Karibischer Rhein

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Gegenüber von Germersheim, nördlich der Rudolf-von-Habsburg-Brücke, im auengeprägten Niemandsland zwischen Rußheim und Rheinsheim, auf der klimabegünstigten badischen Seite, entdeckte unser Fotograf, auf dem Rhein paddelnd, diese Strandbar karibischen Stils, wie sie typischer auch im Socagürtel nicht aufzufinden sein dürfte.
(Bild: Stefan Mittler)

Le Rhin réunit tout

“Saint-Goar, 17 août.

Vous savez, je vous l’ai dit souvent, j’aime les fleuves. Les fleuves charrient les idées aussi bien que les marchandises. Tout a son rôle magnifique dans la création. Les fleuves, comme d’immenses clairons, chantent à l’océan la beauté de la terre, la culture des champs, la splendeur des villes et la gloire des hommes.

Et, je vous l’ai dit aussi, entre tous les fleuves, j’aime le Rhin. La première fois que j’ai vu le Rhin, c’était il y a un an, à Kehl, en passant le pont de bateaux. La nuit tombait, la voiture allait au pas. Je me souviens que j’éprouvai alors un certain respect en traversant le vieux fleuve…

…Ce soir-là… je contemplai longtemps ce fier et noble fleuve, violent, mais sans fureur, sauvage, mais majestueux. Il était enflé et magnifique au moment où je le traversais. Il essuyait aux bateaux du pont sa crinière fauve, sa barbe limoneuse, comme dit Boileau. Ses deux rives se perdaient dans le crépuscule. Son bruit était un rugissement puissant et paisible. Je lui trouvais quelque chose de la grande mer.

Oui, mon ami, c’est un noble fleuve, féodal, républicain, impérial, digne d’être à la fois français et allemand. Il y a toute l’histoire de l’Europe considérée sous ses deux grands aspects, dans ce fleuve des guerriers et des penseurs, dans cette vague superbe qui fait bondir la France, dans ce murmure profond qui fait rêver l’Allemagne.

Le Rhin réunit tout. Le Rhin est rapide comme le Rhône, large comme la Loire, encaissé comme la Meuse, tortueux comme la Seine, limpide et vert comme la Somme, historique comme le Tibre, royal comme le Danube, mystérieux comme le Nil, pailleté d’or comme un fleuve d’Amérique, couvert de fables et de fantômes comme un fleuve d’Asie.

Avant que l’histoire écrivait, avant que l’homme existait peut-être, où est le Rhin aujourd’hui fumait et flamboyait une double chaîne de volcans qui se sont éteints en laissant sur le sol deux tas de laves et de basaltes disposés parallèlement comme deux longues murailles. À la même époque, les cristallisations gigantesques qui sont les montagnes primitives s’achevaient, les alluvions énormes qui sont les montagnes secondaires se desséchaient, l’effrayant monceau que nous appelons aujourd’hui les Alpes se refroidissait lentement, les neiges s’y accumulaient; deux grands écoulements de ces neiges se répandirent sur la terre: l’un, l’écoulement du versant septentrional, traversa les plaines, rencontra la double tranchée des volcans éteints et s’en alla par là à l’Océan; l’autre, l’écoulement du versant occidental, tomba de montagne en montagne, côtoya cet autre bloc de volcans expirés que nous nommons l’Ardèche et se perdit dans la Méditerranée. Le premier de ces écoulements, c’est le Rhin; le second, c’est le Rhône…

…Le Rhin, dans les destinées de l’Europe, a une sorte de signification providentielle. C’est le grand fossé transversal qui sépare le Sud du Nord. La providence en a fait le fleuve-frontière; les forteresses en ont fait le fleuve-muraille. Le Rhin a vu la figure et a reflété l’ombre de presque tous les grands hommes de guerre qui, depuis trente siècles, ont labouré le vieux continent avec ce soc qu’on appelle pépée. César a traversé le Rhin en montant du midi; Attila a traversé le Rhin en descendant du septentrion. Clovis y a gagné sa bataille de Tolbiac. Charlemagne et Bonaparte y ont régné. L’empereur Frédéric-Barberousse, l’empereur Rodolphe de Hapsbourg et le palatin Frédéric Ier y ont été grands, victorieux et formidables. Gustave-Adolphe y a commandé ses armées du haut de la guérite de Caub. Louis XIV a vu le Rhin. Enguien et Condé l’ont passé. Hélas! Turenne aussi. Drusus y a sa pierre à Mayence comme Marceau à Coblenz et Hoche à Andernach. Pour l’œil du penseur qui voit vivre l’histoire, deux grands aigles planent perpétuellement sur le Rhin, l’aigle des légions romaines et l’aigle des régiments français.

…Ce noble Rhin que les Romains nommaient Rhenus superbus, tantôt porte les ponts de bateaux hérissés de lances, de pertuisanes ou de baïonnettes qui versent sur l’Allemagne les armées d’Italie, d’Espagne et de France, ou reversent sur l’ancien monde romain, toujours géographiquement adhérent, les anciennes hordes barbares, toujours les mêmes aussi; tantôt charrie pacifiquement les sapins de la Murg et de Saint-Gall, les porphyres et les serpentines de Bâle, la potasse de Bingen, le sel de Karlshall, les cuirs de Stromberg, le vif-argent de Lansberg, les vins de Johannisberg et de Bacharach, les ardoises de Caub, les saumons d’Oberwesel, les cerises de Salzig, le charbon de bois de Boppart, la vaisselle de fer blanc de Coblenz, la verrerie de la Moselle, les fers forgés de Bendorf, les tufs et les meules d’Andernach, les tôles de Neuwied, les eaux minérales d’Antoniustein, les draps et les poteries de Wallendar, les vins rouges de Taar, le cuivre et le plomb de Linz, la pierre de taille de Kœnigswinter, les laines et les soieries de Cologne; et il accomplit majestueusement à travers l’Europe, selon la volonté de Dieu, sa double fonction de fleuve de la paix, ayant sans interruption sur la double rangée de collines qui encaisse la plus notable partie de son cours, d’un côté des chênes, de l’autre des vignes, c’est-à-dire d’un côté le nord, de l’autre le midi; d’un côté la force, de l’autre la joie…”

(aus: Victor Hugo: Le Rhin, lettre XIV; Hugos Rheinbriefe sind komplett zu finden auf Google Books)

Germersheim

Bei Wikipedia ist Germersheim als die Stadt des Flieders und der Nachtigall verzeichnet – ich kannte den Ort bisher lediglich en passant als einen des höllischen Gestanks und der enormen, in Deutschland führenden Selbstmordrate. Nun nähere ich mich Germersheim erstmals mit voller Absicht, um die ganze Wahrheit über das so gegensätzlich beleumundete Städtchen herauszufinden. Über die Rudolf-von-Habsburg-Spannbeton-Brücke pesen die Wagen mit Pfälzer Überlandspeed. Röhrende Auspuffe, geistige Zerdrängtheit, die bei Mach 2 in Freiheit umschlägt und nie wieder zurückkehrt. Die Karossen werden vom Horizont als winzige schwarze Endpunkte verschluckt. Neben den freiheitlich-breiten Fahrbahnen gibt es auf der Brücke schmale abgesperrte Wege für Fußgänger und Radfahrer. Das blaugestrichene Geländer korrespondiert farblich sowohl mit dem Himmel als auch mit dem Strom, die Brücke fungiert somit nicht nur als Verbindung zwischen Baden und der Pfalz, sondern auch zwischen Himmel und Erde, was manchen Germersheimer auf letzte Gedanken gebracht haben mag. Auf der Pfälzer Seite beginnt umgehend ein Verwirrspiel aus Hinweisschildern, die für sämtliche Ziele in alle, dh auch exakt gegensätzliche Richtungen weisen – wer diesen Schildern traut, bleibt am Ortsrand hängen und wird verrückt. Ganz in der Nähe verbreitet ein Klärwerk seine süßlichen Aromen (eine Art kräftigen Antimenschenspray) und treibt mich ebenso voran und davon wie die ausschließlich depressiven Gesichtszüge der Passanten, die eine Frage nach dem Weg vermutlich völlig entgleisen lassen würde. Es gibt in Germersheim keine wirklich weiten Wege und dennoch genug Platz für Wohnbaracken, die an die schlechteren Stadtviertel von Accra erinnern. Attraktion des Städtchens sind einige Meter Festungsmauer und ein paar ältere Garnisonsgebäude. Vor dem Arresthaus stehen depressiv wirkende Jugendliche mitten im Kärcherlärm der Brunnenreiniger und nuckeln an ultraschlanken Fluppen. In der Fußgängerzone herrscht gähnende Leere, immerhin existiert eine Fußgängerzone und sie wirkt individueller als die meisten anderen: zum einen verzichtet sie auf Ladenketten, die Plastikprodukte für 99 Cent verkaufen, zum anderen gibt es hier sowieso kein Publikum. Zentrale Attraktion Germersheims ist das von der Asfaltlobby gestützte Deutsche Straßenmuseum, vor dem zwei ausrangierte Planierwalzen stehen. Alles wirkt, als hätte Gott mit seiner Fliegenklatsche einmal kräftig auf das Städtchen draufgehauen. Da und dort zappelt noch etwas, jedoch so gut wie hoffnungslos. Auswärtige Radfahrer besuchen den Ort, stärken sich in der lokalen Gastronomie, um Germersheim dann möglichst schnell wieder hinter sich zu lassen. Die Stimmung ist selbst bei bester desinfizierender Sonnenstrahlung traurig und stark ansteckend. Unten am Rhein haben sich ein paar Menschen versammelt und starren hilflos auf den begradigten Strom. An der Eisenbahnbrücke ein Graffito: „BILD-Leser wissen mehr als die Wahrheit“