Die Germania und die Billigbombe

Dimanche 26 juin. Rüdesheim. J’attrape de justesse le bateau, sur l’embarcadère de la Compagnie Köln-Düsseldorf. Je suis le dernier sur la passerelle. Il est 10 heures quand le Deutschland s’éloigne du quai.
Au-dessus de Rüdesheim s’aperçoit, dressée sur les hauteurs couvertes de vignobles, la statue de la Germa­nia du monument du Niederwald. Lothar Baier me racontait que des anarchistes francfortois avaient voulu profiter de son inauguration par Guillaume II, en 1893, pour assassiner l’empereur. Mais « en bons protestants allemands », dixit Lothar, ils avaient acheté pour leur bombe la mèche la moins chère qu’ils aient pu trouver. Or il plut ce jour-là et la mèche ne fonctionna pas. Ils furent arrêtés, condamnés à mort et exécutés. Lothar voyait là une nouvelle preuve par l’absurde de l’incapa­cité des Allemands à réussir une révolution.
La présence de ce monument en ces lieux, parmi les vignobles, loin de Berlin la capitale, est exemplaire de l’extraordinaire dissémination des monuments symboli­ques de l’unité nationale dans ce pays. Le Walhalla de 1842, construit sous Louis Ier de Bavière pour servir « au renforcement et à l’accroissement du sens allemand », se trouve au sud de Regensburg. A Cologne est la cathédrale dont l’achèvement, à partir de 1840, devait annoncer « une grande et puissante Allemagne ». A Mayence, l’érection, en 1837, d’un monument à Gutem-berg symbolisait « la conscience que nous avons une patrie commune, une langue commune, les mêmes lois, les mêmes espoirs et le même but ». A Leipzig se dresse, gigantesque, le monument témoin de la renaissance nationale, celui de la « Bataille des Peuples » contre Napoléon. Le monument symbole de la puissance germanique, celui qui commémore la victoire de Her­mann sur les Romains, se trouve près de Bielefeld, dans la Teutoburger Wald. Dans l’île de Norderney est la pyramide faite des pierres de toutes les villes alleman­des. Et à Berlin, bien sûr, sont quelques monuments « d’intérêt national », mais finalement guère plus qu’ail­leurs.
La Germania est un peu la cousine allemande de Marianne. Mais celle-ci est chrétienne lorsque, dans la mémoire nationale, elle se confond avec Jeanne d’Arc, porteuse de révolte et de liberté quand elle grimpe avec Gavroche sur les barricades. La Germania n’est pas cela, mais une réminiscence de légendes germaniques, une resucée de Walkyrie. Elle est grave et massive, grise et guerrière. Elle sert le prince et non la liberté, et le prince s’en sert pour tuer la liberté. A Rüdesheim, elle est tournée vers l’ouest et provoque la France. Elle monte la garde sur le Rhin.
Il n’y a qu’une société d’Allemands du troisième âge sur le bateau, ils restent vissés à leurs table, étroitement assis, et il m’est impossible de trouver leur compagnie. Les autres touristes sont des Japonais et des Français, deux groupes de chaque, et quelques Américains.
Passé Rüdesheim, le Rhin circule dans les méandres encaissés du massif schisteux rhénan. Son lit parfois est si étroit qu’il a dû être élargi pour les bateaux modernes, comme, après-guerre, à Bingen. A l’approche du rocher de la Lorelei, le bateau s’emplit, via les haut-parleurs, d’un mâle chœur chantant le poème de Heine mis en musique par Sucher. Les touristes se ruent à bâbord et photographient un morceau de la falaise qui les sur­plombe. A son sommet, à 132 mètres, flotte le drapeau allemand : ce bout de rocher est lui aussi monument national.
La légende de la Lorelei n’est que l’une des nombreu­ses légendes que ce fleuve charrie depuis toujours. On trouve de tout sur ces rives et ces îlots, « dans cette vague superbe qui fait bondir la France, dans ce murmure profond qui fait rêver l’Allemagne », comme l’écrit Hugo dans Le Rhin. Sous tous ces burgs dont les silhouettes déchiquetées accompagnent le voyage, se jouent des histoires odysséennes, comme celle, juste­ment, de la Lorelei, cette Circé germanique dont les longs cheveux d’or appellent les marins à fracasser leurs barques à ses pieds ; apparaissent des empereurs de légende, comme Frédéric Barberousse qui, à Pfalz, fait triompher l’amour, deus ex machina, au terme d’une histoire compliquée d’amoureux empêchés ; se mêlent christianisme et paganisme, comme dans la légende du Drachenfels, près de Bonn, où une jeune vierge livrée à un dragon se sauve par sa foi. Les mythes sont souvent effroyables et nocturnes : la parure d’or de la Lorelei ne se voit qu’à la nuit ; dans sa « tour aux souris » de Bingen, le méchant archevêque est bouffé tout vivant par les rats. On songe à ce que, dans De l’Allemagne, Heine dit des « légendes de l’Allemagne, ces tristes enfantements pétris de sang et de nuages, dont les formes sont si grises et si blafardes, et l’aspect si cruel ! ». Pourtant ici, sur ce fleuve, les monstres sont vaincus par la justice et par l’amour, le seul monstre triomphant, finalement, est la belle Lorelei qui tue insolemment.
La force et l’importance du Rhin sont d’abord en lui-même avant que d’être dans les rêveries des hommes. Ce fleuve, plus qu’aucun autre, est fluidité, mobilité, communication, trait d’union. Il fait définitivement échapper le pays qui le borde à cette Bodenständigkeit, cette « fixation au sol » tellement forte ailleurs et dérangeante. Son lit semble boire, autant qu’à l’eau venue des chutes de Schaffhausen, à celle, dorée, qui court en vert déferlement sur ses pentes somptueuses et qui, gavée de soleil et de sucre, rendra, muée en vin, tout le pays aimable. La douceur est vertu du Rhin malgré les sombres légendes et les orgueilleux monu­ments de la puissance de Guillaume, de Ruedesheim et de Coblence, qui paraissent ici ridicules et obscènes. C’est cette douceur aussi qui fait que, de la plus terrible et de la plus froide des légendes, Heine ne retient dans son chant qu’indicible tristesse : « Ich weiss nicht,/ Was soll es bedeuten,/ Dass ich so traurig bin. »

(aus: Patrick Démerin, Voyage en Allemagne (Paris 1989))

Marcel Crépon vom Rheinfall (3)

Den Bodensee stellte ich mir als ein riesiges Waschbecken vor, dessen Stöpsel eine mächtige Hand gezogen hätte. Das Wasser warf sich rücksichtslos in die Tiefe. Weiß sah es aus, wie von einen Mixer geschlagen, schaumige, reine Milch. Meine Begleiterin, trunken von Bier, Sonnenstrahlen, Wasserspiegelungen und Litaneien, nickte stumpfsinnig, schaute jedoch in die entgegengesetzte Richtung. Unter großen weißen Sonnenschirmen hechelten Wanderer. Müde kommentierten sie zahlreiche Reisen, mit dem Fahrrad bezwungene Bergketten, im Eiltempo verschlungene Wälder, durchkreuzte Seen, sehnten sich nach hoch verdienten Getränken und Speisen. Abwesend blickte die Frau auf eine andere Gruppe hinter dem Heldenrund. Der Hitze mit erstaunlicher Lebhaftigkeit trotzend, fotografierten sich gegenseitig neben einer naturgetreu reproduzierten Alpenkuh, die dort ausgestellt war, Inder: Kinder Eltern und Eltern Kinder. Zart gestreichelt wurden die Flanken, liebevoll gehalten die Ohren der Kuh, man mimte ernst das Melken.

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So muss es sich wohl beim Mahashivarati-Fest abspielen, nur mit hunderttausenden Anbetern mehr. Wie hypnotisiert näherte sich die Frau langsam der Skulptur und wurde von den Indern quasi einverleibt. Sie verschwand, tauchte wieder auf. (Wie lange blieb sie dort? Was war unterdessen geschehen?) Unwiderruflich der Schaden: sie sah verstrahlt aus, ihre Augen glänzten wie die Oberfläche eines gomphide glutineux (2). Sie hätte, so erzählte sie, den Eimer unter den Schwanz der Kuh gestellt, wie ihr befohlen worden war. Ida und Aditi hätten ihr das Geheimnis des Emmericher Wappeneimers zugeflüstert: Kuhfladen wurden mit dem Eimer gesammelt, die getrocknet als Brennstoff Verwendung fanden. Die Theorie wäre gewagt, aber nicht uninteressant, kommentierte ich, um etwas zu sagen, dabei höflich zu bleiben, nicht sofort in Lachen auszubrechen. Von reinigendem Urin und Dung, von befreiten kosmischen Kühen lallte die Frau weiter, in höchster ekstatischer Erregung: sie wolle sich nun mit den muhenden Gewässern vereinigen, denn wer im Yama-Reich den Ahnen einen Besuch abstatten möchte, dem würde die Kuh bei der Überquerung helfen. Dass sie ernst machte, merkte ich, als sie ein paar Selfisten liebevoll, doch entschlossen beiseite schob und über das Geländer zu klettern begann. Der Wissenschaft zu Liebe hätte ich sie machen lassen müssen, doch griff ich nach ihrer Bluse und hielt sie ab, zeigte auf das Wasserrad. Dessen gleichmäßige Drehungen, die von Moosen bedeckten, immer wieder ein- und auftauchenden Schaufeln funktionierten fabelhaft als Ablenkung. Sie pflanzte sich davor, ich entfernte mich geschickt Richtung Schlössli Wörth.

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Im Becken am Fuß der Felsen, die stichsägengleich das Wasser zu zerteilen schienen, taumelten und schaukelten gelbe, blaue, rote Schiffe, beladen mit mutigen und aufgeregten Naturfreunden. Auf der Uferpromenade abseits der menschlichen Ströme saß ein Mann auf einer Bank. Einer, der mehr in seinen Kleidern zu geistern schien als von ihnen bekleidet zu werden. Neben ihm waren drei mit Wasser gefüllte Fläschchen aufgestellt. Am Boden der mittleren lagen Sandkörner und Steinchen. “Die erste Flasche ist gefüllt mit Rheinwasser vor dem Fall, die zweite mit Wasser nach dem Fall, die dritte beinhaltet eine Mischung aus beiden”, erklärte der Mann.

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Verkaufte er Rheinwasser an Touristen? Versprach er ihnen Wunder? Zeit böte er an, nichts als Zeit, flüssige Zeit. Konnte er damit Kunden gewinnen? Viele wäre übertrieben gewesen, aber es waren erheblich mehr als damals, als er versuchte hatte mit Rheinwassereis Geld zu machen. Die Kügelchen, die wie Schneebälle aussahen, hatte er eigenhändig hergestellt, ehe sie schmolzen, was recht schnell geschah. Mit genügend Mitteln hätte er in einen Kleinwagen investiert gehabt. Sorbets, Speiseeis vorbereitet, richtige Kugeln, wie aus dem Schnee der Bergeshöhen. “Und was kostet sie, diese Zeit?” – “10 CHF die Flasche, Euros nehme ich auch an.” – “Nicht alle drei zusammen?” Der Mann beugte sich beiseite, nahm aus seinem Rucksack eine leere Mineralwasserflasche, füllte sie mit dem Wasser der Fläschchen. “Das ist Zeit, 10 CHF…”

Erst zurück am Rad fühlte ich mich beruhigt: Kein Eklat, keine aufgeregte Menschenansammlung, weder Polizei noch Rettungsdienst. Die Inder waren weg. Die Frau ebenso, deren Name ich nicht in Erfahrung bringen konnte. Nur das Braunvieh stand da, blickte verträumt in Richtung Fluß, wohin ich ebenfalls zurückkehrte. An der Oberfläche schrieb Gischt in stetigem Schlängeln Texte, die nur von Forellen zu entschlüsseln sind.

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Fast hätte ich vergessen die “Baum-Hieroglyphen” (3) von Mr. Pyeux zu erwähnen. Erinnern Sie sich?

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Andere gesehene und gehörte Dinge verschweige ich hier zunächst.

Im Hochachtung und mit freundlichen Grüßen,

Ihr Marcel Crépon

***

(2) Dt.: Großer Schmierling
(3) Fußnoten und Hyperlinks stammen von der Redaktion

Marcel Crépon vom Rheinfall (2)

Mein Begleiter kannte das Panorama auswendig und legte sich im Schatten der Station zum Schlafen nieder; was also tun, außer die 360°-Einladung anzunehmen? Herrlich war es! Wenn nicht gerade von Wolken retuschiert. Berge, überall Berge, ein Meer von Bergen… graue, blaue, grüne Gesteinswellen, aufgestapelte Sedimente, geschrumpfte Gletscher, in nördlicher nebeliger Ferne kreisten Zeppeline und ich sah: den Bodensee. Ahnte zu sehen, wäre richtiger. Denn soweit sehen meinen Augen längst nicht mehr. Immerhin stimmte die Richtung! Nun, ich besuche oft genug Ihre Seiten, um zu wissen, dass der Rhein in den Bodensee fließt, und aus dem See heraus. Was dazwischen mit ihm geschieht, wissen Sie besser als ich. Doch vielleicht auch nicht ganz genau? Ich entschied mich, der Sache auf den Grund zu gehen, obwohl ich weder des Schwimmens noch Tauchens mächtig bin. Ob das eine Rolle spielen würde? Velle parum est; cupias, ut re potiaris, oportet. (1) Mein Begleiter schlief, ich träumte weiter, und ging. Kam irgendwann auch an, bereit für den nächsten Anschluss. Auf den Gleisen fiel mir eine Frau auf. In der rechten Hand hielt sie einen Eimer, in der linken nichts. Beide, Eimer und Nichts, mussten sehr schwer gewogen haben, denn sie schien erschöpft, schleppte sich gebeugt und seufzend dem Wagen zu. Sie war wie die Uhr am Bahnhof: zeigerlos.

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Auf “Visionssuche” war sie in den Bergen gewesen, hatte nichts gefunden und sogar ihre Begleitung aus den Augen verloren. Mit unauffälliger, doch fester Dialektik lenkte ich die Unterhaltung auf etwas mir Vertrauteres: den Eimer, den sie auf ihrem Schoß festhielt, während der Zug um den Bodensee baumelte.
Von weit her hatte sie ihn herbeigetragen: von Emmerich. Schaffhausen war ihre nächste Etappe. Auf dem Berg war das visionäre Versprechen fehlgeschlagen, doch vermochte sie dort etwas wahrzunehmen wie: “Schaffhausen, Schaffhausen, schaff es nach Hause, Schaffhausen, wo alles sich offenbaren wird”. Ich verstand kein einziges Wort, außer Schaffhausen, also Rheinfall. Die Frau stotterte etwas über die nur vermutete Herkunft des Eimers auf dem niederrheinischen Stadtwappen, und wie sie in der Turbulenz der Fälle genaueres erfahren sollte. Ich erwiderte nichts, doch war natürlich sofort dabei, und schon marschierten wir den Fluß entlang. Die Hitze. Das brueghelgrüne Wasser. Die Frau. Sie psalmodierte vor sich hin, als ob sie die Wand der Wirklichkeit durchbrechen wollte, sich in Trance versetzen… Warum? Bald kamen wir auf die Höhe eines Holzbaus… “Was ist das?”, fragte sie. Ich: “Da drin werden die todessüchtigen Romantiker aufgesammelt, damit sie nicht am Wasserfall als aufgedunsene Leichen auftauchen und den Anblick zerstören…” Das bis jetzt recht langsam fließende Wasser schien auf einmal in Eile zu geraten, die Oberfläche bewegte sich auf und ab in kleinen sich multiplizierenden Wellen. Sterne funkelten. Darunter ondulierten Algen (wenn Ihnen der Film Die Nacht des Jägers in Erinnerung geblieben ist, können Sie das Bild vervollständigen – schon hallte die Stimme Robert Mitchums über uns hinweg: leaning… leaning…), vielleicht war es das Haar der erwähnten Romantiker? Oder Süßwasserjungfrauen? Meine Fragen ließ die Frau unbeantwortet, sie erhöhte das Tempo ihrer Mantras und Schritte unter nicht zu übersehendem Schweißverlust, den sie mit dem Leeren von Falkenbier-Dosen auszugleichen wusste. Abgesehen von tanzenden Wellen war nichts zu sehen, doch kündigten sich die baldigen Fälle an.

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Plötzlich schien das Wasser vor sich selbst zu fliehen, oder von unsichtbaren Kräften angezogen zu werden. Der Weg, den wir bis jetzt allein gegangen waren, wurde lebendiger, einzeln oder in Gruppen vermehrten sich die Spaziergänger in sich steigernder Polyphonie. Manche folgten hoch gehaltenenen Wimpeln, manchen bevölkerten die Bahnbrücke. Das Getöse wurde lauter, mit zunehmender Nervosität klatschte das Wasser gegen die Pfeiler, dann die Felsen und man bekam den Eindruck, es höre einfach auf. Wo es hätte weiterfließen müssen, war nichts außer einer breiten Öffnung, dann entdeckte man es wieder, seinen Lauf fortsetzend. Da waren wir also. Besucher selfierten, mit Stab, ohne, als hormonell gedopte junge Paare oder halb mumifizierte Greise und alles, was noch dazwischen lebte. (Fortsetzung folgt)

***

(1) Dt.: Wollen reicht nicht. Man muß begehren, damit eine Sache gelingt.

Marcel Crépon vom Rheinfall

Liebes rheinsein,

Eine Wand des Zimmers, das ich zum Sommerende bewohnte, schmückte ein Ölgemälde. Wenn das Motiv (ein Stillleben mit Weintrauben, Apfel, Birne, einem Krug) der klassischen Tradition entspricht, so ist die Darstellung ungewöhnlich, indem der Maler die Vergänglichkeit der Dinge durch einen Schnipser angedeutet hat. Unsichtbar die dafür verantwortliche Hand, umso effektiver das Umkippen der mit verblassten Weintrauben gefüllten Schale. Durchs Fenster ließ sich auf der gegenüberliegenden Wand die Welt erblicken. Felder mit hochgewachsenem Hopfen im Vordergrund, der Bodensee, und im Hintergrund je nach Wetterlage die Voralpen. Berge. Everest, Ventoux, Kilimandscharo, Säntis, Berge sind da, damit wir hinauf gehen können, um, ist der Gipfel erreicht, auf andere Berge Ausschau zu halten. Aber nicht nur, wie ich ihnen nun berichten werde.

Mit dem Namen Agaric werden Sie wenig anzufangen wissen. Nach Pferdeschweiß, rostiger Rüstung und klirrenden Waffen klingt er – tatsächlich handelt es sich um einen Pilz. “Sebastian Münster”, erzählte mir mein Begleiter als wir eine Pause im Schatten einer Lärche einlegten, “erwähnt ihn in seiner “Cosmographie”, zitierte eine, benutzte jedoch zwei Schilderungen Plinius des Älteren, und brachte ein bisschen alles durcheinander. Da wo der Ingelheimer versicherte, der Pilz sei ein ausgezeichnetes Mittel gegen Kopfschmerz, sagte der Römer, er würde Cephalgie verursachen. Eigentlich beschrieb der Gelehrte den Lärchenschwamm (Polyporus officinalis. Bei Plinius: Agaricus officinalis), doch verwendete er dafür eine Zeichnung von Agaricus arvensis.” Mein Begleiter skizzierte die Holzradierung nach. Schnell jedoch bekam ich den Eindruck, dass dieser Agaric mehr einem Atompilz glich als einem Aspirin, oder dem Blatt einer Kreissäge, und nicht nur Migräne, sondern eine Menge anderes verschwinden zu lassen in der Lage war. “Irrtum, im Gegensatz zum Agaric Amanita muscaria ist Agaricus arvensis ganz harmlos, lässt sich ohne Gefahr fürs Kochen verwenden.” Was mich jedoch interessierte waren weniger die medizinischen oder kulinarischen oder sonstigen Eigenschaften des Pilzes, als vielmehr der Beiname, welchen mein Begleiter irgendwann fallen ließ: Schneeball.

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Ich hatte mal von einen Ritter gehört, der statt der üblichen Menagerie, Pflanzen und abstrusen Symbolen, etwas ähnliches als Wappen führte. Stellen Sie sich nur vor wie dieser Ritter einer Lawine gleich in die Schlacht galoppierte und mit Geschrei seinen Feinden drohte: “Ihr verfluchten feigen Säue! Eure Glieder werde ich zerhacken, eure Gedärme aufsaugen, eure Hirne wie Schneebällchen schmelzen lassen!” Schließlich erreichten wir unser Ziel, die Wetterstation auf der Säntisspitze. Unser Ziel war natürlich nicht eigentlich sie, sie stand nun aber da und konnte als solche wahrgenommen werden – und wurde es in der Tat, betrachtete man das bunt bekleidete Volk, das ebenfalls den Gipfel erobert hatte. Manche kamen noch zu Fuß. Einige hielten beim Gehen einen Stab vor sich hoch. Pilger vielleicht, die sich eine besondere Form der Buße ausgedacht hatten? So war es nicht. Keine Jakobsmuschel hing am Ende des Stabs befestigt, sondern: eine Kamera. Andere bevorzugten die Schwebebahn, darunter zwei eifrige alte Damen. Immer wieder ein Stück Zeitung nachlesend, untersuchten sie akribisch den Boden.

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(Fortsetzung folgt)

Rheinfallwasser

rheinfallwasser_top“Trinkwasser vom Grundwasserpumpwerk beim Rheinfall”, gefördert und abgefüllt in der Schweiz für die proRHEINFALL AG, enthält diese Weißblechdose mit stilisierter Landschaft “im ansprechenden Retro-Design” “zum Sammeln und Aufstellen” – also trotz des Slogans “ein paar Schlückchen Rheinfall” mitnichten direkt den lärmenden Wasserstürzen entnommenes Naß. Für sportliche CHF 3.50 (zuzüglich Porto und Verpackung) läßt sich das Produkt im Netz bestellen.
rheinfallwasser_levUns erreichte ein Dosenexemplar auf den schwer ergründlichen Pfaden der Kunst. Das Lärmen des Rheinfalls war nicht in der Dose enthalten. Doch ähnelt das Rheinfalltosen frappant den Geräuschen auf der Rheinbrücke Leverkusen als Teilstück der A1 (im Bildhintergrund). Während einer Exkursion tranken wir den Inhalt der Dose komplett und fingen im geleerten Gefäß (im Bildvordergrund) die Geräuschkulisse ein, um dieselbe, als kleine verstörende Intervention, bei nächster Gelegenheit am Rheinfall zu entlassen.

Kesselzerknall

untergang der rheinfall bei berlingen

Der Untergang der “Rheinfall” auf einem Gemälde von Adolf Dietrich aus dem Jahr 1935. Eine Dampfkesselexplosion vor dem Landungssteg im thurgauischen Berlingen verursachte 1869 eine der größten Katastrofen der Rheinschifffahrt, die sieben Menschen und mehreren Stück Vieh den Tod brachte.

Jacques Boucher de Perthes am Rheinfall

À peine débarqué à Schaffouse que je me réserve de voir au retour, je prends l’omnibus qui conduit à la chûte du Rhin. La route est très-accidentée et, en raison de la montée, demande une demi-heure. On a une très-belle vue à gauche, et je reconnais la place où je me suis promené avec mes frères en 1815. Depuis quarante-quatre ans, rien n’y est changé ; mais il n’en est pas de même à la chûte : on y a bâti, il y a environ vingt ans, un bel hôtel dont le nom, Schweizerhof, est difficile à prononcer pour un Français. Heureusement que celui du maître, F. Wegenstein, l’est un peu moins. De la maison, placée sur la cime de la montée, on domine le fleuve et le paysage.

En entrant dans le salon, je fus frappé de la magnificence du spectacle : c’est de ce point et de la terrasse qui est devant que la chûte apparaît dans toute sa splendeur. En face est le château de Laufen, nommé aujourd’hui la maison Bleuler, nom du peintre qui l’a acheté et réparé, et qui a obtenu du gouvernement l’autorisation de percevoir un franc sur chaque visiteur étranger, et soixante centimes sur le visiteur suisse. Le nombre de ces voyageurs s’élève annuellement de trente à quarante mille. Le peintre est mort. Sa veuve, devenue propriétaire, est Française et n’a qu’une fille. La dame, à sa perception, a ajouté un magasin de gravures représentant les vues et curiosités du pays, et des ouvrages qui les décrivent.

De la chambre où je suis logé, la vue est presqu’aussi belle que du salon ; mais je me demande si, dans cette chambre, on peut dormir, car, à ses beautés, la chûte joint un vacarme épouvantable ?

Le jardin de l’hôtel, qui s’étend jusqu’au bord du Rhin, n’est pas à cent pas de la cascade ; cependant je veux profiter de ce qui reste de jour pour la voir de plus près encore, et malgré une pluie battante, je descends la côte pour gagner la rive. De là, un bateau me conduit dans le remous du tourbillon où nous nous laissons balancer, recevant à la fois la pluie et les éclaboussures de la chûte.

Guidé par un domestique, j’escalade la rampe qui conduit à la maison Bleuler. Une entrée assez mesquine mène à une petite porte sur laquelle est inscrit le nom de la propriétaire. J’y suis reçu par un homme aux cheveux et aux yeux noirs, de taille moyenne, d’environ trente ans, bien mis et bien fait, mais à la mine des plus rébarbatives, ce qui ne l’empêche pas d’être fort poli : c’est, me dit mon conducteur, l’associé et, croit-on, le gendre futur de la maîtresse du logis.

Arrivé sur la terrasse, je m’y trouve en compagnie d’un cavalier, voyageur comme moi, et d’une femme fort élégante qui paraît être la sienne. De là, l’œil plonge sur la chûte, mais trop rapproché, on en perd les alentours. De ce point, elle me semble moins belle que de l’hôtel et du bateau. Une éclaircie nous apporte les rayons du soleil couchant, et vient égayer la scène un peu sévère.

D’un autre balcon, la vue est plus étendue, et gagne ainsi beaucoup.

Pour arriver au troisième balcon, on traverse un magasin où Mme Bleuler elle-même vous fait offre de ses dessins et de ses livres. Son air est plus riant que celui de son associé.

Nous pénétrons alors dans un pavillon où des verres de couleurs nous montrent la cascade sous divers aspects : nuit, jour, aurore, hiver, etc. Le soleil, qui se révèle encore, aide beaucoup à ces effets bien connus, mais qui plaisent toujours.

Nous descendons ensuite, en traversant le jardin, à un quatrième balcon au moyen duquel la cascade est vue en dessous ; enfin à un cinquième, plus bas encore, où l’on est en quelque sorte sous la cascade même. Le bruit est intolérable, et l’on reçoit pas mal d’eau. Là, on est tout près des trois roches à pic qui partagent le fleuve, et dont l’une semble prête à tomber, ce qui ne peut manquer d’arriver tôt ou tard. La veille, le domestique qui m’accompagne a passé, en se servant d’une échelle, d’une roche à l’autre, aidé par ce même batelier qui venait de me conduire. C’était la première fois qu’on tentait ce passage, opération fort inutile et imprudente. Le grand danger était de placer l’échelle par le poids de laquelle on pouvait être entraîné.

L’éclaircie n’ayant pas duré, nous repassons le Rhin par une pluie battante. Je rentre à l’hôtel passablement mouillé, mais moins que la jeune femme que j’avais rencontrée avec son mari, et dont le parapluie ne pouvait couvrir la crinoline.

Je n’avais, de toute la journée, pris qu’un petit pain ; il était six heures et demi, et je mourais de faim. On m’annonce que la table d’hôte est servie. Bonne nouvelle ! Je m’y rends. Il y a peu de monde. Je me trouve en face d’une Anglaise grande et belle, pompeusement vêtue, buvant du vin du Rhin à l’aide d’une pipette et abondamment.

Un peu plus loin, deux Anglais à figures distinguées se disputaient en français avec un garçon d’hôtel pour ne payer que vingt francs une voiture qui devait, cette nuit même, les conduire à quelques lieues de là, course dont on voulait vingt-cinq francs. Nos gentlemens, avec cette ténacité anglaise qui leur fait tenir à honneur de ne pas revenir sur un mot dit, ne voulurent jamais céder ; ils se remirent à table, et préférèrent rester à l’hôtel en dépensant probablement vingt francs ou plus pour cette prolongation de séjour, et ceci pour ne pas en payer cinq.

Bientôt entre une jeune femme assez petite et coiffée d’un chapeau rond à plume noire. Elle-même était vêtue de noir. Tout était bizarre dans sa toilette d’ailleurs très-fraîche et qui, quoique simple, annonçait la richesse. Mais l’étrangeté de ce costume n’était rien à côté de celle de sa figure : sans être belle, je n’en ai jamais vu de plus mobile et en même temps de plus expressive. Elle avait quelque chose de fascinateur qui attirait et qui effrayait. Ses sourcils noirs et épais, se joignant au-dessus d’yeux plus noirs encore, lui donnaient l’air, quand elle les fronçait, d’une conspiratrice ou d’une magicienne.

Un moment après, entra un jeune homme. Dès que je l’aperçus, je me dis qu’il ne pouvait être que l’amant, le frère ou l’époux de cette femme. Tout était en harmonie dans leurs costumes et leurs figures. Ils se mirent à table en parlant une langue qui m’était inconnue et que j’étais disposé à prendre pour un argot, car elle ne ressemblait à rien. En ce moment paraît un nouveau personnage de très-bonne mine. Celui-ci était un Français, on ne pouvait s’y tromper. Il connaissait la dame et son compagnon, car il les salua en français et lui répondirent de même, mais avec un accent étranger très-prononcé.

Bientôt une discussion s’élève entre ce nouveau venu et les Anglais sur le prince russe Demidoff. Le Français prétendait qu’il était fils d’un esclave ; les Anglais soutenaient le contraire, et le mari de la dame au chapeau était de leur avis. Comme, dans ma jeunesse, j’avais eu occasion de voir le père du prince actuel et que je connaissais aussi le fils dont M. de **, mon parent, avait épousé une sœur, je pris la parole. Les Anglais riaient sous cape en me voyant si bien renseigné, et ce fut un triomphe pour eux, surtout lorsqu’un autre Français, qu’à sa tournure je reconnus pour un militaire, se joignit à moi pour soutenir l’ancienne origine des Demidoff. Cet officier avait connu M. de ** et M. R**, dont il faisait un grand éloge. Il me donna sa carte, je lui présentai la mienne, et la connaissance fut ainsi faite : c’était le colonel de Prebois.

Le dîner était excellent, la conversation des plus animées. La dame noire et son mari étaient grecs de Constantinople. Ils voyageaient en touristes ; ils avaient vu la meilleure société de Paris et de l’Italie qu’ils connaissaient parfaitement. Nous causâmes jusqu’à dix heures et demie, et chacun fut se coucher.

Je passai une mauvaise nuit. Le bruit assourdissant de cette chûte qui tombe sous mes fenêtres, la pluie qui les bat de son côté, le vent qui s’en mêle, forment une cacophonie terrible qui me dit que le sommeil, s’il est possible ici, est au moins assez difficile. Cependant la fatigue l’emporte : par instant, je m’endors, mais ce n’est pas pour longtemps. Bientôt je me réveille en sursaut, croyant que la maison s’écroule et qu’une poutre me tombe sur la tête. Je m’apprêtais à gagner la campagne, quand je me rappelle que je suis dans un lit, à cent pas d’une cascade, et que la poutre n’est autre qu’un édredon trop chaud pour la saison et qui, en m’étouffant, m’a donné le cauchemar.

(Jacques Boucher de Perthes, Voyage à Aix-Savoie, Turin, Milan, retour par la Suisse, en 1859, Jung-Treuttel 1867)

Victor Hugo am Rheinfall in seinem Gehirn

Mon ami, que vous dire ? Je viens de voir cette chose inouïe. Je n’en suis qu’à quelques pas. J’en entends le bruit. Je vous écris sans savoir ce qui tombe de ma pensée. Les idées et les images s’y entassent pêle-mêle, s’y précipitent, s’y heurtent, s’y brisent, et s’en vont en fumée, en écume, en rumeur, en nuée. J’ai en moi comme un bouillonnement immense. Il me semble que j’ai la chute du Rhin dans le cerveau.

J’écris au hasard, comme cela vient. Vous comprendrez si vous pouvez.

On arrive à Laufen. C’est un château du treizième siècle, d’une fort belle masse et d’un fort beau style. Il y a à la porte deux guivres dorées, la gueule ouverte. Elles aboient. On dirait que ce sont elles qui font le bruit mystérieux qu’on entend.

On entre.

On est dans la cour du château. Ce n’est plus un château, c’est une ferme. Poules, oies, dindons, fumier ; charrette dans un coin ; une cuve à chaux. Une porte s’ouvre. La cascade apparaît.

Spectacle merveilleux !
Effroyable tumulte ! Voilà le premier effet. Puis on regarde. La cataracte découpe des golfes qu’emplissent de larges squames blanches. Comme dans les incendies, il y a de petits endroits paisibles au milieu de cette chose pleine d’épouvante ; des bosquets mêlés à l’écume ; de charmants ruisseaux dans les mousses ; des fontaines pour les bergers arcadiens de Poussin, ombragées de petits rameaux doucement agités. ― Et puis ces détails s’évanouissent, et l’impression de l’ensemble vous revient. Tempête éternelle. Neige vivante et furieuse.

Le flot est d’une transparence étrange. Des rochers noirs dessinent des visages sinistres sous l’eau. Ils paraissent toucher la surface et sont à dix pieds de profondeur. Au-dessous des deux principaux vomitoires de la chute, deux grandes gerbes d’écume s’épanouissent sur le fleuve et s’y dispersent en nuages verts. De l’autre côté du Rhin, j’apercevais un groupe de maisonnettes tranquilles, où les ménagères allaient et venaient.

Pendant que j’observais, mon guide me parlait. ― Le lac de Constance a gelé dans l’hiver de 1829 à 1830. Il n’avait pas gelé depuis cent quatre ans. On y passait en voiture. De pauvres gens sont morts de froid à Schaffhouse. ―

Je suis descendu un peu plus bas, vers le gouffre. Le ciel était gris et voilé. La cascade fait un rugissement de tigre. Bruit effrayant, rapidité terrible. Poussière d’eau, tout à la fois fumée et pluie. À travers cette brume on voit la cataracte dans tout son développement. Cinq gros rochers la coupent en cinq nappes d’aspects divers et de grandeurs différentes. On croit voir les cinq piles rongées d’un pont de titans. L’hiver, les glaces font des arches bleues sur ces culées noires.

Le plus rapproché de ces rochers est d’une forme étrange ; il semble voir sortir de l’eau pleine de rage la tête hideuse et impassible d’une idole hindoue, à trompe d’éléphant. Des arbres et des broussailles qui s’entremêlent à son sommet lui font des cheveux hérissés et horribles.

A l’endroit le plus épouvantable de la chute, un grand rocher disparaît et reparaît sous l’écume comme le crâne d’un géant englouti, battu depuis six mille ans de cette douche effroyable.

Le guide continue son monologue. ― La chute du Rhin est à une lieue de Schaffhouse. La masse du fleuve tout entière tombe là d’une hauteur de « septante pieds ». ―

L’âpre sentier qui descend du château de Laufen à l’abîme traverse un jardin. Au moment où je passais, assourdi par la formidable cataracte, un enfant, habitué à faire ménage avec cette merveille du monde, jouait parmi des fleurs et mettait en chantant ses petits doigts dans des gueules-de-loup roses.

Ce sentier a des stations variées, où l’on paie un peu de temps en temps. La pauvre cataracte ne saurait travailler pour rien. Voyez la peine qu’elle se donne. Il faut bien qu’avec toute cette écume qu’elle jette aux arbres, aux rochers, aux fleuves, aux nuages, elle jette aussi un peu quelques gros sous dans la poche de quelqu’un. C’est bien le moins.

Je suis parvenu par ce sentier jusqu’à une façon de balcon branlant pratiqué tout au fond, sur le gouffre et dans le gouffre.

Là, tout vous remue à la fois. On est ébloui, étourdi, bouleversé, terrifié, charmé. On s’appuie à une barrière de bois qui tremble. Des arbres jaunis, ― c’est l’automne, ― des sorbiers rouges entourent un petit pavillon dans le style du café turc, d’où l’on observe l’horreur de la chose. Les femmes se couvrent d’un collet de toile cirée (un franc par personne). On est enveloppé d’une effroyable averse tonnante.

De jolis petits colimaçons jaunes se promènent voluptueusement sous cette rosée sur le bord du balcon. Le rocher qui surplombe au-dessus du balcon pleure goutte à goutte dans la cascade. Sur la roche qui est au milieu de la cataracte, se dresse un chevalier troubadour en bois peint appuyé sur un bouclier rouge à croix blanche. Un homme a dû risquer sa vie pour aller planter ce décor de l’Ambigu au milieu de la grande et éternelle poésie de Jéhovah.

Les deux géants qui redressent la tête, je veux dire les deux plus grands rochers, semblent se parler. Ce tonnerre est leur voix. Au-dessus d’une épouvantable croupe d’écume, on aperçoit une maisonnette paisible avec son petit verger. On dirait que cette affreuse hydre est condamnée à porter éternellement sur son dos cette douce et heureuse cabane.

Je suis allé jusqu’à l’extrémité du balcon ; je me suis adossé au rocher.

L’aspect devient encore plus terrible. C’est un écroulement effrayant. Le gouffre hideux et splendide jette avec rage une pluie de perles au visage de ceux qui osent le regarder de si près. C’est admirable. Les quatre grands gonflements de la cataracte tombent, remontent et redescendent sans cesse. On croit voir tourner devant soi les quatre roues fulgurantes du char de la tempête.

Le pont de bois était inondé. Les planches glissaient. Des feuilles mortes frissonnaient sous mes pieds. Dans une anfractuosité du roc, j’ai remarqué une petite touffe d’herbe desséchée. Desséchée sous la cataracte de Schaffhouse ! Dans ce déluge, une goutte d’eau lui a manqué. Il y a des cœurs qui ressemblent à cette touffe d’herbe. Au milieu du tourbillon des prospérités humaines, ils se dessèchent. Hélas ! C’est qu’il leur a manqué cette goutte d’eau qui ne sort pas de la terre, mais qui tombe du ciel, l’amour !

Dans le pavillon turc, lequel a des vitraux de couleur, et quels vitraux ! Il y a un livre où les visiteurs sont priés d’inscrire leurs noms. Je l’ai feuilleté. J’y ai remarqué cette signature : Henri, avec ce paraphe : (hier im Original die Abbildung eines einfachen verschnörkelten handgezeichneten, vielleicht lateinischen, vielleicht auch griechischen Buchstabens; Anm. rheinsein) Est-ce un V ?

Combien de temps suis-je resté là, abîmé dans ce grand spectacle ? Je ne saurais vous le dire. Pendant cette contemplation, les heures passeraient dans l’esprit comme les ondes dans le gouffre, sans laisser trace ni souvenir.

Cependant on est venu m’avertir que le jour baissait. Je suis remonté au château, et de là je suis descendu sur la grève d’où l’on passe le Rhin pour gagner la rive droite. Cette grève est au bas de la chute, et l’on traverse le fleuve à quelques brasses de la cataracte. On s’aventure pour ce trajet dans un petit batelet charmant, léger, exquis, ajusté comme une pirogue de sauvage, construit d’un bois souple comme de la peau de requin, solide, élastique, fibreux, touchant les rochers à chaque instant et s’y écorchant à peine, manœuvré comme tous les canots du Rhin et de la Meuse, avec un crochet et un aviron en forme de pelle. Rien n’est plus étrange que de sentir dans cette coquille les profondes et orageuses secousses de l’eau.

Pendant que la barque s’éloignait du bord, je regardais au-dessus de ma tête les créneaux couverts de tuiles et les pignons taillés du château qui dominent le précipice. Des filets de pêcheurs séchaient sur les cailloux au bord du fleuve. On pêche donc dans ce tourbillon ? Oui, sans doute. Comme les poissons ne peuvent franchir la cataracte, on prend là beaucoup de saumons. D’ailleurs dans quel tourbillon l’homme ne pêche-t-il pas ?

Maintenant je voudrais résumer toutes ces sensations si vives et presque poignantes. Première impression : on ne sait que dire, on est écrasé comme par tous les grands poèmes. Puis l’ensemble se débrouille. Les beautés se dégagent de la nuée. Somme toute, c’est grand, sombre, terrible, hideux, magnifique, inexprimable.

De l’autre côté du Rhin, cela fait tourner des moulins.

Sur une rive, le château ; sur l’autre, le village, qui s’appelle Neuhausen.

Tout en nous laissant aller au balancement de la barque, j’admirais la superbe couleur de cette eau. On croit nager dans de la serpentine liquide.

Chose remarquable, chacun des deux grands fleuves des Alpes, en quittant les montagnes, a la couleur de la mer où il va. Le Rhône, en débouchant du lac de Genève, est bleu comme la Méditerranée ; le Rhin, en sortant du lac de Constance, est vert comme l’océan.

Malheureusement le ciel était couvert. Je ne puis donc pas dire que j’aie vu la chute de Laufen dans toute sa splendeur. Rien n’est riche et merveilleux comme cette pluie de perles dont je vous ai déjà parlé, et que la cataracte répand au loin ; cela doit être pourtant plus admirable encore lorsque le soleil change ces perles en diamants et que l’arc-en-ciel plonge dans l’écume éblouissante son cou d’émeraude, comme un oiseau divin qui vient boire à l’abîme.

De l’autre bord du Rhin, d’où je vous écris en ce moment, la cataracte apparaît dans son entier, divisée en cinq parties bien distinctes qui ont chacune leur physionomie à part et forment une espèce de crescendo. La première, c’est un dégorgement de moulins ; la seconde, presque symétriquement composée par le travail du flot et du temps, c’est une fontaine de Versailles ; la troisième, c’est une cascade ; la quatrième est une avalanche ; la cinquième est le chaos.

Un dernier mot, et je ferme cette lettre. À quelques pas de la chute, on exploite la roche calcaire, qui est fort belle. Du milieu d’une des carrières qui sont là, un galérien, rayé de gris et de noir, la pioche à la main, la double chaîne au pied, regardait la cataracte. Le hasard semble se complaire parfois à confronter dans des antithèses, tantôt mélancoliques, tantôt effrayantes, l’œuvre de la nature et l’œuvre de la société.

(aus Victor Hugo: Le Rhin, Lettres à un ami, 1842)

Victor Hugo befindet sich seit ein paar Stunden in Schaffhausen und bestellt ein seltsames Abendessen

Je suis à Schaffhouse depuis quelques heures. écrivez Schaffhausen, et prononcez tout ce qu’il vous plaira. Figurez-vous un Anxur suisse, un Terracine allemand, une ville du quinzième siècle, dont les maisons tiennent le milieu entre les chalets d’Unterseen et les logis sculptés du vieux Rouen, perchée dans la montagne, coupée par le Rhin, qui se tord dans son lit de roches avec une grande clameur, dominée par des tours en ruine, pleine de rues à pic et en zigzag, livrée au vacarme assourdissant des nymphes ou des eaux, ― nymphis, lymphis, transcrivez Horace comme vous voudrez, ― et au tapage des laveuses. Après avoir passé la porte de la ville qui est une forteresse du treizième siècle, je me suis retourné, et j’ai vu au-dessus dessus de l’ogive cette inscription : SALVS EXEVNTIBVS. J’en ai conclu qu’il y avait probablement de l’autre côté : PAX INTRANTIBVS. J’aime cette façon hospitalière.

Je vous ai dit d’écrire Schaffhausen et de prononcer comme il vous plairait. Vous pouvez écrire aussi tout ce qu’il vous plaira. Rien n’est comparable, pour l’entêtement et la diversité d’avis, au troupeau des antiquaires, si ce n’est le troupeau des grammairiens. Platine écrit Schaphuse, Strumphius écrit Schapfuse, Georges Bruin écrit Shaphusia, et Miconnis écrit Probatopolis. Tirez-vous de là. Après le nom vient l’étymologie. Autre affaire. Schaffhausen signifie la ville du mouton, dit Glarean. ― Point du tout ! s’exclame Strumphius, Schaffhausen veut dire port des bateaux, de schafa, barque, et de hause, maison. ― Ville du mouton ! répond Glarean ; les armes de la ville sont d’or au bélier de sable. ― Port des bateaux ! repart Strumphius ; c’est là que les bateaux s’arrêtent, dans l’impossibilité d’aller plus loin. ― Ma foi ! que l’étymologie devienne ce qu’elle pourra. Je laisse Strumphius et Glarean se prendre aux coiffes.

Il faudrait batailler aussi à propos du vieux château Munoth, qui est près de Schaffhouse, sur l’Emmersberg, et qui a pour étymologie Munitio, disent les antiquaires, à cause d’une citadelle romaine qui était là. Aujourd’hui, il n’y a plus que quelques ruines, une grande tour et une immense voûte casematée qui peut couvrir plusieurs centaines d’hommes.

Il y a deux siècles, Schaffhouse était plus pittoresque encore. L’hôtel de ville, le couvent de la toussaint, l’église Saint-Jean, étaient dans toute leur beauté ; l’enceinte de tours était intacte et complète. Il y en avait treize, sans compter le château et sans compter les deux hautes tours sur lesquelles s’appuyait cet étrange et magnifique pont suspendu sur le Rhin que notre Oudinot fit sauter, le 13 avril 1799, avec cette ignorance et cette insouciance des chefs-d’œuvre qui n’est pardonnable qu’aux héros. Enfin, hors de la cité, au delà de la porte-donjon qui va vers la Forêt-Noire, dans la montagne, sur une éminence, à côté d’une chapelle, on distinguait au loin, dans la brume de l’horizon, un hideux petit édifice de charpente et de pierre, ― le gibet. Au moyen âge, et même il n’y a pas plus de cent ans, dans toute commune souveraine, une potence convenablement garnie était une chose élégante et magistrale. La cité ornée de son gibet, le gibet orné de son pendu, cela signifiait Ville Libre.

J’avais grand’faim, il était tard ; j’ai commencé par dîner. On m’a apporté un dîner français, servi par un garçon français, avec une carte en français. Quelques originalités, sans doute involontaires, se mêlaient, non sans grâce, à l’orthographe de cette carte. Comme mes yeux erraient parmi ces riches fantaisies du rédacteur local, cherchant à compléter mon dîner, au-dessous de ces trois lignes :

haumelette au chantpinnions,
biffeteque au craison,
hépole d’agnot au laidgume,

je suis tombé sur ceci : calaïsche à la choute, ― 10 francs.

Pardieu ! Me suis-je dit, voilà un mets du pays : calaïsche à la choute. Il faut que j’en goûte. Dix francs ! Cela doit être quelque raffinement propre à la cuisine de Schaffhouse. J’appelle le garçon.

— Monsieur, une calaïsche à la choute.

Ici le dialogue s’engage en français. Je vous ai dit que le garçon parlait français.

— Vort pien, monsir. Temain matin.
— Non, dis-je, tout de suite.
— Mais, monsir, il est pien tard.
— Qu’est-ce que cela fait ?
— Mais il sera nuit tans eine hère.
— Eh bien ?
— Mais monsir ne bourra bas foir.
— Voir ! voir quoi ? Je ne demande pas à voir.
— Che gombrends bas monsir.
— Ah çà ! C’est donc bien beau à regarder, votre calaïsche à la choute ?
— Vort peau, monsir, atmiraple, manifigue !
— Eh bien, vous m’allumerez quatre chandelles tout autour.
— Quadre jantelles ! Monsir choue. (Lisez : Monsieur joue.) Che ne gombrends bas.
— Pardieu ! Ai-je repris avec quelque impatience, je me comprends bien, moi ; j’ai faim, je veux manger.
— Mancher gouoi ?
— Manger votre calaïsche.
— Notre calaïsche ?
— Votre choute.
— Notre choute ! mancher notre choute ! Monsir choue. Mancher la choute ti Rhin !

Ici je suis parti d’un éclat de rire. Le pauvre diable de garçon ne comprenait plus, et moi, je venais de comprendre. J’avais été le jouet d’une hallucination produite sur mon cerveau par l’orthographe éblouissante de l’aubergiste. calaïsche à la choute signifiait calèche à la chute. En d’autres termes, après vous avoir offert à dîner, la carte vous offrait complaisamment une calèche pour aller voir la chute du Rhin à Laufen, moyennant dix francs.

Me voyant rire, le garçon m’a pris pour un fou, et s’en est allé en grommelant : ― Mancher la choute ! églairer la choute ti Rhin afec guadre jantelles ! Ce monsir choue.

J’ai retenu pour demain matin une calaïsche à la choute.

(aus Victor Hugo: Le Rhin. Lettres à un ami, 1842)

Monsieur Crépon auf den Spuren von Victor Hugo (3)

Stets nach der Kaulquappe schielend, welche sorglos durchs Wasser zu fliegen schien, merkte der Mann nicht wie ich ab und an diskret meine Augen schloss. Und so hörte ich im Halbschlaf wie er das Geheimnis des hugoschen Rheins entschlüsselt hatte. “… kurz nach der Reise.” – “Die Reise? Welche Reise?” Er und Henriette (seine Frau) waren die Strecke der Schriftsteller nachgefahren. Sie am Steuer, er hinten im Wohnwagen. Sie erinnern sich wie es um die Augen der Gemahlin bestellt war und werden mir zustimmen, wenn ich behaupte, daß diese Reise das reinste Kamikaze-Unternehmen gewesen sein muß. Doch hatten sie es überlebt. Während sie mit dem Verkehr kämpfte, saß er bei heruntergelassenen Gardinen im Wohnbereich. So konnte er sich ungestört über Kopfhörer Hugos Prosa als mp3-Aufnahme ins Gehör träufeln lassen, sich vom Text (von Henriette gelesen) mitreißen lassen, sich in hugoeske Emphase steigern, sehen was der berühmte Reisende damals sah, schilderte, beschrieb, träumte, witzelte. Was hätte er auch sonst anfangen können? Fotografieren? War denn noch etwas zu fotografieren übrig? Vorbei die Zeiten, in denen August Sander leere Rheinlandschaften festhalten konnte (8). Wie wahr die Bemerkung: “Fest steht, daß, als sie den Rhein schuf, die Natur eine Wüste geplant hatte; daraus machte der Mensch eine Straße.” (9) Wer nicht auf einem Kreuzfahrtschiff tanzte, tüftelte auf einem Tanker, joggte den Fluß entlang, raste zwei- oder vierrädrig über die Straße, leckte auf Wasserskiern an der Gefahr, prahlte mit Bikini und Motorboot, kämpfte sich im Kanu voran… Er aber wollte anderes, erhabeneres. Nur von der Stimme seiner Frau inspiriert hatte er das Buch gefühlt; diese Stimme und die geistige Energie Hugos waren die Kräfte gewesen, die seine Hände übers Papier geführt hatten. Um diese etwas diffuse Darstellung in die reale Welt zurück zu verfrachten, fragte ich, ob während der Fahrt nicht vielleicht etwas besonderes geschehen wäre. Beide blickten mich verständnislos an. “Nichts war geschehen.” Dann die Frau: “Außer vielleicht dieser Mann in Reichenstein?” Abends hatten sie auf dem Campingplatz gesessen und Mr. Prason darüber gegrübelt, ob die drei Mädchen aus Brief XX die Rheintöchter (10) symbolisieren könnten. Trotz widriger linguistischer Umstände hatten sie den Besitzer des Campings darüber befragt. Der hatte von Richard Wagner nichts weiter gehört, doch wußte er einen Mann, der Rheintöchter bastelte. Es wäre für ihn kein Umstand, sie zu ihm zu führen. Auf einem Regal standen sie in Reih und Glied gestellt: Flugabwehrraketenmodelle…, aus Kunststoff, Holz, Metall, aus Pappkarton sogar. Alle schön bunt bemalt, nicht wirklich vorschriftsmäßig, eher psychedelisch, sodaß sie wie Totems aussahen. “Rheinboote habe ich auch!” kündete der Mann fröhlich-höhnisch, mit eindrucksvollen Gebärden und Mundgeräuschen, die wohl auf die Testabschüsse und deren bescheidene, wenn nicht lächerliche Ergebnisse hinweisen sollten. (11) Mein vorsichtiger Versuch, die drei Mädchen vielleicht als eine Reminiszenz an Macbeths weird sisters zu interpretieren, wurde kommentarlos ignoriert und man gelangte zum Hauptgericht, welches zuvor dem Antiquar in großer Aufregung, wie Sie wissen, offenbart worden war. Von Konkordanzen war die Rede, von Schmetterlingen, Skarabäen, Spinnen, verschlüsselten Buchstaben, Analogien, verschleierten Inhalten, Visionen, Zahlenkombinationen; verborgene Botschaften lauerten zwischen den Zeilen, die ungeduldig darauf warteten ans Licht zu sprühen. Kurz: Mr. Prason hatte ein Gestell zusammengeschraubt und das passende Gebäude dazu kam schnell zum Vorschein. Als Eckstein diente das Zitat “Quo versu dicere non est / Signis perfacile est” (12), aus dem erwähnten Brief XX. Zeichen gab es schließlich zur Genüge, man mußte sie nur aufspüren und adäquat befragen. Der mit ägyptischen Hieroglyphen verglichene geflügelte Drache (13); die Suche des Autors im Wallraf-Richartz-Museum nach einer “ägyptischen Mumie”; die Erwähnung der Isis; das humoreske Auftauchen von Ptah, Osiris, Memnon, Merenptah, Ramses II. und die Beschreibung – mit Skizzen – des Grabes Ramses V.; weiterhin das Antlitz des Sarkophags im Mainzer Dom, das einen mumienartigen Blick aufwies, usw., usw. Meinen Zustand nach diesem karussellartigen Diskurs als Schwindelanfall zu bezeichnen wäre weit untertrieben, ich taumelte buchstäblich zwischen Faszination und Übelkeit, schaute auf Mr. Prason, der von seinen Entdeckungen und deren Deutungen ins Schwitzen geraten war. Ich fragte ihn, ob Le Rhin nicht als politisches Buch konzipiert und angekündigt worden war. “Die Politik Hugos habe ich in zwei Pinselstrichen erfaßt: preußisches und Pariser Blau mischen sich im Rhein, das ist alles. Le Rhin, Monsieur, hat genauso viel mit Politik zu tun wie ich mit der Vermessung von Böschungswinkeln. Hugo ist ein Bote, ein Visionär gewesen, kein Politiker.” – “Und sein Engagement gegen die Todesstrafe?” – “Wo kein Kopf ist, kann das so wichtige Mundöffnungsritual nicht vollgezogen werden, darum geht es.” Mr. Prason witterte meine Skepsis; den Gnadenschuß erhielt ich, bevor ich seiner Behauptung zustimmen oder sie widerlegen konnte. Aufgestanden war er, und setzte seinen Monolog weiter fort: “Und die Schmetterlinge auf dem Friedhof?! (14) Wenn die moderne Forschung weiterhin über die Symbolik der auf Särge gemalten Lepidopteren rätselt, so wußte Kant eines: “Das Sinnbild der alten Ägypter für die Seele war ein Papillon, und die griechische Benennung bedeutete eben dasselbe. Man sieht leicht, daß die Hoffnung, welche aus dem Tod nur eine Verwandlung macht, eine solche Idee samt ihren Zeichen veranlaßt habe.” (15) Bei Hugo sind Elsaß bzw. Schwarzwald Flügelhauben eines “großen schwarzen Schmetterlings” (16), eindeutige Vorboten.” Über den Inhalt der Botschaft erkundigte ich mich lieber nicht, bekam aber dennoch eine Antwort: “Sie gibt uns erneut Bescheid über die visionäre Gabe Hugos. Und so geht es das gesamte Buch über, die ganze Zeit, vom Gestern zum Morgen.” – “Hugo reiste aber flußaufwärts, also eigentlich umgekehrt.” – “Was wissen Sie schon?” Wenig, fürchtete ich, und ließ Mr. Prason sein “großes Finale” weiter erzählen. Er beschrieb die Ekstase Hugos am Rheinfall, wie das gewaltige Getöse sein Hirn zu füllen schien, wie er aus der Zeit trat, wie die Stunden durch seinen Geist, dem Wasser im Abgrund gleich, ohne Spuren oder Erinnerungen hinterlassend vorüberzogen. Da war der Dichter, meinte Mr. Prason, ins Licht hineingetreten und hatte alles verstanden, einfach alles. Denn wie sagte Paracelsus: “La vraie philosophie est aussi facile à distinguer que le bruit du Rhin ou que celui des tempêtes. Car enfin ce que les yeux voient, ce que nos mains touchent, notre tête le perçoit et le comprend.” (17) Er aber, Mr. Prason, hatte weitergeforscht und auf einer Abbildung des Rhein-Manuskripts den endgültigen, alles erklärenden Schlüssel des Ganzen entdeckt. Eine Passage des Briefs XVII war von einer Zeichnung begleitet. Zwei lange, flexible, sich kreuzende Stangen erinnerten an eine riesige Spinne, deren Beine in den Rhein tauchten. Die im Buch gedruckte Zeichnung unterscheidet sich vom Original. Wo in ersterem ein Baum zu erkennen ist, zeigte sich auf dem Manuskript eine in weißer Farbe aufgetragene Korrektur. Mr. Prason zog einen Briefumschlag aus seinem Buch, und zeigte mir beide Illustrationen.

hugo_08 spinnenLe Rhin, manuscript – BnF [NAF 13387] – Le Rhin (Paris, 1906)

(Fortsetzung folgt)

***

(8) s. August Sander, Rheinlandschaften 1929-1946 (München, 1975).
(9) “Il est évident qu’en faisant le Rhin la nature avait prémédité un désert ; l’homme en a fait une rue.” V. Hugo, Le Rhin, lettre XXV (Paris, 1842).
(10) Die Rheingold-Premiere fand erst 1869 statt!
(11) s. W. Dornberger, Peenemünde (Esslingen/München, 1984).
(12) Horaz, Satiren.
(13) ibid. Lettres VII, XII, XIV, XX, XXIII.
(14) ibid. Lettre XVIII.
(15) Vorkritische Schriften, B. I.: Träume eines Geistersehers, erläutert duch Träume der Metaphysik.
(16) ibid. Lettre XXXI.
(17) in: J.-A. Bordes-Pagès, Paracelse : vie, travaux et doctrines (Foix, 1878).

10 Mal täglich per Eisenbahn zum Rheinfall für 10 Cent

Hôtel Witzig. – Proprietär H. A. Witzig-Rietmann. – Eisenbahnstation Dachsen am Rheinfall. Die eigentliche Rheinfallstation 15 Minuten bis zum Fall (Fischetz) für Eisenbahnfahrer die bequemste Art, an den Rheinfall zu gelangen. Gute, billige und freundliche Bedienung, Aussicht auf die Gebirge, vom Säntis an bis zur Jungfrau.

Hôtel et Pension Schweizerhof, am Rheinfall, ehemals Hôtel Weber. – Besitzer F. Wegenstein. In nächster Nähe der Eisenbahnstation Neuhausen (neu eröffnete Eisenbahn von Basel nach Schaffhausen und Constanz), in prachtvoller und unstreitig bester Lage, gegenüber dem Rheinfall, mit herrlicher Aussicht auf denselben und auf die ganze Alpenkette; mit Lesekabinet, Musiksaal, Billards, Bädern, Promenaden etc. – Ausstattung und Bedienung vorzüglich. Billige Preise. – Für Familien und Touristen gleich empfehlenswerth. – In wöchentlichem Aufenthalt ermässigte Pensions-Preise.

Hôtel zur Krone. – Besitzer J. Hirt – Nahe bei Bahnhof, Post u. Dampfschiff. – Altes, gutes Haus, von Geschäftsreisenden und Familien stark besucht. – Table d’hôte um 12 Uhr. Restauration à la carte zu jeder Zeit, um die Abreise mit den Nachmittagszügen zu erleichtern. – Wagen und Omnibus sind im Haus zu finden. – 10 Mal täglich per Eisenbahn zum Rheinfall für 10 Cent.

(Annoncen aus dem Anhang des Jahrbuchs des Schweizer Alpenclubs 1865, Band 2)

Simrock über den Rheinfall

Der Große Laufen

Der Rheinfall bei Schaffhausen hat nicht nur den Namen dieser Stadt in aller Welt berühmt gemacht, sondern er ist es eigentlich, dem sie Entstehung und Blüte verdankt. Dies geschah nicht etwa durch den Besuch der Fremden, welche ein so einzigartiges Naturschauspiel zu betrachten zahlreich herbeieilen – obwohl auch diese nicht ganz unbedeutend dazu beitragen mögen –, sondern durch das natürliche Stapelrecht, das der Rheinfall zugunsten der Stadt, besser, als es ein kaiserliches Privilegium vermöchte, begründet hat. Da kein Schiff, ohne in tausend Stücke zu zertrümmern, den Rheinfall hinab kann, so müssen alle Güter, die aus dem Bodensee usw. hierhergelangen, oberhalb Schaffhausen ausgeladen, auf der Achse durch die Stadt geführt und unterhalb des Wasserfalls wieder an Bord genommen werden. Die großen Schiffe fahren daher nur bis nach Schaffhausen; kleinere, aus leichten Tannendielen – sogenannte Lauertannen – gezimmerte, werden wie ihre Ladung durch die Stadt, am Wasserfall vorbeigetragen und unterhalb desselben wieder auf den Strom gesetzt. Vermutlich lag hierin der Grund der ersten Ansiedlung, aus der Schaffhausen, dessen Name auch von Schiff oder dem lateinischen Scapha abgeleitet wird, hervorging. Dabei könnte aber befremden, daß Schaffhausen eine gute Stunde oberhalb des Wasserfalls liegt; deshalb müssen wir des Umstands gedenken, daß schon vor der Stadt die Schiffahrt durch einen Felsendamm gehemmt wird, der bei niederem Wasserstand sichtbar hervorragt. Er besteht, gleich der Felswand und den Felszacken des Wasserfalls, aus Kalksteinen, was den Zusammenhang beider Steinmassen mit dem hier auslaufenden Juragebirge bestätigt. Die Volkssprache nennt die Felsen des Damms die Lächen.

Bei Schaffhausen hört man den Rheinfall schon toben und brausen. Er befindet sich aber erst bei dem Züricher Schlößchen Laufen, das auf der linken Rheinseite auf einem hohen Felsen liegt. Dieser bildete wohl einst mit dem Steindamm, den hier der Rhein zu durchbrechen hatte, eine fortlaufende Bergwand, von der die Felsblöcke, die sich jetzt mitten im Strom dem Sturz entgegenstemmen, nur Überbleibsel sind.
Die Tiefe der Felswand, die sich der Rhein herabzustürzen hat, beträgt etwa siebzig bis achtzig Fuß. Aber eben da er den Anlauf zum Hinabspringen nimmt, stemmen sich ihm drei (früher fünf) Felsblöcke entgegen, welche aus der Wand emporragen. Einer derselben wird ganz überströmt, die übrigen nur bei dem höchsten Wasserstand. Der überströmte Felsen ist dem Schloß Laufen am nächsten, an dessen Fuß das Gerüst Fischenz, ein hölzerner, balkonartiger Vorbau über dem Abgrund, die vorteilhafteste Stellung gewährt, um den ganzen vollen Eindruck des erhabenen Schauspiels mit einem Mal zu gewinnen.

Schon oberhalb des Sturzes mußte sich der Strom in ein enges Felsenbett zwängen lassen, aus dem zahllose Klippen empor starrten. Darüber schäumend vor Unmut, gelangt er mit starkem Gefälle in die Nähe der Felszacken, wo der Boden schon unter ihm weicht und der Fall, obwohl erst allmählich, beginnt. In gewaltsamer Eile schießt er gegen die Felsblöcke hinab, an denen sein Fall sich bricht, der erst jetzt eigentlich geschehen soll. Beim Anprall gegen die Felsen zerstäubt ein Teil des Wassers und steigt als dichte Nebelwolke in die Höhe, ein anderer bildet siedende, schäumende Gischt, ein dritter wälzt sich in großen Massen über den Felsen und gelangt hinab in den Kessel, wo das Sieden, Schäumen und Strudeln von neuem anhebt. Denkt man sich dies in der größten Geschwindigkeit hintereinander und zugleich nebeneinander, da ein Teil des Wassers schon im Kessel zischt und brandet, wenn der andere erst gegen die Felsen prallt und über sie hinausspritzt; denkt man sich dieses Schauspiel bei jedem der Felsblöcke mit der Abänderung wiederholt, daß nur der erste Felsen überströmt wird, und läßt man dann die Sonne sich entschleiern, um den mannigfaltigsten, herrlichsten Farbenwechsel hervorzubringen, indem sie die vom Wind gekräuselten Säume des Schaums vergoldet, den Wasserspiegel mit Glanz überstrahle und im aufsteigenden, schnell bewegten Dunst den flüchtigen Regenbogen hervorzaubert, dessen Oberes von der Luft hin und her getrieben, vom neu aufwallenden Nebel verwischt und doch gleich wieder neu erzeugt wird, während der Fuß ruhig und unbeweglich in Gischt und Schaum des Kessels steht – faßt man dies alles in eine Vorstellung zusammen, so hat man ein schwaches Bild dessen, was an dem Phänomen sichtbar ist. Auf das Ohr wirkt gleichzeitig das ungeheuere Donnergetöse des Sturzes so gewaltsam, daß man es in stiller Nacht auf zwei Meilen weit hört, in der Nähe aber niemand sein eigenes Wort vernimmt. Auch dem Gefühl macht es sich durch die Lufterschütterung und den Staubregen bemerkbar, der den Zuschauer in kurzer Zeit durchnäßt, wenn er sich dem Anblick zu unbedachtsam hingibt.
Vom Gerüst Fischenz kann man die dem anderen Ufer näher liegenden Fälle nicht deutlich erblicken, deswegen begibt man sich wohl nach einem in der Nähe des Schlosses stehenden Pavillon oder fährt nach dem jenseits liegenden Schlößchen Wörth, das auch das schaffhausische Laufen genannt wird, wo man sich der Mitte des Falls gerade gegenüber befindet, obwohl schon in zu großer Entfernung. Noch ungünstiger ist der Standpunkt bei den Neuhauser Mühlen auf dem rechten Ufer, wo sich alles verkürzt und der kleinere Sturz den größeren verdeckt. Hat man nun noch die Neuhauser Höhe besucht, wo man eine Übersicht der ganzen Gegend gewinnt, so wird man sich wieder hinübergezogen fühlen, um den unvergleichlichen Anblick, der nur auf dem Gerüst Fischenz ganz genossen werden kann, noch einmal zu erleben; es wäre denn, daß man für diesmal auf der Schaffhauser Seite zurückzukehren gedächte, um bei anderer Stimmung oder Beleuchtung, z. B. bei Nacht und Mondenschein, das erhabene Naturschauspiel sich noch einmal aufführen zu lassen.

In einer im Jahre 1797 niedergeschriebenen skizzenhaften Beschreibung des Rheinfalls bemerkt Goethe, das Wunderbarste daran seien ihm die Felsen, welche sich in dessen Mitte so lange hielten, da sie doch vermutlich von derselben Gebirgsart seien wie der klüftige Kalkstein, der die Felsen beider Ufer bilde. Allein seitdem sind in diesem Jahrhundert zwei der fünf Felsen im Strombett zusammengestürzt, welche weder die ersten gewesen sein mögen, noch die letzten bleiben werden. Bedenkt man, daß schon ein Tropfen durch öfteres Niederfallen einen Stein höhlt, wieviel größer muß die Wirkung eines ganzen Stroms in Jahrtausenden sein? Wenden wir dies auf Vergangenheit und Zukunft an, so wird sich dort eine Zeit ergeben, wo die jetzt durchbrochenen Felsen des Strombetts mit jenen der Ufer dem Rhein einen Damm entgegensetzten, den er nicht sogleich bewältigen konnte, wodurch vielleicht die Ausbildung der beiden großen Seehecken begünstigt wurde. Das vorschauende Janusantlitz blickt hingegen auf das gerade Widerspiel, auf ein vollkommen ausgewaschenes, von allem Widerstand gesäubertes Strombett, in dem der Rhein ruhig hinwandelt, leichte Kähne wie die stolzen Dampf- und Segelschiffe auf dem glatten Rücken tragend. Daher ist dem schaulustigen Leser, der den größten Wasserfall Europas noch nicht gesehen hat, allen Ernstes zu raten, den Besuch desselben nicht allzulange hinauszuschieben: nach tausend Jahren fände er vielleicht die Stelle, wo er einst schaute, nicht wieder auf.

Der Rheinfall wird im Munde des Volkes jener Gegend nicht anders als der Laufen, und zwar der Große Laufen, genannt, wenn man ihn von dem Kleinen Laufen, einem zweiten, nicht so bedeutenden Fall des Rheins, der sich weiter unten bei Laufenburg befindet, unterscheiden will. Die beiden Laufen genannten Schlößchen und jenes Laufenburg führen ihren Namen ohne Zweifel erst von den entsprechenden Wasserfällen, wie auch das leberbergische Städtchen Lauffen von dem schönen Fall der Birs benannt ist. Gewöhnlich findet man die umgekehrte Angabe; selbst Glutz-Blotzheim sagt, zuweilen trage der Rheinfall den Namen des Schlosses. Ob der Name Laufen deutsch oder keltisch sei, ist schwer zu sagen; mit dem deutschen Zeitwort »laufen« hat er aber wohl nichts zu schaffen. Eher möchte man einen Zusammenhang mit Lawine vermuten, da das althochdeutsche louuin, von dem dieses Wort abgeleitet wird, einen Gießbach bedeutet.

Schaffhausen selbst ist als Geburtsstadt Johannes von Müllers berühmt. In seinem Münster hängt die große, 1486 gegossene Glocke, welche die aus Schillers Gedicht berühmte Umschrift führt: »Vivos voco, mortuos plango, fulgura frango.« Was der sogenannte große Gott von Schaffhausen, der nach dem rheinischen Antiquarius 22 Fuß lang war, eigentlich für ein Heiliger gewesen ist, wird vielleicht noch auszumitteln sein. Der gleich benannte Schweizer Kanton, der einzige, der nach Graubünden noch auf der rechten Rheinseite liegt, bildet gleichsam den Brückenkopf zwischen Deutschland und der Schweiz. Um so weniger dürfen wir die merkwürdige Brücke vergessen, welche ehemals die Stadt mit dem jenseits liegenden Züricher Flecken Feuerthalen verband. Diese Brücke, meldet Eichhof, war zwar nur aus Holz, aber ein Meisterstück in ihrer Art, ein Hängewerk, das, außer an den Ufern, nur auf einem einzigen Pfeiler ruhte oder vielmehr auch auf diesem nicht einmal ruhte, wenigstens ist darüber gestritten worden. Man behauptet nämlich, des Künstlers Plan wäre gewesen, nur einen einzigen Bogen über den Fluß zu legen; da er aber von der Stadtobrigkeit angewiesen worden war, sich jenes von einer ehemaligen steinernen Brücke noch vorhandenen Pfeilers zu bedienen, so hätte er zum Schein dem Befehl sich gefügt, aber seine Baueinrichtungen auf eine Art gemacht, daß in der Tat gleichwohl kein Teil durch denselben getragen worden sei. Dieser Künstler war nur ein gewöhnlicher Zimmermann von Tuffen im Kanton Appenzell, Hans Ulrich Grubenmann mit Namen, und man muß gestehen, daß in dieser Hinsicht, auch angenommen, daß durch den gedachten Pfeiler wirklich zwei Bogen entstanden wären, die Brücke dennoch Bewunderung verdient hätte, denn immerhin wären, da diese in ihrer Ausdehnung 364 englische Fuß betrug, auf die Öffnungen der beiden Bögen folgende Maße gekommen: auf die des größten 193 und auf die des kleinsten 171 Fuß. Ein einzelner Fußgänger, der über dieselbe hinschritt, fühlte das Gerippe unter seinen Füßen zittern, und dennoch trug sie schwerbeladene Lastwagen wie jede andere. Ihr Bau, der von 1754 an in drei Jahren vollendet wurde, hatte über 60 000 Reichstaler gekostet; ein einziger Tag vernichtete sie, da sie in dem Krieg zwischen Österreich und Frankreich zu Anfang dieses Jahrhunderts bei einem Rückzug der Franzosen in Brand gesteckt wurde.

Die mündliche Sage behauptet, die alten Alemannen hätten am Rheinfall Pferdeopfer dargebracht. Wem könnten diese gegolten haben als dem Stromgott, der sich hier gewaltiger als irgendwo zeigt? Auch ein Volkslied, das am ganzen Rhein, von den Quellen bis zur Mündung, gesungen wird, spielt in dieser Gegend. Einzelne Strophen desselben haben sich nur in niederländischen Mundarten erhalten. Erfreut, die Einförmigkeit des prosaischen Vortrags mit diesem schönen Lied unterbrechen zu können, teilen wir es hier so vollständig mit, wie es sonst nirgends gefunden wird.

(aus Karl Simrock: Der Rhein – das darin enthaltene Lied vom Zimmergesell sparen wir an dieser Stelle aus.)

Eine ungewollte Schilderung des Rheinfalls (2)

Wer, mit Vermeidung der Ueberfart, doch die ganze Vorderseite des Rheinfalls zu überschauen wünschte, findet bei dem sogenannten Schlösli am Wörth die gelegenste Stelle, sein Verlangen zu befridigen. Auch nach der Ueberfart würde es schwer seyn, der Versuchung zu widerstehen, da nochmals den herrlichen Anblik zu erneuren, den ganzen Reichtum der empfangenen Bilder zu mustern, und von der einzigen, immer zu frühe aus dem Aug schwindenden Scene, Abschid zu nehmen.

Das nördliche Ufer des Rheins trit hier, wie eine kleine Halbinsel, hervor, die mit Tonnen und Schifgeräte übersäet ist, weil die von unten heraufkommende Schiffe da ausladen, den Zoll entrichten, und hinwiderum die abwärts bestimmte Schiffe von da auslaufen. Da ein Zolleinnehmer das gedachte Schlösli bewont, kan man von ihm Stüle, auch Erfrischungen erhalten, und sich mit aller Bequemlichkeit auf dem Wörth lagern, den ganzen Rheinfall im Gesicht, und die malerische Landschaft um ihn her.

Ehe der Rhein seinen grosen Sturz unternimmt, sieht man ihn über zwei breite aber flache Stufen hinschlüpfen; Im Sturz selbst bildet er eine vier- oder fünffache Cascade, die gröste zwischen dem Schlosberg und dem durchlöcherten Felsen, die zweite, welche aber nur bei sehr hohen Wassern statt findet, durch das Loch in diesem Felsen, die dritte zwischen ihm un dem kegelförmigen Felsen, die vierte zwischen diesem und einem breiten nidrigern Felsen, und eine kleinere und nidrigere zwischen dem letzteren und den Mülen am Fuß des Bergs, auf welchem Neuhausen ligt.

Das die Höhe des Falls von von Lauffen bis zur Müle immer abnimmt, zieht sich seine obere Fläche etwas schief herüber, und die nun ins Gesicht fallende Stellen erscheinen neben den am Schlosberg schon sichtbaren so nidrig, und in mehrere Absäze zerstükt, daß jene auch hier noch die Hauptrolle behaupten, obgleich die gewachsene Breite unläugbar beiträgt, die Ansehnlichkeit der Scene zu erhöhen. Die Vergleichung mit künstlichen Cascaden, und noch mehr mit den Giesbächen, die im innern der Alpen aus unermeslichen Höhen, als einzelne Wasserstralen, herabschiesen, sezt überhaupt das majestätische im Ausdruk eines Wasserfalls vornehmlich in die Menge des zugleich herabstürzenden Wassers.

Eine lebhafte Brandung am Gestade des Wörths begleitet mit hohlen Klagtönen das Murren des von seinem Fall noch erschütterten Stroms.

(Gottlieb K. Storr: Alpenreise vom Jahre 1781, Leipzig 1784)