Le Rhin réunit tout

“Saint-Goar, 17 août.

Vous savez, je vous l’ai dit souvent, j’aime les fleuves. Les fleuves charrient les idées aussi bien que les marchandises. Tout a son rôle magnifique dans la création. Les fleuves, comme d’immenses clairons, chantent à l’océan la beauté de la terre, la culture des champs, la splendeur des villes et la gloire des hommes.

Et, je vous l’ai dit aussi, entre tous les fleuves, j’aime le Rhin. La première fois que j’ai vu le Rhin, c’était il y a un an, à Kehl, en passant le pont de bateaux. La nuit tombait, la voiture allait au pas. Je me souviens que j’éprouvai alors un certain respect en traversant le vieux fleuve…

…Ce soir-là… je contemplai longtemps ce fier et noble fleuve, violent, mais sans fureur, sauvage, mais majestueux. Il était enflé et magnifique au moment où je le traversais. Il essuyait aux bateaux du pont sa crinière fauve, sa barbe limoneuse, comme dit Boileau. Ses deux rives se perdaient dans le crépuscule. Son bruit était un rugissement puissant et paisible. Je lui trouvais quelque chose de la grande mer.

Oui, mon ami, c’est un noble fleuve, féodal, républicain, impérial, digne d’être à la fois français et allemand. Il y a toute l’histoire de l’Europe considérée sous ses deux grands aspects, dans ce fleuve des guerriers et des penseurs, dans cette vague superbe qui fait bondir la France, dans ce murmure profond qui fait rêver l’Allemagne.

Le Rhin réunit tout. Le Rhin est rapide comme le Rhône, large comme la Loire, encaissé comme la Meuse, tortueux comme la Seine, limpide et vert comme la Somme, historique comme le Tibre, royal comme le Danube, mystérieux comme le Nil, pailleté d’or comme un fleuve d’Amérique, couvert de fables et de fantômes comme un fleuve d’Asie.

Avant que l’histoire écrivait, avant que l’homme existait peut-être, où est le Rhin aujourd’hui fumait et flamboyait une double chaîne de volcans qui se sont éteints en laissant sur le sol deux tas de laves et de basaltes disposés parallèlement comme deux longues murailles. À la même époque, les cristallisations gigantesques qui sont les montagnes primitives s’achevaient, les alluvions énormes qui sont les montagnes secondaires se desséchaient, l’effrayant monceau que nous appelons aujourd’hui les Alpes se refroidissait lentement, les neiges s’y accumulaient; deux grands écoulements de ces neiges se répandirent sur la terre: l’un, l’écoulement du versant septentrional, traversa les plaines, rencontra la double tranchée des volcans éteints et s’en alla par là à l’Océan; l’autre, l’écoulement du versant occidental, tomba de montagne en montagne, côtoya cet autre bloc de volcans expirés que nous nommons l’Ardèche et se perdit dans la Méditerranée. Le premier de ces écoulements, c’est le Rhin; le second, c’est le Rhône…

…Le Rhin, dans les destinées de l’Europe, a une sorte de signification providentielle. C’est le grand fossé transversal qui sépare le Sud du Nord. La providence en a fait le fleuve-frontière; les forteresses en ont fait le fleuve-muraille. Le Rhin a vu la figure et a reflété l’ombre de presque tous les grands hommes de guerre qui, depuis trente siècles, ont labouré le vieux continent avec ce soc qu’on appelle pépée. César a traversé le Rhin en montant du midi; Attila a traversé le Rhin en descendant du septentrion. Clovis y a gagné sa bataille de Tolbiac. Charlemagne et Bonaparte y ont régné. L’empereur Frédéric-Barberousse, l’empereur Rodolphe de Hapsbourg et le palatin Frédéric Ier y ont été grands, victorieux et formidables. Gustave-Adolphe y a commandé ses armées du haut de la guérite de Caub. Louis XIV a vu le Rhin. Enguien et Condé l’ont passé. Hélas! Turenne aussi. Drusus y a sa pierre à Mayence comme Marceau à Coblenz et Hoche à Andernach. Pour l’œil du penseur qui voit vivre l’histoire, deux grands aigles planent perpétuellement sur le Rhin, l’aigle des légions romaines et l’aigle des régiments français.

…Ce noble Rhin que les Romains nommaient Rhenus superbus, tantôt porte les ponts de bateaux hérissés de lances, de pertuisanes ou de baïonnettes qui versent sur l’Allemagne les armées d’Italie, d’Espagne et de France, ou reversent sur l’ancien monde romain, toujours géographiquement adhérent, les anciennes hordes barbares, toujours les mêmes aussi; tantôt charrie pacifiquement les sapins de la Murg et de Saint-Gall, les porphyres et les serpentines de Bâle, la potasse de Bingen, le sel de Karlshall, les cuirs de Stromberg, le vif-argent de Lansberg, les vins de Johannisberg et de Bacharach, les ardoises de Caub, les saumons d’Oberwesel, les cerises de Salzig, le charbon de bois de Boppart, la vaisselle de fer blanc de Coblenz, la verrerie de la Moselle, les fers forgés de Bendorf, les tufs et les meules d’Andernach, les tôles de Neuwied, les eaux minérales d’Antoniustein, les draps et les poteries de Wallendar, les vins rouges de Taar, le cuivre et le plomb de Linz, la pierre de taille de Kœnigswinter, les laines et les soieries de Cologne; et il accomplit majestueusement à travers l’Europe, selon la volonté de Dieu, sa double fonction de fleuve de la paix, ayant sans interruption sur la double rangée de collines qui encaisse la plus notable partie de son cours, d’un côté des chênes, de l’autre des vignes, c’est-à-dire d’un côté le nord, de l’autre le midi; d’un côté la force, de l’autre la joie…”

(aus: Victor Hugo: Le Rhin, lettre XIV; Hugos Rheinbriefe sind komplett zu finden auf Google Books)

Der Rhein für die gebildeten Stände (2)

Vom Bodensee bis Basel, wo der Rhein schon eine Breite von 750 F. erhält, hat er ein felsenreiches Bett. Von Basel aus wird sein Bett von vielen Inseln durchschnitten, die jedoch zum größten Theil blos aus Sand- und Kiesbänken bestehen, welche häufig von einer Seite weggerissen und an der andern wieder angesetzt werden. Von Breisach herab trifft man schon mehre bestaudete und selbst angebaute Inseln. Zwischen Strasburg und Germersheim ist das Bett immer noch sehr inselreich, aber der größte Theil dieser Inseln ist mit Gebüsch bewachsen. Zwischen Strasburg und Speier ist der Rhein 1000—1200 F., bei Mainz 1500—1700 F., und bei Schenkenschanz, wo er in die Niederlande eintritt, 2150 F. breit. Die Tiefe des Rheins beträgt 5—28, bei Düsseldorf sogar 50 F. Bei Schenkenschanz theilt er sich in zwei Arme, wovon der südl. die Waal heißt, zwei Drittheile seines Gewässers nimmt, sich hernach zweimal mit der Maas vereinigt und unter dem Namen Merwe in das deutsche Meer fließt. Der nördl. Arm des Rheins hatte vormals in seinem Laufe nach Arnheim zu mehre Windungen; seit 1720 aber hat man von der Waal aus bei dem Dorfe Pannerden einen Kanal gegraben, wodurch das alte Bett des Stroms nun größtentheils vertrocknet ist. Durch diesen pannerdenschen Kanal fließen jetzt die Gewässer des Rheins fort, nachdem sie sich unterhalb Millingen von der Waal getrennt haben. Ehe dieser Arm des Rheins nach Arnheim kommt, theilt derselbe sich wieder oberhalb Westervoort und bildet die sogenannte neue Yssel. Diese Abtheilung des Stroms ist eigentlich der Kanal, den Drusus graben ließ, indem die Gewässer sich bei Doesburg mit der alten Yssel vereinigen und zuletzt sich in die Zuydersee ergießen. Von da, wo sich der Drusische Kanal von dem Rheine trennt, wendet dieser letztere sich nach Arnheim und behält seinen Namen, bis er bei Wageningen und Rhenen vorbei ist, wo er Lech heißt und auf Wyk bei Durstede fließt. Von hier floß sonst der Rhein mit vollem Strome nach Utrecht, jetzt ist aber nur noch ein sehr schwacher Arm übrig, der krumme Rhein genannt. Weiterhin, Vianen gegenüber, ist schon vor mehren Jahren aus dem Lech ein Kanal gegraben worden, welcher nach Utrecht geht und gewöhnlich die Vaart genannt wird. Da derselbe mit Schleusen versehen ist, so kommen auf demselben sehr beträchtliche Schiffe nach Utrecht und von da weiter nach Amsterdam. Unterhalb Vianen sondert sich ein kleiner Arm vom Lech ab, den man die Yssel nennt, und der sich eine Meile oberhalb Rotterdam in die Merwe ergießt. Der Lech fließt von Vianen nach Schoonhofen und geht oberhalb Crimpen op de Lek in die Maas. Von den Gewässern des Rheins, die nach Utrecht fließen, geht abermals ein Arm ab, welcher die Vecht genannt wird und sich nach einem achtstündigen Laufe bei Muyden in die Zuydersee ergießt. Der übrige Rhein fließt von Utrecht nach Leyden, wo er beinahe einem Graben ähnlich sieht. Bei Rhynsburg vorbei kommt endlich dessen kleines Gewässer, drei Stunden von Leyden, nach Katwyk op Rhyn, wo derselbe eine halbe Stunde davon sich noch zu Anfange dieses Jahrh. in den Sand verlor. Sonst hatte der Rhein da einen Ausfluß in die See bei Katwyk op Zee. Nach einigen vergeblichen Versuchen, die alte Mündung wieder zu öffnen, welche durch die entstandenen Dünen verschwunden war, hat man erst seit wenigen Jahren die Schwierigkeiten völlig überwunden, indem man in einem Kanale die in den Sand sich verlierenden Gewässer des Rheins gesammelt hat. Am äußersten Ende desselben befindet sich eine Hauptschleuse, eine zweite inmitten, beim Anfange der Seedünen, eine dritte kleinere beim Ausgang des Kanals aus dem Rhein, und so ist durch Hülfe der Kunst der Ausfluß des Rheins wiederhergestellt worden. Hierbei hatte man den Hauptzweck, die niedrigen Gegenden der Provinz Holland von dem überflüssigen Wasser zu entledigen und dadurch deren Werth zu erhöhen, welcher Zweck auch in hohem Grade erreicht worden ist.

(aus: Allgemeine deutsche Real-Encyklopädie für die gebildeten Stände. Conversations-Lexikon, Band 9, F.A. Brockhaus Verlag, Leipzig 1836)

De Rynstroom

aen Johan Wolphard, Heer te Brederode, Vryheer te Vianen.

Doorluchte Rijn, mijn soete droom,
Van waer sal ick u lof toesingen?
Mijn treckende geboortestroom
Ghy koomt uit Zwitsersche Alpes springen,
Als hoofdaêr der begaefde Euroop.
De Donau, uw afkeerigh broeder,
Nam oostwaert op syn` snellen loop,
Ghy Noordwaert; doen een selve moeder,
Begort van regen, ys en sneeuw,
U baerde voor soo menige eeuw.

Germanjen lagh noch wild begroeit
Van syn Hyrcynsche wilde wouden,
Tot dat het namaels werd besnoeit,
En door de tucht in toom gehouden.
Ten leste dorst ghy, strijdbre Rijn,
Den Tiber op syn feest bestoken;
Die voor u neegh, doen Constantijn,
Van uwen oever opgebroken,
Ging strijcken met den ouden roof
Van Rome en `t Heidensch bygeloof.

Ghy naemt het juck van Christus aen,
Men hoorde uw vrolijcke oevers schatren,
En scheent de heilige Jordaen
Te tarten met gedoopte watren.
Het Christen kruis en viel uw` rugh
Soo swaer niet, als weleer te draegen
Den last van Cesars legerbrugh,
En Drusus, die u dede klaegen
Om vijftigh sloten, swaer van steen,
Gebouwt langs uwe kanten heen.