Norschinger zuviel. Als solches die Neuenburger hörten, schlossen sie die Tore zu. Aber am andern Tag als der Zorn und der Wein von dem General gewichen war, da reute es ihn, denn er war vormittags ein gar menschlicher Herr, und bekam fast große Anfechtung in seinem Gewissen, daß er mit viel unschuldigem Blut sein Wort und seinen Eid sollt’ lösen. Also ließ er den Feldprediger kommen und klagte ihm seine Not. Der Feldprediger meinte zwar, maßen der Feldhauptmann einen Schwur getan hätte, der Gott leid sei, so sei brechen besser als halten. Das glaubte der Feldhauptmann nicht, denn er hielt sein Wort und seinen Schwur über alles teuer. Aber nach langem Besinnen kam’s auf einmal wie Sonnenschein in sein Angesicht, und sagte: „Was ich geschworen habe, das will ich auch halten, Punktum!” Als aber die schwedischen Zimmerleute das Stadttor hatten eingehauen, und der Feldhauptmann ritt selber mit drei Fähnlein hinein, befahl er alle Hunde im Städtlein zu töten, aber die Menschen ließ er leben, und wurden selbigen Tages neunzehn große Metzgerhunde, drei Schäferhunde, vierundsechzig Pudel, acht Windspiele, zwölf Dachshunde und zwei gar feine Möpperlein jämmerlich teils zusammengehauen, teils mit Büchsen zu Tod geschossen. Also hat der Feldhauptmann das menschliche Blut verschont, und doch seinen Eid gehalten. Denn er hatte den Schwur getan: kein Hund soll am Leben bleiben, und ist auch keiner daran geblieben.”

(aus: Johann Peter Hebel – Der Rheinländische Hausfreund 1812)

Apollinaire

Auch wenn einer der beiden mir gegenübersitzenden alten Schweden jüngst im EC auf der linksrheinischen Trasse beim vermeintlichen Anblick des Loreleyfelsens (der in Wirklichkeit noch ein paar Kilometer auf sich warten ließ) aus seinem besoffenen Idiom plötzlich in eine klare deutsche Zeile, nämlich: „Ich weiß nicht was soll es bedeuten“ und somit in erhabene Melancholie verfiel – mit die schönsten Rheingedichte, zumal in Häufung, hat ein Franzose gemacht, Guillaume Apollinaire, in seinem berühmten Band „Alcools“ mit den Rhénanes.

Mai

Le mai le joli mai en barque sur le Rhin
Des dames regardaient du haut de la montagne
Vous êtes si jolies mais la barque s`éloigne
Qui donc a fait pleurer les saules riverains?

Or des vergers fleuris se figeaient en arrière
Les pétales tombés des cerisiers de mai
Sont les ongles de celle que j`ai tant aimé
Les pétales flétris sont comme ses paupières

Sur le chemin du bord du fleuve lentement
Un ours un singe un chien menés par des tziganes
Suivaient une roulotte trainée par un âne
Tandis que s`éloignait dans les vignes rhénanes

Sur un fifre lointain un air de régiment
Le mai le joli mai a paré les ruines
De lierre de vigne vierge et de rosiers
Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers

Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes