Victor Hugo am Rheinfall in seinem Gehirn

Mon ami, que vous dire ? Je viens de voir cette chose inouïe. Je n’en suis qu’à quelques pas. J’en entends le bruit. Je vous écris sans savoir ce qui tombe de ma pensée. Les idées et les images s’y entassent pêle-mêle, s’y précipitent, s’y heurtent, s’y brisent, et s’en vont en fumée, en écume, en rumeur, en nuée. J’ai en moi comme un bouillonnement immense. Il me semble que j’ai la chute du Rhin dans le cerveau.

J’écris au hasard, comme cela vient. Vous comprendrez si vous pouvez.

On arrive à Laufen. C’est un château du treizième siècle, d’une fort belle masse et d’un fort beau style. Il y a à la porte deux guivres dorées, la gueule ouverte. Elles aboient. On dirait que ce sont elles qui font le bruit mystérieux qu’on entend.

On entre.

On est dans la cour du château. Ce n’est plus un château, c’est une ferme. Poules, oies, dindons, fumier ; charrette dans un coin ; une cuve à chaux. Une porte s’ouvre. La cascade apparaît.

Spectacle merveilleux !
Effroyable tumulte ! Voilà le premier effet. Puis on regarde. La cataracte découpe des golfes qu’emplissent de larges squames blanches. Comme dans les incendies, il y a de petits endroits paisibles au milieu de cette chose pleine d’épouvante ; des bosquets mêlés à l’écume ; de charmants ruisseaux dans les mousses ; des fontaines pour les bergers arcadiens de Poussin, ombragées de petits rameaux doucement agités. ― Et puis ces détails s’évanouissent, et l’impression de l’ensemble vous revient. Tempête éternelle. Neige vivante et furieuse.

Le flot est d’une transparence étrange. Des rochers noirs dessinent des visages sinistres sous l’eau. Ils paraissent toucher la surface et sont à dix pieds de profondeur. Au-dessous des deux principaux vomitoires de la chute, deux grandes gerbes d’écume s’épanouissent sur le fleuve et s’y dispersent en nuages verts. De l’autre côté du Rhin, j’apercevais un groupe de maisonnettes tranquilles, où les ménagères allaient et venaient.

Pendant que j’observais, mon guide me parlait. ― Le lac de Constance a gelé dans l’hiver de 1829 à 1830. Il n’avait pas gelé depuis cent quatre ans. On y passait en voiture. De pauvres gens sont morts de froid à Schaffhouse. ―

Je suis descendu un peu plus bas, vers le gouffre. Le ciel était gris et voilé. La cascade fait un rugissement de tigre. Bruit effrayant, rapidité terrible. Poussière d’eau, tout à la fois fumée et pluie. À travers cette brume on voit la cataracte dans tout son développement. Cinq gros rochers la coupent en cinq nappes d’aspects divers et de grandeurs différentes. On croit voir les cinq piles rongées d’un pont de titans. L’hiver, les glaces font des arches bleues sur ces culées noires.

Le plus rapproché de ces rochers est d’une forme étrange ; il semble voir sortir de l’eau pleine de rage la tête hideuse et impassible d’une idole hindoue, à trompe d’éléphant. Des arbres et des broussailles qui s’entremêlent à son sommet lui font des cheveux hérissés et horribles.

A l’endroit le plus épouvantable de la chute, un grand rocher disparaît et reparaît sous l’écume comme le crâne d’un géant englouti, battu depuis six mille ans de cette douche effroyable.

Le guide continue son monologue. ― La chute du Rhin est à une lieue de Schaffhouse. La masse du fleuve tout entière tombe là d’une hauteur de « septante pieds ». ―

L’âpre sentier qui descend du château de Laufen à l’abîme traverse un jardin. Au moment où je passais, assourdi par la formidable cataracte, un enfant, habitué à faire ménage avec cette merveille du monde, jouait parmi des fleurs et mettait en chantant ses petits doigts dans des gueules-de-loup roses.

Ce sentier a des stations variées, où l’on paie un peu de temps en temps. La pauvre cataracte ne saurait travailler pour rien. Voyez la peine qu’elle se donne. Il faut bien qu’avec toute cette écume qu’elle jette aux arbres, aux rochers, aux fleuves, aux nuages, elle jette aussi un peu quelques gros sous dans la poche de quelqu’un. C’est bien le moins.

Je suis parvenu par ce sentier jusqu’à une façon de balcon branlant pratiqué tout au fond, sur le gouffre et dans le gouffre.

Là, tout vous remue à la fois. On est ébloui, étourdi, bouleversé, terrifié, charmé. On s’appuie à une barrière de bois qui tremble. Des arbres jaunis, ― c’est l’automne, ― des sorbiers rouges entourent un petit pavillon dans le style du café turc, d’où l’on observe l’horreur de la chose. Les femmes se couvrent d’un collet de toile cirée (un franc par personne). On est enveloppé d’une effroyable averse tonnante.

De jolis petits colimaçons jaunes se promènent voluptueusement sous cette rosée sur le bord du balcon. Le rocher qui surplombe au-dessus du balcon pleure goutte à goutte dans la cascade. Sur la roche qui est au milieu de la cataracte, se dresse un chevalier troubadour en bois peint appuyé sur un bouclier rouge à croix blanche. Un homme a dû risquer sa vie pour aller planter ce décor de l’Ambigu au milieu de la grande et éternelle poésie de Jéhovah.

Les deux géants qui redressent la tête, je veux dire les deux plus grands rochers, semblent se parler. Ce tonnerre est leur voix. Au-dessus d’une épouvantable croupe d’écume, on aperçoit une maisonnette paisible avec son petit verger. On dirait que cette affreuse hydre est condamnée à porter éternellement sur son dos cette douce et heureuse cabane.

Je suis allé jusqu’à l’extrémité du balcon ; je me suis adossé au rocher.

L’aspect devient encore plus terrible. C’est un écroulement effrayant. Le gouffre hideux et splendide jette avec rage une pluie de perles au visage de ceux qui osent le regarder de si près. C’est admirable. Les quatre grands gonflements de la cataracte tombent, remontent et redescendent sans cesse. On croit voir tourner devant soi les quatre roues fulgurantes du char de la tempête.

Le pont de bois était inondé. Les planches glissaient. Des feuilles mortes frissonnaient sous mes pieds. Dans une anfractuosité du roc, j’ai remarqué une petite touffe d’herbe desséchée. Desséchée sous la cataracte de Schaffhouse ! Dans ce déluge, une goutte d’eau lui a manqué. Il y a des cœurs qui ressemblent à cette touffe d’herbe. Au milieu du tourbillon des prospérités humaines, ils se dessèchent. Hélas ! C’est qu’il leur a manqué cette goutte d’eau qui ne sort pas de la terre, mais qui tombe du ciel, l’amour !

Dans le pavillon turc, lequel a des vitraux de couleur, et quels vitraux ! Il y a un livre où les visiteurs sont priés d’inscrire leurs noms. Je l’ai feuilleté. J’y ai remarqué cette signature : Henri, avec ce paraphe : (hier im Original die Abbildung eines einfachen verschnörkelten handgezeichneten, vielleicht lateinischen, vielleicht auch griechischen Buchstabens; Anm. rheinsein) Est-ce un V ?

Combien de temps suis-je resté là, abîmé dans ce grand spectacle ? Je ne saurais vous le dire. Pendant cette contemplation, les heures passeraient dans l’esprit comme les ondes dans le gouffre, sans laisser trace ni souvenir.

Cependant on est venu m’avertir que le jour baissait. Je suis remonté au château, et de là je suis descendu sur la grève d’où l’on passe le Rhin pour gagner la rive droite. Cette grève est au bas de la chute, et l’on traverse le fleuve à quelques brasses de la cataracte. On s’aventure pour ce trajet dans un petit batelet charmant, léger, exquis, ajusté comme une pirogue de sauvage, construit d’un bois souple comme de la peau de requin, solide, élastique, fibreux, touchant les rochers à chaque instant et s’y écorchant à peine, manœuvré comme tous les canots du Rhin et de la Meuse, avec un crochet et un aviron en forme de pelle. Rien n’est plus étrange que de sentir dans cette coquille les profondes et orageuses secousses de l’eau.

Pendant que la barque s’éloignait du bord, je regardais au-dessus de ma tête les créneaux couverts de tuiles et les pignons taillés du château qui dominent le précipice. Des filets de pêcheurs séchaient sur les cailloux au bord du fleuve. On pêche donc dans ce tourbillon ? Oui, sans doute. Comme les poissons ne peuvent franchir la cataracte, on prend là beaucoup de saumons. D’ailleurs dans quel tourbillon l’homme ne pêche-t-il pas ?

Maintenant je voudrais résumer toutes ces sensations si vives et presque poignantes. Première impression : on ne sait que dire, on est écrasé comme par tous les grands poèmes. Puis l’ensemble se débrouille. Les beautés se dégagent de la nuée. Somme toute, c’est grand, sombre, terrible, hideux, magnifique, inexprimable.

De l’autre côté du Rhin, cela fait tourner des moulins.

Sur une rive, le château ; sur l’autre, le village, qui s’appelle Neuhausen.

Tout en nous laissant aller au balancement de la barque, j’admirais la superbe couleur de cette eau. On croit nager dans de la serpentine liquide.

Chose remarquable, chacun des deux grands fleuves des Alpes, en quittant les montagnes, a la couleur de la mer où il va. Le Rhône, en débouchant du lac de Genève, est bleu comme la Méditerranée ; le Rhin, en sortant du lac de Constance, est vert comme l’océan.

Malheureusement le ciel était couvert. Je ne puis donc pas dire que j’aie vu la chute de Laufen dans toute sa splendeur. Rien n’est riche et merveilleux comme cette pluie de perles dont je vous ai déjà parlé, et que la cataracte répand au loin ; cela doit être pourtant plus admirable encore lorsque le soleil change ces perles en diamants et que l’arc-en-ciel plonge dans l’écume éblouissante son cou d’émeraude, comme un oiseau divin qui vient boire à l’abîme.

De l’autre bord du Rhin, d’où je vous écris en ce moment, la cataracte apparaît dans son entier, divisée en cinq parties bien distinctes qui ont chacune leur physionomie à part et forment une espèce de crescendo. La première, c’est un dégorgement de moulins ; la seconde, presque symétriquement composée par le travail du flot et du temps, c’est une fontaine de Versailles ; la troisième, c’est une cascade ; la quatrième est une avalanche ; la cinquième est le chaos.

Un dernier mot, et je ferme cette lettre. À quelques pas de la chute, on exploite la roche calcaire, qui est fort belle. Du milieu d’une des carrières qui sont là, un galérien, rayé de gris et de noir, la pioche à la main, la double chaîne au pied, regardait la cataracte. Le hasard semble se complaire parfois à confronter dans des antithèses, tantôt mélancoliques, tantôt effrayantes, l’œuvre de la nature et l’œuvre de la société.

(aus Victor Hugo: Le Rhin, Lettres à un ami, 1842)

10 Mal täglich per Eisenbahn zum Rheinfall für 10 Cent

Hôtel Witzig. – Proprietär H. A. Witzig-Rietmann. – Eisenbahnstation Dachsen am Rheinfall. Die eigentliche Rheinfallstation 15 Minuten bis zum Fall (Fischetz) für Eisenbahnfahrer die bequemste Art, an den Rheinfall zu gelangen. Gute, billige und freundliche Bedienung, Aussicht auf die Gebirge, vom Säntis an bis zur Jungfrau.

Hôtel et Pension Schweizerhof, am Rheinfall, ehemals Hôtel Weber. – Besitzer F. Wegenstein. In nächster Nähe der Eisenbahnstation Neuhausen (neu eröffnete Eisenbahn von Basel nach Schaffhausen und Constanz), in prachtvoller und unstreitig bester Lage, gegenüber dem Rheinfall, mit herrlicher Aussicht auf denselben und auf die ganze Alpenkette; mit Lesekabinet, Musiksaal, Billards, Bädern, Promenaden etc. – Ausstattung und Bedienung vorzüglich. Billige Preise. – Für Familien und Touristen gleich empfehlenswerth. – In wöchentlichem Aufenthalt ermässigte Pensions-Preise.

Hôtel zur Krone. – Besitzer J. Hirt – Nahe bei Bahnhof, Post u. Dampfschiff. – Altes, gutes Haus, von Geschäftsreisenden und Familien stark besucht. – Table d’hôte um 12 Uhr. Restauration à la carte zu jeder Zeit, um die Abreise mit den Nachmittagszügen zu erleichtern. – Wagen und Omnibus sind im Haus zu finden. – 10 Mal täglich per Eisenbahn zum Rheinfall für 10 Cent.

(Annoncen aus dem Anhang des Jahrbuchs des Schweizer Alpenclubs 1865, Band 2)

Eine ungewollte Schilderung des Rheinfalls (2)

Wer, mit Vermeidung der Ueberfart, doch die ganze Vorderseite des Rheinfalls zu überschauen wünschte, findet bei dem sogenannten Schlösli am Wörth die gelegenste Stelle, sein Verlangen zu befridigen. Auch nach der Ueberfart würde es schwer seyn, der Versuchung zu widerstehen, da nochmals den herrlichen Anblik zu erneuren, den ganzen Reichtum der empfangenen Bilder zu mustern, und von der einzigen, immer zu frühe aus dem Aug schwindenden Scene, Abschid zu nehmen.

Das nördliche Ufer des Rheins trit hier, wie eine kleine Halbinsel, hervor, die mit Tonnen und Schifgeräte übersäet ist, weil die von unten heraufkommende Schiffe da ausladen, den Zoll entrichten, und hinwiderum die abwärts bestimmte Schiffe von da auslaufen. Da ein Zolleinnehmer das gedachte Schlösli bewont, kan man von ihm Stüle, auch Erfrischungen erhalten, und sich mit aller Bequemlichkeit auf dem Wörth lagern, den ganzen Rheinfall im Gesicht, und die malerische Landschaft um ihn her.

Ehe der Rhein seinen grosen Sturz unternimmt, sieht man ihn über zwei breite aber flache Stufen hinschlüpfen; Im Sturz selbst bildet er eine vier- oder fünffache Cascade, die gröste zwischen dem Schlosberg und dem durchlöcherten Felsen, die zweite, welche aber nur bei sehr hohen Wassern statt findet, durch das Loch in diesem Felsen, die dritte zwischen ihm un dem kegelförmigen Felsen, die vierte zwischen diesem und einem breiten nidrigern Felsen, und eine kleinere und nidrigere zwischen dem letzteren und den Mülen am Fuß des Bergs, auf welchem Neuhausen ligt.

Das die Höhe des Falls von von Lauffen bis zur Müle immer abnimmt, zieht sich seine obere Fläche etwas schief herüber, und die nun ins Gesicht fallende Stellen erscheinen neben den am Schlosberg schon sichtbaren so nidrig, und in mehrere Absäze zerstükt, daß jene auch hier noch die Hauptrolle behaupten, obgleich die gewachsene Breite unläugbar beiträgt, die Ansehnlichkeit der Scene zu erhöhen. Die Vergleichung mit künstlichen Cascaden, und noch mehr mit den Giesbächen, die im innern der Alpen aus unermeslichen Höhen, als einzelne Wasserstralen, herabschiesen, sezt überhaupt das majestätische im Ausdruk eines Wasserfalls vornehmlich in die Menge des zugleich herabstürzenden Wassers.

Eine lebhafte Brandung am Gestade des Wörths begleitet mit hohlen Klagtönen das Murren des von seinem Fall noch erschütterten Stroms.

(Gottlieb K. Storr: Alpenreise vom Jahre 1781, Leipzig 1784)

Eine ungewollte Schilderung des Rheinfalls

Den Rheinfall darf ich nicht unberürt lassen, wenn ich gleich nicht versucht bin, ihn schildern zu wollen. Die entschidene Unmöglichkeit, dieses erste Schaustük der Vorderalpen durch Farben oder Griffel in ein Gemälde überzutragen, entfernt auch alle Hofnung, seinen Eindruk auf empfängliche Beobachter in einer Beschreibung mizutheilen. Die Würdigung der Ansehnlichkeit der Scene hängt überdas so sehr von der Stimmung des Zuschauers ab, daß ich dieser wol eben so vielen Einflus auf die Verschidenheit der Urtheile von der Höhe des Rheinfalls zuschreibe, als der veränderlichen Höhe des Stroms zu verschidenen Jahrszeiten, und der allmälichen Ernidrigung seines Betts, die doch unter dem Fall ohne Zweifel stärker fortschreiten mus, als über ihm. Solche äusere und innere Schwierigkeiten sind wol allen, die diese unerreichbare Erscheinung zu erwänen hatten, allzufülbar geworden, als daß wir eine Darstellung davon hätten erhalten können. Aus gleichen Gründen schränke ich mich auf eine kunstlose Erzälung meiner Umschreitung des Schauplazes ein, und folge der Reihe seiner einzelnen Auftritte, wie sie zu einer Zeit, da der Strom gros war, mir in die Augen fielen.

Jenseits des Rheins, kaum eine Stunde von Schafhausen, ligt das Dorf Lauffen im Züricher Gebiete. Der Weg dahin geht über die Rheinbrüke, und schlingt sich dann an Weinhügeln in die Höhe. Aus einem an der glüklichsten Stelle angebrachten Gartenhaus des Landvogts überschaut man die reizende Gegend: Schafhausen zeigt sich auf seiner vortheilhaftesten Seite am Fus einer Reihe fruchtbarer Berge, zwischen welchen und den gegenüberstehenden ein längliches Thal gefast ist; Dieses durchwandelt der gröste der Ströme Helvetiens, eine ansehnliche Streke lang, stät und ruhig, in stiller Grösse. So fliest er der Stadt zu und bringt schon zimlich beträchtliche Schiffe bis zur Gegend der Brüke. Dort fängt sein Bett an, ungleich zu werden, und mehr und mehr anwachsende Klippen machen ihn reisend und unsicher. Bald darauf wendet er sich zur linken, und immer klippenreicher wälzt er sich nun mit krausen Wellen herbei, deren reines Weis mit dem heiteren Wassergrün seiner ebneren Flächen aufs lieblichste absticht. Einige kleine Wasserfälle, die über nidrige, stufenweise übereinander ligende Felsstüke herbagleiten, machen gleichsam das Vorspiel der erhabnen Scene, die der Fall des ganzen Stroms hervorbringt, der nun, durch Verengung seines Betts geschwellt, und von einem steilen Absturz plözlich abgeschnitten, seine ungeheure Wassermasse zwischen einigen im Weg stehenden Felsspizen wütend hinabreist.

Diesen grosen Auftrit, so viel möglich, nahe zu kommen, steigt man über den Felsen, auf welchem das Schlos steht, zu einem hölzenen Gerüste hinab, das die Fische; genennt wird; Man hat da den Rand des Abschusses, der das Bett des Stroms abschneidet, über sich, unter sich den Abgrund, dem er entgegenstürzt, und blos das von seinem Fall erschütterte Gerüste zur Scheidewand; Der Standort könnte nicht gelegener gewält werden, den vollen Nachdruk der so ganz unmittelbar in ihrer anschauernden Grösse auf den Beobachter eindringenden Erscheinung zu empfangen. Der erste Blik dahin hat etwas mächtig ergreifendes: Das Bild eines einstürzenden, von grundlos scheinenden Tiefen verschlungenen, und, immer nachzustürzen, unerschöpflich erneuerten Wasserbergs, der Kampf des von unten auflochenden Abgrunds mit der abwärts treibenden Wasserlast, die sich erst in sich selbst zu rollen strebt, und dann, mit dem Getöse eines Sturms niederschleudert, in Schaum und Dunst zermalmt, wiederum aufsteigt, und feine Nebelstreifen bildet, die in weiten Bogen vom Wind entfürt werden, alles dieses überrascht mit einem unwillkürlichen Erstaunen, so nahe vor sich die drohendste, gewaltsamste Auftritte zu haben, ohne zugleich mit den unwiderstehlichen Wirbeln dieser allgemeinen Zerstörung dahin gerissen zu werden.

Als ich mir die Zusammensezung des grosen Schauspiels zu zergliedern anfing, unterschid ich zuerst, zwischen dem Schlosberg und dem gegenüberstehenden Hügel unter dem Dorfe Neuhausen, zwei an der Kante der Stufe aus dem schon überspringenden Wasser hervorragende Felsen. Diese geben dem Rheinfall, indem sie ihn in mehrere Güsse zerstüken, das Ansehen einer getheilten Cascade, welche von hier aus dreifach, wenn man ihn aber ganz im Gesichte hat, vier, bis fünffach erscheint.

Der stärkste Arm der Cascade ist zwischen dem Schlosberg und dem ihm zunächst stehenden Felsen; Auch ist hier die Höhe des Falls am grösten. Der Berg, auf welchem Lauffen steht, sezt dem Strom die meiste Gewalt entgegen; Desto heftiger arbeitet dieser wider ihn, und er ist wirklich, so weit ihn je die Flut des Rheins erreichen konnte, von ihr benagt und abgeschliffen. Sein überlegener Widerstand hemmt die Ausdehnung des Flusses in die Breite, und treibt ihn desto mehr in die Höhe. Ein hochaufschäumender Guß dringt unmittelbar an diesem Berg mit ausgezeichneter Heftigkeit hervor, dann folgt ein neben ihm eben scheinender nidrigerer Guß; Neben diesem wölbt sich widerum eine schaumige Welle, wahrscheinlich über dem Rest eines der Felsen, die ehmals in gröserer Anzal den Abschus besezten. Weiterhin zeigt sich widerum ein ebneter Stral, über welchem eine andere Welle an dem ersten der zuvorerwänten Felsen aufkocht. Die sonderbare Gestalt dieses Felsen, und das an ihm aufsprudelnde, und in krausen geschlängelten Wellen hoch an ihm aufklimmende, selbst durch ihn überspringende Wasser des Stroms vermehren das malerische dieser Ansicht. Der Fels ist meist kahl, hin und wider mit nidrigem Gesträuche besezt, und stellt, von dieser Seite her betrachtet, eine länglichte, ungleich gekrümmte, nach oben breitere, unterwärts abnehmende, und in einer länglichtrunden, gekrümmten Oefnung durchgrabene Tafel vor.

Der Abstand zwischen diesem und dem zweiten Felsen, der mehr kegelförmig ist mit einer gekrümmten Spize, beträgt kaum den dritten Theil des Raums zwischen dem Schlosberg und dem ersten Felsen; Auch kommt zwischen beiden Felsen nur ein einiger Guß hervor. Dieser zweite Fels begränzt die Aussicht über den Rheinfall von Lauffen aus, und entzieht dem Gesicht einen Theil seiner Breite; Das jenseits herabstürzende Wasser kommt hier nur am Fus des Absturzes einigermasen zum Vorschein. So weit der Weg des Stroms von seinem oberen Bette in das untere sich verfolgen läst, scheint er, so bald die Schwelle des ersteren überschritten ist, sich mit einer radänlichen Bewegung einwärts zu krümmen, sogleich aber, ehe diese noch vollendet ist, wirft er sich mit ganzer Macht in bogigen Güssen hinab. Ein schrökliches Getöse begleitet seinen Sturz, und Berge von Schaum steigen ihm aus dieser Tiefe entgegen.  Das untere und obere Wasser kocht so heftig untereinander, daß die Gränzen von beiden nicht wol bestimmt werden können, und daher auch die Höhe des Falls sich nicht mit Genauigkeit schäzen läst. Ein feiner Duft befeuchtet den Zuschauer auf der am Schlosberg angehefteten Büne, und sichtbare Dünste fliehen in bogigen Nebelstreifen nach fridlicheren Stellen des weiterhin sich besänftigenden Stroms. Den zitternden Dunst des meist in blendend weissen Schaum aufgelösten Wassers schmükt die Sonne mit lebhaften Regenbogen. Nach dem Fall gibt das erweiterte Beken des Stroms ihm Raum, sich auszudehnen; Allmälich verliert sich nun sein Ungestüm; Seine Schaumberge ernidrigen sich zu Wellen, welche endlich in eine leicht gekräuselte Fläche übergehen.

Die Gröse der Scene in ihrer ganzen Macht aufzufassen, bleibt der bisherige Standpunkt vor jedem andren vorzüglich, obgleich der Anblik von der Seite einige Stellen dem Auge entrükt. Um das ganze Schauspiel gerade im Gesicht zu haben, kan man sich dogleich von lauffen aus über den Flus sezen lassen; Indem man auf dieser Fart zwar in der Entfernung, die die Sicherheit erfordert, doch nach der ganzen Breite des Flusses, vorüberkommt, und sich gleichsam mit dem Element vermischt, welches hier eine solche Prachtscene feiert, erhält der Eindruk des am Schlosberg genommenen Anbliks seine Vollendung, und selbst eine neue Verstärkung.

(Gottlieb K. Storr: Alpenreise vom Jahre 1781, Leipzig 1784)

Peter Schlemihls Schatten auf dem Weg zum Rheinfall

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Emil Laub aus Altbach in Baden-Württemberg beschäftigt sich als Fotograf vornehmlich mit dem Fänomen des Schattens und, beeinflußt von einer Sichtung Ahasvers, des “Ewigen Juden”, in seiner Heimat im Jahr 1766 mit dem Thema Migration, dabei insbesondere mit dem Zweig der Zwangswanderung. Beide Hauptfelder seiner Arbeit überschneiden sich geradezu exemplarisch in obigem Bild, das Emil Laub bereits im Sommer einsandte, das wir aber erst jetzt, nach einigen Nachfragen und Verifizierungen, publizieren möchten.

Nicht direkt vor dem herrlichen Naturschauspiel der Wasserstürze des Rheinfalls, aber eindeutig auf dem Weg dorthin, wie aus dem Bild selbst hervorgeht, gelang es Emil Laub oben zu sehenden Schatten einzufangen, nachdem er sich, wie er von selbst mitteilte, mit “einer gewissen Besessenheit” über Jahre hinweg mit “detektivischem Eifer” daran gemacht hatte, Peter Schlemihls Schatten ausfindig zu machen, zu stellen, und mithilfe seiner Kameras zu bannen. Weil das ein wenig ungewöhnlich klingt, haben wir mehrfach bei Herrn Laub nachgehakt und dabei folgende Geschichte erfahren:

Seine Suche habe anfangs der nach einer Nadel im Heuhaufen geglichen. An vielen Orten der Welt habe er zunächst “ohne Sinn und Verstand” dem berühmten Schatten aufgelauert. Ein Erfolg habe eigentlich nie wirklich in Aussicht gestanden, denn zu dürftig seien die Hinweise auf den Aufenthalt des Schattens in der Literatur gewesen. Während die Fluchtroute Peter Schlemihls, nachdem er seinen Schatten verkauft hatte, aus Chamisso und nachfolgenden Autoren, welche Schlemihls wundersame  Geschichte aufgenommen und bearbeitet hätten, einigermaßen bekannt sei, wüßten wir über den Verbleib des Käufers und eben des verkauften Schattens im Grunde nichts. Er, Laub, habe sich nach einigen Hals-über-Kopf-Expeditionen schließlich überlegt, daß a) die zwanghafte Wanderung Schlemihls in mit wissenschaftlichen Methoden allerdings kaum feststellbarer Weise auch seinen abhandenen Schatten beeinflußt haben könnte, in etwa in der Art wie man sich telepathische Kommunikation vorzustellen habe, daß also der Wandertrieb Peter Schlemihls seinem Schatten zumindest “irgendwie bekannt” hätte sein müssen, wenn er nicht gar b) automatisch, aufgrund all seiner klassischen Eigenschaften als Schatten, den Impuls seines Herrn verspüren würde, denn Schattenhandel sei an und für sich moralisch nicht zu legitimieren und daher bei gesetzlicher Prüfung ein Verkauf (“zumal für ein “nie versiegendes Säckel Gold”) wohl als ungültig, weil sittenwidrig anzusehen, weshalb der Schatten mit hoher Wahrscheinlichkeit weiterhin de iure und auch dem eigenen Empfinden nach der Schatten Peter Schlehmils geblieben sein dürfte und sich nicht etwa dem fragwürdigen Käufer angeheftet habe, der ohnehin bereits einen eigenen Schatten besaß. Falls mindestens einer dieser beiden Punkte zuträfe, so Laub, sei anzunehmen, zumindest nicht auszuschließen, daß der Schatten ebenfalls einen Wandertrieb entwickle, sei es um die Bewegungen seines Herrn aus der Ferne zu imitieren, sei es, um zu ihm zurückzukehren. Natürlich, diese Annahmen seien dürftige Grundlagen, aber wer Erfolg habe wolle, dürfe sich durch nichts entmutigen lassen, so Laub, und daher habe er mit Dartwürfen auf eine selbstgefertigte Karte, die das Gebiet von Peter Schlemihls literarisch bekannter Wandertätigkeit begrenzte, mit der aleatorischen Suche nach dem Schatten begonnen und bei seinen nicht mehr ganz so kopflosen Nachforschungen nun tatsächlich die ein oder andere Information erhalten, denn es seien weit mehr Menschen an diesem Schatten interessiert als er es sich zuvor habe vorstellen können. In Gesprächen mit Leuten, die teilweise jahrzehntelang sich mit der Geschichte beschäftigten, darunter Akademiker, Dachdecker, Steinheilerinnen, habe er in Erfahrung bringen können, daß der Schatten mehrfach gesichtet worden sei, zuletzt allerdings vor mehr als 20 Jahren, und daß er normalerweise, aus Gründen der Tarnung, ausschließlich nachts sich bewege. Er sei, so Laub, sogar mit Schattenfallenstellern umhergezogen, deren Methoden ihm letztlich zu brutal erschienen seien. Auffällig sei gewesen, daß die Schattenjäger wie auf stillschweigende Vereinbarung ihre Reviere eingrenzten. Derartige Insider-Nachrichten hätten ihn bereits in den Harz, an die Opalküste und zuletzt in die Gegend des Rheinfalls gebracht, wo er seine eigene, sanfte Fallenstellermethode angewendet habe, indem er sich als auf Parkbänken schlafender Wandersmann tarnte, dieweil im Gebüsch seine Kamera mit einem Hell-Dunkel-Bewegungssensor auf vorüberziehende Schatten, die natürlich in den meisten Fällen an Menschen, Tieren, Fahr- oder Flugzeugen hafteten, reagierte.  Als er nach einem solchen Nickerchen nahe der oben abgelichteten Unterführung erwacht sei, habe er bei Durchsicht der Kamerafalle kaum seinen Augen trauen mögen: einen menschlichen Schatten ohne den dazugehörenden Menschen habe er zuvor nie, schon gar nicht in solcher Klarheit eingefangen. Natürlich könne niemand garantieren, daß der zu sehende Schatten derjenige Peter Schlemihls sei, auch habe der Schatten, das sage er, Laub, allerdings nicht in vollem Ernst, eine gewisse Ähnlichkeit mit Nosferatu, doch wessen Schatten, wenn nicht Peter Schlemihls, sollte es sonst sein, frage er sich und jeden, den es interessiere, denn es seien außer diesem ja keinerlei weitere alleinstehende, womöglich freilaufende Schatten verbürgt. Sicher, das Bild widerspreche der These von der ausschließlichen Nachtwanderung, andererseits kenne er, Laub persönlich, keine Regel ohne Ausnahme. Und auch falls dies letztlich nicht Peter Schlemihls Schatten sei, so stehe es ihm, als Entdecker eines herren- und namenlosen Schattens, zweifelsfrei zu, diesen zu benennen und so habe er sich entschlossen, diesen Schatten den Schatten Peter Schlemihls zu nennen, der er mit nicht geringer Wahrscheinlichkeit schlußendlich auch sei.

Theodor Fontane sinniert am Rheinfall u. a. über eine höhere Rasse

“Liebe Frau.

Ich blieb im „Storch“ drei Stunden länger als ich berechnet hatte. Schönheit und Liebenswürdigkeit der Wirtin waren nicht schuld daran; sie sah aus, als habe sie der Storch zu viel oder zu wenig gebissen. Ihr Antlitz klärte sich auch nicht auf, wohl aber das Wetter. Dies bestimmte mich, nicht direkt nach Konstanz, sondern nur bis Neuhausen (Station in Nähe von Schaffhausen) zu gehen. Man bleibt jetzt in der Regel an diesem Ort, weil man den Rheinfall von hier aus am schönsten sieht. Auch das Gasthaus ist hier am besten; echt englisches Hotel, in dem man wieder Mensch wird. Viel tragen zu dieser wohltuenden Erscheinung allerdings die Engländer selbst bei; richtiger die Engländerinnen. Ich will dies alte Streitthema nicht zum hundertsten Male behandeln, aber es ist so, wie ich es sage. Durch Abstammung, Erziehung, Pflege, Freiheit und allerglücklichste Lebensverhältnisse repräsentieren sie schließlich eine höhere Rasse. Das ganze Volk trägt einen aristokratischen Stempel. Was bei uns in Exemplaren vorkommt, kommt bei ihnen massenhaft vor. Auch bei uns gibt es Rosen, aber im Rosental zu Kaschmir wachsen sie wild.
Die ganze Rheinfall-Szenerie übertrifft weitaus meine Erwartungen, so das ganze Rheintal überhaupt, in dem wir gestern hierher fuhren. Rheinfelden, Säckingen und vor allem Laufenburg sind sehr schön. Schon vor zehn Jahren, als ich von Interlaken und Zürich aus heimkehrte, bin ich daran vorüber gefahren, aber ohne das Geringste zu sehen. So reist man jetzt. Wahrscheinlich war ich müde und streckte auch nicht ein einziges Mal den Kopf zum Fenster hinaus. Der Rheinfall wirkt wie die Jungfrau. Was der Schnee dort tut, tut hier der Wasserschaum. Man steht hier wie dort einem Etwas gegenüber, das Einen durch Reinheit beglückt. Dazu verwandte Farbenwunder. Inmitten dieser Schaummasse, die völlig wie ein Schneesturz niederdonnert, werden smaragdene Töne sichtbar, die an Schönheit mit dem Alpenglühen wetteifern können. Dies hier ist ein Punkt für Hochzeitsreisende! Von Hotel zu Hotel traben, oder Galerien absuchen, kann dem tapfersten Recken den honey-moon verleiden, aber in diesem Schweizer-Hof 14 Tage leben und das Dasein in Liebe, Rheinfall und substantial breakfast`s gipfeln zu sehen, muß für einen 25jährigen himmlisch sein. Selbst die Langeweile verliert hier ihren Charakter. Es braucht hier nichts gesagt zu werden, ja es soll hier nichts gesagt werden. Die Natur ist in einem steten Donner, und wenn es donnert, schweigt der Mensch. So wird hier auf natürlichem Wege, und fast von Schicklichkeits wegen, die Klippe vermieden, an der fast alle Liebespaare scheitern: die Unterhaltungsnot. Gesagt ist alles, und immer küssen geht über die menschliche Kraft. Deshalb gehe denn heute auch nur ein Kuß in die Heimat; über die Adresse schweig ich verschämt. Wie immer

Dein alter Th. F.”

(Theodor an Emilie Fontane, Neuhausen, 6. August 1875. Aus: Theodor Fontane – Werke, Schriften, Briefe; Teil 4, Band 2)

Heinse über den Rheinfall

Wenn Victor Hugo am Rheinfall war, der junge Lenz, Mörike, Hölderlin, Jean Paul, Klopstock, die Droste, wir selbst bereits ein paarmal, dann muß auch Goethe dort gewesen sein, möchte man meinen und meinte mans wirklich, so meinte mans natürlich zurecht. Goethes Gedanken zum Rheinfall werden hier noch präsentiert, in der Zwischenzeit stießen wir auf Wilhelm Heinse, der in seinem Tagebuch notierte:

“Neuhausen bei Schaffhausen, den 14. August 1870
Der Rhein bei Schaffhausen tut einen solchen Schuß in die Tiefe, daß er das Laufen vergißt und sich besinnt, ob er Dunst werden oder Wasser bleiben will. Wenn man ihn zum ersten erblickt: so sieht man lauter Dunststaub wie Silberrauch in der Luft. Sein Brausen in der Ferne scheint wie Harmonie, in welche einzelne Flutenschläge die Melodie machen. Er sieht ganz wild und ernst aus und stürmt trotzig über die Felsen hin, kühn und sicher, nicht zu vergehen. Es ist eine erschreckliche Gewalt, und man erstaunt, wie die Felsen dagegen aushalten können. Das Wasser scheint von der heftigen Bewegung zu Feuer zu werden und raucht; aber sein Dampf ist Silber, so rein, wie sein Element ist.”

Treffende Worte in schönem Fluß. Heinses Beobachtungen am Rheinfall gehen indes noch deutlich weiter, in einem Brief an den Kollegen Friedrich Jacobi:

“Es ist, als ob eine Wasserwelt in den Abgrund aus den Gesetzen der Natur hinausrollte. Die Gewölbe der Schaumwogen im wütenden Schuß flammt ein glühender Regenbogen wie ein Geist des Zorns schräg herab. Keine Erinnerung, der stärkste Schwung der Phantasie kann`s der gegenwärtigen Empfindung nachsagen. Die Natur zeigt sich ganz in ihrer Größe. Die Allmacht ihrer Kräfte zieht dauernd die kochenden Fluten herab und gibt den ungeheuern Wassermassen die Eile des Blitzes. Es ist die allerhöchste Stärke, der wütendste Sturm des größten Lebens, das menschliche Sinnen fassen können. Der Mensch steht klein wie ein Nichts davor da und kann nur bis ins Innerste gerührt den Aufruhr betrachten. Selbst der Schlaffste muß des Wassergebirggetümmels nicht satt werden können. Der kälteste Philosoph muß sagen, es ist eine von den ungeheuersten Wirkungen der anziehenden Kraft, die in die Sinne fallen. Und wenn man es das hundertstemal sieht, so ergreift`s einen wieder von neuem, als ob man es noch nicht gesehen hätte. Es ist ein Riesensturm, und man wird endlich ungeduldig, daß man ein so kleines festes mechanisches zerbrechliches Ding ist und nicht mit hineinkann. Der Perlenstaub, der überall wie von einem großen wütenden Feuer herumdampft und wie von einem Wirbelwind herumgejagt wird und allen den großen Massen einen Schatten erteilt oder sie gewitterwolkicht macht, bildet ein fürchterliches Ganzes mit dem Flug und Schuß und Drang, und An- und Abprallen, und Wirbeln und Sieden und Schäumen in der Tiefe, und dem Brausen und dem majestätischen, erdbebenartigen Krachen dazwischen… O Gott, welche Musik, welches Donnerbrausen, welch ein Sturm durch all mein Wesen! Heilig! heilig! heilig! brüllt es in Mark und Gebein… Es ist mir, als ob ich in der geheimsten Werkstatt der Schöpfung mich befände, wo das Element von fürchterlicher Allgewalt gezwungen sich zeigen muß, wie es ist, in zerstürmten und ungeheuern großen Massen. Und doch läßt das ihm eigentümliche Leben sich nicht ganz bändigen und schäumt und wütet und brüllt, daß die Felsen und die Berge nebenan erzittern und erklingen und der Himmel davor sein klares Antlitz verhüllt und die flammende Sommersonne mit mildern Strahlen dreinschaut. –
Es ist der Rheinstrom: und man steht davor wie vor dem Inbegriff aller Quellen, so aufgelöst ist er; und doch sind die Massen so stark, daß sie das Gefühl statt des Auges ergreifen, und die Bewegung so trümmernd heftig, daß dieser Sinn ihr nicht nachkann und die Empfindung immer neu bleibt und ewig schauervoll und entzückend.
Man hört und fühlt sich selbst nicht mehr, das Auge sieht nicht mehr und läßt nur Eindruck auf sich machen; so wird man ergriffen und von nie empfundenen Regungen durchdrungen. Oben und unten sind kochende Staubwolken, und in der Mitte wälzt sich blitzschnell die dicke Flut wie grünlichtes Metall mit Silberschaum im Fluß; unten stürzt es mit allmächtiger Gewalt durch den kochenden Schaum in den Abgrund, daß er wie von einer heftigen Feuersbrunst sich in Dampf und Rauch auflöst und sich über das weite Becken wirbelt und kräuselt. An der linken Seite, wo sein Strom am stärksten sich hereinwälzt, fliegt der Schuß wie Ballen zerstäubter Kanonenkugeln weit ins Becken und gibt Stöße an die Felsenwand wie ein Erdbeben. Rundum weiterhin ist alles Toben und Wüten, und das Herz und die Pulse schlagen dem Wassergotte wie einem Alexander nach gewonnener Schlacht.”

Existiert da noch besseres? Heinse jedenfalls, auf den wir heut erst stießen, hat noch schöne Anmerkungen zu weiteren rheinischen Gefilden in petto, die gelegentlich hier auftauchen dürften. Ob Goethe da mithalten konnte oder angesichts des Naturereignisses in eine seiner kleinkrämerischen Brillanzpausen verfiel – verpassen Sie`s auf keinen Fall, demnächst, an dieser Stelle!