Quel dommage, monsieur, que nous soyons en Allemagne !

(…) Nous avions quitté les chemins briquetés de Hollande. Le pays était toujours très plat, très vert, mi-polders, mi-champs de cultures, avec, çà et là, de petits villages tranquilles, entourés joliment de bouquets de bois, et des petites maisons basses — fermes et laiteries — aux façades chaulées, aux toits de tuiles, dont le rouge jouait discrètement, sous un ciel gris perle, très profond et très doux.

Ce n’était plus la Hollande et ce n’était pas encore l’Allemagne. C’était un reste de Hollande dans très peu d’Allemagne, quelque chose d’intermédiaire qui donnait au paysage je ne sais quoi de plus gentiment mélancolique, un charme de chose très jeune ou très ancienne — je ne saurais dire — assez émouvant.

Et la route unie, sans une courbe, sans un ressaut, invitait à la vitesse.

Nul obstacle nulle part. Pas un caniveau, pas un dos d’âne : une piste bien entretenue de vélodrome. Scrupuleusement, les voitures que nous dépassions tenaient leur droite, et les charretiers, attentifs à leurs chevaux, nous saluaient au passage, sans servilité, presque en camarades.

Brossette me dit :

— Quel dommage, monsieur, que nous soyons en Allemagne !
— Pourquoi donc, Brossette ?
— Parce que je n’aime point ces gens-là… Et puis, monsieur, parce que voilà une route épatante où nous ferions facilement du quatre-vingt-dix… plus, peut-être…

Et, après un silence :

— C’est curieux !… Monsieur est bien sûr, au moins, que nous sommes en Allemagne ?
— Voyons !… Et la frontière ?… Tout à l’heure ?
Il haussa les épaules.
— Ça ? Une frontière ?… Oh ! là là !… Givet, oui… voilà une frontière… Mais du moment que monsieur est sûr ?

Et il grogna :

— Sale pays, tout de même !

Nous marchions lentement, comme dans une forêt enchantée, une forêt pleine d’embûches, de traquenards, de dangers, une forêt pleine d’ours, de tigres et de lions… Anxieux, nous interrogions l’horizon… Nous fouillions du regard, à droite et à gauche, la campagne, avec la peur de voir tout à coup surgir le casque à pointe du Règlement, avec la terreur de tout ce que devait cacher d’inconnu, de barbare, ce calme insidieux.

Et la 628-E8 était impatiente. On la sentait, toute frémissante d’élans retenus… Elle semblait encapuchonner son capot, comme un ardent étalon, son encolure, sous le mors qu’il mâche et qui le maîtrise. On eût dit vraiment qu’elle tirait sur le volant, comme un cheval sur ses guides… Je vis à l’horloge municipale d’un village qu’il était quatre heures et demie. Nous avions plus de deux cents kilomètres à faire, avant d’atteindre Dusseldorf, où nous eussions bien désiré arriver avant la nuit.

Pourquoi, à ce moment, songeai-je à la guerre de 70 ? Pourquoi justement, au lieu de ses horreurs, me revint à l’esprit cet épisode intime et consolant qu’au retour mon père m’avait conté ?

Il avait dû loger, pendant un mois, un général prussien, son état-major et sa suite. Très discret, d’une éducation parfaite, d’une bonne grâce très délicate, ce général n’avait pris de notre propriété que ce qui était indispensable à lui et à ses services. Il s’efforçait, par tous les moyens, de rendre moins humiliante, moins pénible, cette occupation, et il veillait à ce que rien – autant que cela était possible – ne fût changé des habitudes de la maison. Il se conduisait comme un hôte bien élevé, non comme un conquérant.

Un matin, il se fit annoncer chez mon père :

— Je viens d’apprendre, monsieur, lui dit-il, que vous avez un fils à l’armée de la Loire ?… Est-ce vrai ?
— Oui.
— Avez-vous de ses nouvelles ?
— Je n’en ai plus depuis longtemps déjà.
— Depuis quand, exactement ?
— Depuis Patay… soupira mon père.
— Ah !…

Puis :

— Voulez-vous me permettre de m’informer ?… Moi aussi, monsieur, j’ai des enfants… Je sais… Je sais… Cela ne vous désobligera pas que…
— Je vous en serai reconnaissant, au contraire… J’avoue que j’ai de grandes inquiétudes…

Le général demanda quelques renseignements complémentaires… et, saluant :

— À bientôt, j’espère…

Quelques jours après, il se présentait à nouveau… Il était tout souriant :

— J’ai des nouvelles de monsieur votre fils… Il est au Mans… Il se porte très bien… Je suis heureux d’avoir pu…

Puis :

— Je crois que nous touchons au terme de cette affreuse chose…

Puis encore :

— Voulez-vous me permettre de vous serrer la main ?

J’entendais encore mon père me dire qu’il n’avait jamais été plus touché par la bonté d’un homme, et que, jamais, il n’avait serré une main française avec autant de joie qu’il étreignit cette main allemande… C’est que mon père était, lui aussi, un brave homme… Dieu merci, il n’avait rien d’un héros de théâtre.

Sous l’impression de ce souvenir, je m’exaltai :

— Ma foi ! tant pis… m’écriai-je tout à coup… Arrivera ce qui pourra… Allons-y, Brossette, allons-y !

L’air était frais, la carburation excellente. La bonne C.-G.-V., lâchée, bondit et roula comme une trombe sur la route.

— L’accélérateur, Brossette !… Nous verrons bien…
— Sale pays ! répéta Brossette, en réglant ses gaz et donnant méthodiquement de l’avance à l’allumage.

En quelques minutes, nous fûmes à Emmerich, où nous traversâmes le Rhin, sur un bac à vapeur très puissant ; en quelques autres, à Clèves, dont nous escaladâmes les rues sinueuses et montueuses, à la grande joie des promeneurs – c’était un dimanche, – et sous la conduite d’un petit pâtissier, très fier d’être monté sur le marchepied, et qui nous mit gentiment sur notre chemin, de l’autre côté de la ville.

Ah ! quelle route !

Quelle route que cette route où nous mena le petit pâtissier de Clèves, la plus belle de ces belles routes du Rhin, construites par Napoléon, pour les affreux défilés de la guerre, et où, maintenant, passe ce que l’automobilisme apporte avec lui de civilisation moins rude, de sociabilité universelle et d’avenir pacificateur.

Elle était, cette route, bordée d’une double rangée de magnifiques ormes, avec du printemps très tendre, très jeune, entre leurs branches, une poussière de printemps, à peine rose, à peine verte, à la pointe de leurs branches ; elle était large, étalée, comme notre avenue des Champs-Élysées, douce et unie comme si elle eût été tendue de soie, et toute droite, si droite qu’on n’en voyait pas le bout, sinon, là-bas, tout là-bas, aux confins du ciel, un tout mince ruban jaune, un tout petit trait de pastel jaune que nous ne pouvions jamais atteindre… Et le soleil de cette fin de journée faisait avec les entrelacs de l’ombre, comme un tapis, tel que n’en tissèrent jamais les plus subtils artisans de la Perse.

Sur ce sol merveilleux, la machine, emportée au rythme d’un ronflement léger, régulier, infiniment doux – bruit d’ailes ou souffle de vent lointain – glissait, volait, ainsi qu’un oiseau rapide qui rase la surface immobile d’un lac.

Brossette ne disait plus rien, ne répondait plus à mes questions. Il était grave, regardait la route d’un œil légèrement bridé, et il écoutait chanter la belle chanson des cylindres.

Les champs me frappèrent par leur terre grasse, leur air cossu, leurs belles cultures, l’abondance de leurs troupeaux. Les villages, très propres, les seuils lavés, les fenêtres claires, les portes aux cuivres luisants avaient un aspect d’aisance tranquille. Partout cela sentait le travail, la sécurité, la richesse, je ne dis pas le bonheur, car le bonheur, c’est autre chose. Il ne se voit pas tout de suite aux yeux des hommes, comme le bien-être aux fenêtres des maisons. Il ne se voit qu’à la longue, il ne se voit pas souvent, il ne se voit presque jamais.

Nous prîmes de « la benzine » dans une petite ville dont je n’ai pas retenu le nom, ville de cinq mille habitants, à peu près, rebâtie, presque toute neuve, avec des rues larges, coupées de places ombragées, et des maisons où semblait régner un confort solide. Deux ponts, l’un tout neuf, l’autre très vieux, enjambaient, le premier, d’une seule courbe, le second, de deux arches gothiques, les deux bras d’une rivière, que bordaient de petites industries qu’à leur air actif et coquet l’on pressentait prospères.

Comme dans toute l’Allemagne, les édifices administratifs s’imposaient aux contribuables par leur monumentalité un peu effrayante, d’un goût horrible souvent, d’une opulence orgueilleuse et bien assise, toujours. Je m’étonnais grandement de voir, dans un endroit si peu important, tant de magasins de toute sorte, des boutiques de luxe, des soies drapées, des velours à traîne, des maroquineries étincelantes, des bijoux, des étalages de victuailles enrubannées, des charcuteries architecturales, ornées, comme des églises, un jour de fête. Partout l’abondance, la sensualité, la richesse.

Et je me disais :

— Ces objets ne sont pas là pour le simple plaisir de la montre. Il y a donc, dans ce petit pays, des gens qui les désirent et qui les achètent.

Je me disais encore, non sans mélancolie :

— Comme je suis loin de la France, des petites villes de France, de leurs rues mortes, de leurs maisons lézardées, de leurs boutiques sordides et fanées !… Chez nous, on ne travaille qu’à Paris, dans quelques grands centres, quelques villes du Nord, et dans le Sud-Est… Le reste s’étiole et meurt chaque jour. D’immenses richesses dorment inexploitées, partout. Qui donc, par exemple, songe à arracher aux Pyrénées le secret de leurs métaux ? Qui donc oserait confier des capitaux improductifs à cette jeunesse hardie qui, faute de trouver chez elle l’emploi de son activité et de sa force, est contrainte de s’expatrier et de travailler à l’enrichissement des autres pays ?… Comme je suis loin ici, de ces bons Français, rentiers et gogos, qui se disent toujours la lumière et la conscience du monde, et que je vois perpétuellement assis au seuil de leurs boutiques, devant la porte de leur demeure, abrutis et amers, crevant de leur paresse, s’appauvrissant de leur épargne, passant leurs lourdes journées à s’envier, se diffamer les uns les autres ! Nul effort individuel, nul élan collectif… Quand je reviens dans des régions traversées quelques années auparavant, je les retrouve un peu plus sales, un peu plus vieilles, un peu plus diminuées ; et chacun s’est enfoncé, un peu plus profondément, dans sa routine et dans sa crasse. Ce qui tombe n’est pas relevé. On met des pièces aux maisons, comme les ménagères en mettent aux fonds de culotte de leur homme. On ne crée rien. C’est à peine si on redresse un peu ce qui est par trop gauchi, si on remplace aux toits les ardoises qui manquent, les portes pourries, les fenêtres disloquées… N’ayant rien à faire, rien à imaginer, rien à vendre, rien à acheter, ils économisent… Sur quoi, mon Dieu !… Mais sur leurs besoins, leurs joies, leur dignité humaine, leur instruction, leur santé… Affreuses petites âmes, que ce grand mensonge antisocial, l’épargne, a conduites à l’avarice, qui est, pour un peuple, ce que l’artériosclérose est pour un individu. Ce n’est pas de leur bas de laine que la France a besoin, mais de leurs bras, de leur cerveau, de leur travail et de leur joie… Et ce n’est pas leur faute, après tout… On ne leur a jamais dit : « Vivez ! Travaillez ! » On leur a toujours dit : « Épargnez ! » Ils épargnent…

(aus Octave Mirbeau : La 628-E8, Bibliothèque Charpentier – Fasquelle, 1907)

Die Germania und die Billigbombe

Dimanche 26 juin. Rüdesheim. J’attrape de justesse le bateau, sur l’embarcadère de la Compagnie Köln-Düsseldorf. Je suis le dernier sur la passerelle. Il est 10 heures quand le Deutschland s’éloigne du quai.
Au-dessus de Rüdesheim s’aperçoit, dressée sur les hauteurs couvertes de vignobles, la statue de la Germa­nia du monument du Niederwald. Lothar Baier me racontait que des anarchistes francfortois avaient voulu profiter de son inauguration par Guillaume II, en 1893, pour assassiner l’empereur. Mais « en bons protestants allemands », dixit Lothar, ils avaient acheté pour leur bombe la mèche la moins chère qu’ils aient pu trouver. Or il plut ce jour-là et la mèche ne fonctionna pas. Ils furent arrêtés, condamnés à mort et exécutés. Lothar voyait là une nouvelle preuve par l’absurde de l’incapa­cité des Allemands à réussir une révolution.
La présence de ce monument en ces lieux, parmi les vignobles, loin de Berlin la capitale, est exemplaire de l’extraordinaire dissémination des monuments symboli­ques de l’unité nationale dans ce pays. Le Walhalla de 1842, construit sous Louis Ier de Bavière pour servir « au renforcement et à l’accroissement du sens allemand », se trouve au sud de Regensburg. A Cologne est la cathédrale dont l’achèvement, à partir de 1840, devait annoncer « une grande et puissante Allemagne ». A Mayence, l’érection, en 1837, d’un monument à Gutem-berg symbolisait « la conscience que nous avons une patrie commune, une langue commune, les mêmes lois, les mêmes espoirs et le même but ». A Leipzig se dresse, gigantesque, le monument témoin de la renaissance nationale, celui de la « Bataille des Peuples » contre Napoléon. Le monument symbole de la puissance germanique, celui qui commémore la victoire de Her­mann sur les Romains, se trouve près de Bielefeld, dans la Teutoburger Wald. Dans l’île de Norderney est la pyramide faite des pierres de toutes les villes alleman­des. Et à Berlin, bien sûr, sont quelques monuments « d’intérêt national », mais finalement guère plus qu’ail­leurs.
La Germania est un peu la cousine allemande de Marianne. Mais celle-ci est chrétienne lorsque, dans la mémoire nationale, elle se confond avec Jeanne d’Arc, porteuse de révolte et de liberté quand elle grimpe avec Gavroche sur les barricades. La Germania n’est pas cela, mais une réminiscence de légendes germaniques, une resucée de Walkyrie. Elle est grave et massive, grise et guerrière. Elle sert le prince et non la liberté, et le prince s’en sert pour tuer la liberté. A Rüdesheim, elle est tournée vers l’ouest et provoque la France. Elle monte la garde sur le Rhin.
Il n’y a qu’une société d’Allemands du troisième âge sur le bateau, ils restent vissés à leurs table, étroitement assis, et il m’est impossible de trouver leur compagnie. Les autres touristes sont des Japonais et des Français, deux groupes de chaque, et quelques Américains.
Passé Rüdesheim, le Rhin circule dans les méandres encaissés du massif schisteux rhénan. Son lit parfois est si étroit qu’il a dû être élargi pour les bateaux modernes, comme, après-guerre, à Bingen. A l’approche du rocher de la Lorelei, le bateau s’emplit, via les haut-parleurs, d’un mâle chœur chantant le poème de Heine mis en musique par Sucher. Les touristes se ruent à bâbord et photographient un morceau de la falaise qui les sur­plombe. A son sommet, à 132 mètres, flotte le drapeau allemand : ce bout de rocher est lui aussi monument national.
La légende de la Lorelei n’est que l’une des nombreu­ses légendes que ce fleuve charrie depuis toujours. On trouve de tout sur ces rives et ces îlots, « dans cette vague superbe qui fait bondir la France, dans ce murmure profond qui fait rêver l’Allemagne », comme l’écrit Hugo dans Le Rhin. Sous tous ces burgs dont les silhouettes déchiquetées accompagnent le voyage, se jouent des histoires odysséennes, comme celle, juste­ment, de la Lorelei, cette Circé germanique dont les longs cheveux d’or appellent les marins à fracasser leurs barques à ses pieds ; apparaissent des empereurs de légende, comme Frédéric Barberousse qui, à Pfalz, fait triompher l’amour, deus ex machina, au terme d’une histoire compliquée d’amoureux empêchés ; se mêlent christianisme et paganisme, comme dans la légende du Drachenfels, près de Bonn, où une jeune vierge livrée à un dragon se sauve par sa foi. Les mythes sont souvent effroyables et nocturnes : la parure d’or de la Lorelei ne se voit qu’à la nuit ; dans sa « tour aux souris » de Bingen, le méchant archevêque est bouffé tout vivant par les rats. On songe à ce que, dans De l’Allemagne, Heine dit des « légendes de l’Allemagne, ces tristes enfantements pétris de sang et de nuages, dont les formes sont si grises et si blafardes, et l’aspect si cruel ! ». Pourtant ici, sur ce fleuve, les monstres sont vaincus par la justice et par l’amour, le seul monstre triomphant, finalement, est la belle Lorelei qui tue insolemment.
La force et l’importance du Rhin sont d’abord en lui-même avant que d’être dans les rêveries des hommes. Ce fleuve, plus qu’aucun autre, est fluidité, mobilité, communication, trait d’union. Il fait définitivement échapper le pays qui le borde à cette Bodenständigkeit, cette « fixation au sol » tellement forte ailleurs et dérangeante. Son lit semble boire, autant qu’à l’eau venue des chutes de Schaffhausen, à celle, dorée, qui court en vert déferlement sur ses pentes somptueuses et qui, gavée de soleil et de sucre, rendra, muée en vin, tout le pays aimable. La douceur est vertu du Rhin malgré les sombres légendes et les orgueilleux monu­ments de la puissance de Guillaume, de Ruedesheim et de Coblence, qui paraissent ici ridicules et obscènes. C’est cette douceur aussi qui fait que, de la plus terrible et de la plus froide des légendes, Heine ne retient dans son chant qu’indicible tristesse : « Ich weiss nicht,/ Was soll es bedeuten,/ Dass ich so traurig bin. »

(aus: Patrick Démerin, Voyage en Allemagne (Paris 1989))

Monsieur Crépon auf den Spuren von Victor Hugo (4)

“Und?” Die Spinne war auf beiden Bildern zu sehen und diente dem Fischfang, nahm ich an. Auf dem Manuskript bedeckte tatsächlich eine weiße Form den Baum. “Erkennen Sie was?” drängte Mr. Prason. Tat ich nicht. “Ein L ist das, nichts anderes.” So betrachtet konnte es ebenso gut ein V sein; ein L gab es, auch wenn darüber spekuliert wurde (18), soweit ich wußte, im hieroglyphischen Alphabet nicht. “Ja, ein L”, fuhr Mr. Prason fort, “und für was steht es?” – “Der zwölfte Buchstabe des Alphabets, und der neunte Konsonant.” – “Nicht nur; als römische Zahl steht L für 50.” Ich ahnte, daß es ein passendes Kapitel hierzu geben mußte, und die entsprechende Erklärung, von der ich mir sicher war, daß ich sie umgehend erhalten würde, kam schneller, als mein Gedanke ausgesprochen werden konnte. “Der Titel des Kapitels L des ägyptischen Totenbuchs lautet: Um der Strafe zu entgehen. (19) Das Kapitel beginnt mit: Meines Halses Wirbel / Hab ich im Himmel sowie auf Erden zusammengefügt (20) und endet mit: Wo bin ich jetzt? Vor den Götterordnungen steh ich. Verstehen Sie jetzt?” – “Nicht wirklich.” Mr. Prason blickte mitleidig auf mich herab, während er einen Zettel bekritzelte.

hugo_09 wohnung

“Die Wohnung Hugos, Place des Vosges, wo er Le Rhin niederschrieb und seinen ersten Tod fand.” – “Seinen ersten Tod?” – “Fällt ihnen nun was ein?” Die Grundrißform war leicht zu erkennen. “Wieder L, Anfangsbuchstabe des Vornamens seiner in der Seine verstorbenen Tochter. Le Rhin erschien 1842, sie starb 1843, 1845 kam schon die zweite Auflage, obwohl die Reaktionen auf die erste trotz geschickter Werbung recht negativ ausgefallen waren (21). Warum dieses zweite Auflage?” Für Mr. Prason bestand kein Zweifel: was zusammen gehörte, passte auch zusammen, jedes Element seiner Überlegungen fügte sich perfekt in eine Art Mosaik, dessen Einzelteile wie Glimmer in der Sonne reflektierten und mich erblinden ließen; ganz zu schweigen von den Kanten, die meinen Verstand in dünne durchsichtige Scheiben schnitten. Was davon übrig blieb, rieselte wie Schneeflocken gemächlich zu Boden. Mme Prason legte schließlich eine Visitenkarte auf den Tisch: “Haben wir beim “Ägypter” gefunden. Alles wurde von dieser Dame bestätigt: die Reise, die Zeichnungen. Schauen sie sich die Fotos an.” Letztere hatte ich noch nicht erwähnt. Am Ende des Buchs waren sie eingeklebt. Verwackelte, unscharfe Aufnahmen, die alles bedeuten und beweisen konnten – ebenso gut wie das Gegenteil. So kam ich auf Mme Sénèth.

Es ist schon viel geschrieben worden, liebes rheinsein, doch wissen wir beide, daß ein vollkommenes Bild nur zu schaffen ist, indem alle Faktoren methodisch, ohne Vorurteil betrachtet und sachlich zusammengefaßt werden. Ich klopfte also auch bei dieser Mme Sénèth – und staunte nicht wenig. Statt einer geheimnisvollen Person (ich hatte an Maria Casarès in ihrer Rolle als Mary Tudor gedacht), hieß mich eine hellhaarige Frau im Chanel-Ensemble willkommen. Wo war die Zigeunerin mit Kopftuch und schwerem Schmuck abgeblieben? Wo die Kristallkugel, die Tarotkarten? Wo Kaffeesatz, ausgestopfter Uhu, blanke Schädel? Wo die Brokatgardinen? Der Raum ähnelte einem Verwaltungsbüro mit Leere erzeugender Innenarchitektur. An der Wand hinter ihrem Rücken hing zwar ein Horoskop, das jedoch wie ein Excel-Tabelle aussah. Eine Kristallkugel entdeckte ich ebenfalls. Sie diente als Briefbeschwerer und die einzige Zukunft, die darin abzulesen war, gehörte der Fratze eines grinsenden Alfred Hitchcock. Ich erklärte wer ich war, wer mich schickte und worüber ich sprechen wollte. Mr. Prason hatte in der Tat bei ihr eine spirituelle Rhein-Reise unternommen, bzw. an der Place Royale (22), wo Victor Hugo sein Werk niedergeschrieben hatte. Diese Reise könnte ich auch machen, und sehen. “Jedermann kann das heute”, sagte sie und setzte mir eine Art Nachtsichtgerät auf den Kopf. “Kommen Sie, gehen Sie…”, flüsterte Madame Sénèth. Schon schritt ich über einen Platz, stieß leicht gegen das Gitter, welches ein Reiterstandbild umrundete, ging unter Arkaden bis an ein großes Tor, das ich aufschob. Rechts im Hauseingang befand sich ein kleiner Flur, möbliert mit einer Theke, auf der Broschüren, Prospekte, Bücher, usw. lagen. Am Ende des Flurs eine zweite Theke, eine leere Garderobe zwischen beiden Theken, Postkarten. Wünschte man zwei davon, kostete es zwei Euro, kaufte man zwei, durfte man zehn Stück mitnehmen – reine Magie. Ich kehrte zum Hauseingang zurück, ging an mit Glasmalerei versehenen Fenstern vorüber braungelblich beleuchtete Treppen hinauf, ein Relief, aus welchem Pegasus entflog, besaß stark dreidimensionale Wirkung. Im zweiten Stock angekommen trat ich in eine Wohnung ein und sah nichts als unstabile Konturen von Möbeln, sfumatöse Gemälde, flüchtige Objekte, Skulpturen, erkannte mit orientalischen Motiven bemalte Holzwanddekorationen, Tellersammlungen, einen Tisch mit vier Tintenbehältern. So ging es weiter, bis ich in einen Raum eintrat und eine Stimme hörte : “Hier wurde es geschrieben.” – “Was?” – “Der Fluß.” – “Ist es möglich einen Fluß zu schreiben?” – “Und wie…”. Ob ich nun im nächsten Zimmer oder noch im gleichen mich befand, kann ich heute nicht mehr sagen. Die Dunkelheit hellte ein wenig auf, ich nahm eine Silhouette wahr, welche über einen hochgebauten Tisch gebeugt war und zu schreiben schien. “Wer sind Sie?” fragte ich vorsichtig. – “Der Größte.”

- Muhammad Ali?
- …
- De Gaulle? Sesostris? Goethe? Bonaparte?
- …
- Der Mount Everest?
- Berge sind Götter, nicht bloße Geister!
- Manitu?
- Warum nicht der letzte Mohikaner? Ich helfe dir: die Kaulquappe eines Erzengels bin ich…
- Sag nichts – Voltaire?
- Dieser teuflische Affe? (23) Sie armer Kretin… Ich bin der, der nachkommt und aufgeht, wenn die anderen in namenlose Konstellationen verschwinden. Ich bin der Gesprächspartner der Weißen Dame und die Rutschbahn der Schwarzen Dame. Ich bin das Eins in Vier, ich bin das Wort und die Tat, der Sonnenstrahl und seine Schatten.
- Hunahpú?
- Ich bin der Fluß und seine vier Ufer.
- Vier Ufer? Wie geht das?
- Zwei habe ich, wenn ich dem Ursprung entgegen blicke, zwei Richtung Mündung.
- Hätte ich mir denken können. Aber wer sind Sie tatsächlich?
- Der, der durch die Luft fließt und schäumt, durchs Wasser weht…
Ich spare Ihnen den Rest des Spielchens und komme direkt auf das Ende. Zermürbt von den Wortfällen fragte ich:
- Wer sind Sie wirklich?
- Das große Krokodil.
- Na also. Kennen Sie Mr. Prason?
- Uirjgrj…

Ich drehte mich um und befand mich erneut bei dem Reiterstandbild, welches sich prompt in ein ausdrucksstarkes Grafito verwandelte. (Fortsetzung folgt)

***

(18) V. Loret, La lettre L dans l’alphabet hiéroglyphique. In : Compte rendus des séances de l’Académie des inscriptions et Belles-Lettres (n°2, 1945)
(19) Auf frz.: “Pour ne pas subir le châtiment.” 1853 publizierte Hugo den Gedichtzyklus “Les Châtiments”, welcher mit der Interpretation Mr. Prasons kaum etwas zu tun hat, worauf mich der “Ägypter” später hinwies.
(20) Davon konnte der kopflose Ritter von Reichenstein nur träumen.
(21) L. Veuillot. Etudes sur Victor Hugo, Le Rhin (février 1842).
(22) Die heutige Place des Vosges.
(23) s. V. Hugo, Regard jeté dans une mansarde (Les rayons et les ombres, 1840).

Stromkilometer 814

oder: Vesalia…est hospitalis

Durch das Zugfenster des von Süden
einfahrenden RE 5 zeigt sich
am Weseler Bahnhof
links eine Gruppe Hochhäuser, vierzehnstöckig;
rechts der Gleise der Schriftzug eines Geschäfts „Wohnen und mehr“
und beim Ausstieg ein Warteraum (ungewartet) auf dem Bahnsteig.

Würde man zur Niederrheinhalle wollen,
nähme man den östlichen Ausgang Friedensstraße,
Treppe einerseits und eine barrierefreie
buschgesäumte Serpentine andererseits,
für Fahrräder, Kinderwagen, Rollstühle und Rollatoren,
und bemerkte, einsetzende Dämmerung vorausgesetzt,
Ecke Fusternbergerstraße einen blau erleuchteten
Schriftzug „Dreams“, sich bei näherer Betrachtung
als Dönertraum herausstellend.
Daneben ein bungalowartiges Gebäude mit
Granit, Grableuchten und künstlichem Efeu im Schaufenster:
„Grabsteine & Küchenarbeitsplatten“ kündet ein
grünes Schild auf gelber Fassade, Marmor seit 1882.
Nebenan eine Heißmangel,
eine Trinkhalle mit erleuchtetem Stauder-Schild
und Wein und Wodka im Regal.
Dann ein Musikcafe „Quo Vadis“ und ein Schild
mit lorbeerbekränztem, gleichwohl nachdenklich schauenden Cäsar
in einem dreigeschossigen Backsteinziegelhaus von 1894.
Vis-à-vis der Park & Ride-platz.

Wollte man stadteinwärts (was so ist),
findet sich westlich der Bahngleise der Busbahnhof,
Bussteig 4 Richtung Sonsbeck, Kevelaer, Xanten, Alpen, Geldern, Rheinberg, Moers,
Bussteig 3 Richtung Emmerich, Hünxe, Hamminkeln, Bocholt, Schermbeck, Dorsten,
Bussteig 2 Richtung Voerde, Wittenberg,
Bussteig 1 Richtung Rees sowie innerstädtische Ziele.
Unterhalb der sich auf einer Eisenstange befindenden Bahnhofsuhr
wird geworben: “MPU-Beratung + Suchtberatung“.

Der Panoramablick über den Franz-Etzel-Platz fällt auf die
LBS, eine Tapasbar, den Eingangsbereich zur City, im Hintergrund der Fernsehturm.
Im Vordergrund, unweit des Bahnhofsgebäudes aus den 1950er Jahren
ein gepflegt wirkender Briefkasten, Leerung Mo-Fr 16.00 Uhr, Sa 10.00 Uhr
und ein (mittlerweile seltener anzutreffendes) Wetterschutz-Telekomhäuschen.
Daneben zwei Bänke, Sitzfläche aus Holz in Beton eingefasst –
Vorgeschmack auf viele weitere Sitzgelegenheiten Richtung Willibrordi-Dom.

Zum Durchbrausegeräusch eines langen Güterzugs
gesellt sich das Lachen einer Gruppe junger Damen
mit Primarkpapptüten und McDonaldsbechern.
In einem Beet des Parks bzw. der Vorbahnhofswiese
zwischen winterkahlen Pflanzenästen tatsächlich ein Büschlein Rosmarin.

Unweit eine Gedenkstele für die „Gefangenen und Vermissten“.
Gegenüber eine Metallskulptur (Edgar Gutbub) „Zwei gleich groß“ von 1991,
außen silbern, innen blau,
darin an diesem Dezembernachmittag 2015 die obere Brötchenhälfte
eines Cheese- oder Hamburgers und ein „Stop TTIP“ -Aufkleber,
die Kehrseite der Skulptur innen gelb, aktuell gefüllt mit trockener Laubverwehung.

Das Hotel Kaiserhof eingangs der Wilhelmstraße
beherbergt ein Steakhaus, darüber
vier Stockwerke, erblickbar pro Etage je sieben in sich dreiteilige Fenster
plus Treppenhaus, ca. 1950er / 60er-Jahre.
Schräg gegenüber weist das Scala-Kulturspielhaus
auf seinen Facebook-Auftritt hin.
Flyer für den Poetry Slam „The Lower Rhine“ liegen aus.
Tattoo-Shop, Smartphone-Shop. Gegenüber die Verbraucherzentrale.

Den Blickfang, das Berliner Tor,
- Relikt der alten Stadtbefestigung und
dem preußischen Barock zugerechnet, eines der Wahrzeichen der Stadt -
flankieren Wilhelm-Ecke-Friedrichstraße
südlich die Sparkasse und nördlich Deutsche und Sparda
(städteübergreifendes Phänomen, dass Banken
sich oft in unmittelbarer Nachbarschaft zueinander befinden).
Im gewölbten hinteren Innenraum des Berliner Tors
ein Generator, der die im Advent dem Wahrzeichen vorgelagerte Eisbahn betreibt,
welche von Glühwein- und sonstigen Getränkeständen umgeben ist.

Auf dem Berliner-Tor-Platz die -wohl bronzene- Skulptur eines Esels.
Eine junge Dame, mit Töchterchen an der Hand, befragt,
was der Esel bedeute, sagt sie freundlich, sie sei zwar hier geboren,
wisse es aber nicht: “Der steht schon immer hier.“

Die Hohe Straße ist auch breit.
Als Fußgängerzone konzipiert und realisiert
(durch Bombenangriffe Mitte Februar 1945 waren,
so die offizielle Zahl, 97 % der Innenstadt zerstört gewesen).

Zahlreiche Holzbänke in Betonquader eingelassen und weitere
einladende Sitzgelegenheiten
(Gedankensprung:…gastfreundlich!…Weseler Protestantismus
kein reiner Leistungs-Protestantismus…sympathisch!…).

Interessanter als die Weihnachtsmarkthäuschen und -beleuchtung
sind für die Aufmerksamkeit des Besuchers die
in den Boden eingelassenen grauen Platten mit Städtenamen-Reliefs.
Mit Kuli ins Notizbuch
(und angenehmerweise frei von jedweden Argwohnfragen, was man notiere…
sonst seit der Smartphonisierung, welch Ironie!, eher übliches Phänomen…)
der Reihe nach,

- ab Poppelbaumstraße / Wallstraße:
Weliki, Ustjug, Totma, Wologda, Belozersk,
Twer, Torzhok, Tikhvin, Smolensk, Weliki (doppelt?),
Nowgorod, Vitebsk, Polozk (bei Regen sammelt sich Wasser in den O’s),
Kingissepp, Pskow, Iwangorod, Narva, Tartu,
Viljand, Koknese, Valmiera, Cesis, Straupe, Tallinn,
Limbazi, Pärnu,

- ab Am Blauen Hahn / Heuberg:
Riga, Kaunas, Turku, Kuldiga, Ventspils,
Kaliningrad, Olsztyn, Kraków, Braniewo, Frombork,
Elblag, Gdansk, Torun, Chelmno, Visby,
Strzelce, Opolskie, Lebork, Slupsk, Wroclaw,
Nyköping, Slawno, Darzowo, Kalmar, Koszalin,
Bialogard, Kolobrze (darauf weißes Fahrrad mit Bastkorb),
Stargard, Szczecinski, Goleniów, Slubice,
Frankfurt/Oder, Szczecin, Werben/Elbe, Anklam, Greifswald,
Stralsund, Demmin (leider leider Hundekacke),

- ab Kreuzung Hohe Straße / Tückingstraße:
Skanör-Falsterbo, Brandenburg/Havel, Kyritz, Pritzwalk,
Rostock, Havelberg, Merseburg, Tangermünde,
Hall[darauf Esel einer bekannten Drogeriekette]e/Saale, Stendal,
Perleberg (darauf Esel eines Schuhgeschäfts), Naumburg/Saale,
Osterburg/Altmark, Seehausen, Magdeburg,
Wismar (weißer Esel mit Weihnachtsmütze), Gordelegen,
Quedlinburg (darauf Esel einer Modekette), Salzwedel,
Helmstedt, Lübeck, Uelzen, Braunschweig, Mülhausen/Thüringen,
Goslar, Lüneburg, Duderstadt, Osterode, Kiel,
Bockenem, Hamburg, Hildesheim, Göttigen, Einbeck,
Alfeld/Leine,

- ab Viehtor:
Gronau/Leine, Buxtehude, Uslar, Stade, Höxter,
Hameln, Marienmünster, Brakel, Warburg, Nieheim,
Minden, Lemgo, Korbach, Marsberg, Bremen,
Paderborn, Mei[Notizbuch nicht leserlich],
Herford, Brilon, Geseke, Rüthen, Warstein,
Lippstadt, Melle, Rheda-Wiedenbrück, Schmallenberg, Meschede,
Soest, Arnsberg, Osnabrück, Bad Iburg, Beckum, Warendorf,

- ab Brückstraße:
Sundern, Quakenbrück, Werl, Attendorn, Ahlen,
Balve, Olpe, Hamm,Telgte, Neuenrade,
Drolshagen, Unna, Fürstenau, Kamen, Werne,
Münster, Schwerte, Lün[blauer Riesenrucksack eines Trekking-Ladens],
Haselüne, Dortmund, Breckerfeld, Rheine, Wipperfürth,
Meppen, Hattingen.

Am Leyens-Platz ist das Straßenschild untertitelt:
„Alteingesessene jüdische Kaufmannsfamilie bis 1938
Förderer der Stadt in Krieg und Frieden”.
Inmitten des Platzes eine übermannshohe Holzskulptur;
ein Zusammenhang mit dem Ort ihrer Aufstellung
mehr erahn- und interpretierbar als augenfällig.
Späteres Nachschlagen in der Stadtbroschüre „Wesel entdecken“
verweist auf Victoria Bell, Kölner Künstlerin, und dass
die Plastik eine Schutzhütte nachempfinde und
Vesalia Hospitalis benannt ist.

Dieses Attribut, gastliches Wesel, hatten 1578
Glaubensdissidenten aus dem Flämischen, die vor den Spaniern geflohen waren,
der Stadt ausgestellt – Wesel hatte sich Ostern 1540 durch Stadtratsbeschluss
der Reformation angeschlossen, wobei laut Überlieferung
das Abendmahl in beiderlei Gestalt gefeiert wurde.

In einem nach einem Weidetier benannten
Waffen- und Jagdausrüstungsgeschäft am Leyensplatz
beantwortet eine freundliche ältere Dame
frei von jeder Ungeduld oder Ruppigkeit
(womöglich, da kein Mittelgebirge in der Nähe ist,
die Menschen vielmehr seit Jahrhunderten gemeinsam, solidarisch
und dahingehend folglich konkurrenzfreier
das Wasser von Rhein und Lippe
u.a. durch Deichbau und Hochwasserschutz zu domestizieren hatten)
mit wohlwollend-gelassener Höflichkeit
die an sich naive Frage des Ortsfremden
nach der Bedeutung der Städtenamen in der Fußgängerzone:
„Das sind die Hansestädte. Die besuchen einander ja immer.“
Ein auf dem Rückweg zum Bahnhof entdeckter Hinweis unweit des Berliner Tors
weist das Hanseband von 1407 und den Stand von Juni 2010 aus.

Richtung Westen, dem Willibrordi-Dom zu, lauten die steinernen Einlassungen
- Brückstraße weiter:
Haltern am See, Coesfeld, Solingen, Dorsten, Oldenzaal,
Vreden, Duisburg, Neuss, Wesel, Groningen,
Ommen, Kalkar/Grieth, Emmerich/Rhein, Zutphen,
Deventer, Doesburg, Zwolle, Hasselt, Hattem,
Roermond, Kampen, Elburg, Harderwijk, Bolsward,
Stavoren, Bergen, Brügge, King’s Lynn, La Rochelle,
Aberdeen, Hafnarfjördur, Stykkishólmur.

Kornmarkt und Großer Markt benachbart,
steht auf Zweitgenanntem unweit des
2011 mit Steinfassade in flämischem Stil restaurierten Rathauses
aus dem 15. Jahrhundert
ein Denkmal.
Mit dem Fingernagel an dieses schnippend
ergibt sich eine Klangharmonie zum Kirchturmgeläut.
Das Denkmal erinnert an Konrad Heresbach (1496 – 1576),
einem – die offizielle Geschichtsschreibung wird zutreffen –
auf Ausgleich zwischen den Konfessionen bedachten Humanisten.
Und damit womöglich exemplarisch wie symbolisch für die Gegend.

Wenn da nicht, Stachel in der Historie fast jeder deutschen Stadt,
ein weiteres Denkmal stünde, westlich des Doms, vom 09.11.1988.
Für die jüdische Schule und Synagoge,
“aus Hass zerstört” 09/10.11.1938.

Vis-à-vis des Marienhospitals ist
St. Mariä Himmelfahrt überraschend schlicht eingerichtet,
harmonische Konzession an die überwiegend protestantische Umgebung wohl.
Zur Messezeit kniet ein Mann am Portal,
die Innenseite seiner Baseballkappe bittend ausgestreckt.

Am evangelischen Willibrordi-Dom, Südseite,
benachbart einem Parkhaus in Gestalt eines glasgekachelten Rundbaus (ca.1950er)
eine Gedenktafel
„Dem Diakon dieser Kirche und spaeteren Gruender von New York
Peter Minuit zum Gedaechtnis“
Konrad Duden, Sohn Wesels, würde wohlwollend auf die Orthographie blicken.
Von dem Bedachten ist überliefert,
um 1626 das heutige Manhattan
für 60 Gulden von Indianern gekauft zu haben,
woraus dann Nieuw Amsterdam entstand.

Der Fußgänger betrachtet Wesel von außen
am besten von der Rheinbrücke;
links des Rheins Ruinen der 1945 zerstörten Eisenbahnstrecke von 1874,
während unter seinen Füßen z.B. ein gigantisches niederländisches Schubschiff
mehrere Etagen voll fabrikneuer Automobile stromaufwärts landeinwärts schafft.
Aufs rechte Rheinufer zuflanierend zeigt sich
ein Pegelhäuschen (angestrichen im rot-weißen Wechsel,
was davon unabhängig auch die Farben der Hanse sind)
und die Skyline von Wesel:
die Türme von Willibrordi, St. Mariä, Fernseh- und Wasserturm
stehen – tatsächlich wie symbolisch- im Hintergrund der ufernahen
großen Raiffeisen-Anlage mit Silos, Halle und Turm.

Die Lippemündung überquerend geht es
auf die Zitadelle zu
bzw. die heutigen Relikte der ab den 1680ern errichteten Festung
(ursprünglich in Form eins fünfzackigen Sterns).

Beiderseits der stadteinwärts führenden Schillstraße
Wohngebäude, häufig Doppelhäuser aus rotem Backstein
in der Tradition des niederrheinischen Ziegelhandwerks.

Zur Geschichte Preußens am Niederrhein zählt
die Erschießung der elf Schillschen Offiziere
durch Napoleon unterstellte Soldaten im September 1809,
die in Wesel zu Volkshelden wurden.
Vorausgegangen war ab Frühjahr 1809 ein
vom preußischen Königshaus nur bedingt gedeckter,
auf eigene Faust betriebener Aufstandsversuch des Korps
um den Husarenmajor Ferdinand von Schill
gegen die napoleonische Besatzung
hauptsächlich im Königreich Westfalen
und eine Reiterodyssee durch deutsche Lande.
Das Unternehmen scheiterte mit Schills Tod bei
Straßenkämpfen in Stralsund Ende Mai 1809.
Seine Leiche wurde enthauptet
und der Kopf, in hochprozentigem Alkohol eingelegt,
dem König von Westfalen, Jérome, einem Verwandten Napoleons,
überreicht.
Die Truppen mussten als Gefangene nach Frankreich.
Im Juni 1809 wurden in Braunschweig
aus den westfälischen Staatsangehörigen des Schillschen Korps
14 ausgelost (!)
und stellvertretend als Deserteure hingerichtet.
Elf Offiziere kamen als Gefangene
in die Zitadelle Wesel und wurden am 16. September 1809
nach Urteil durch ein napoleonisches Kriegsgericht
auf den Lippewiesen erschossen.
Ihr Mythos wurde später freilich auch missbraucht,
insbesondere durch die Nazis für ihre Propaganda.
Nur knapp entging deshalb die Schillstraße
nach 1945 zu Zeiten alliierter Verwaltungsaufsicht
einer Umbenennung.
Heute ist die Historie von 1809 museal kanonisiert
und im Gebäude der Zitadelle zu besichtigen.

Architektur ist häufig auch Symbol.
Die Fußgängerzonen, entstanden
im Zuge der Wirtschaftswunderjahre in den 1950er/60er Jahren
sind heute urbane Realität
ebenso wie gewissermaßen Ausdruck eines
Geschichtswogenruhens.

Dankbar in einem tieferen und vielschichtigeren Sinn
darf man daher sein auch für selbstverständlich scheinende
Annehmlichkeiten wie Sitzgelegenheiten.
Neben Bänken z.B. hier sogar
- unweit der Wegkreuzung Am blauen Hahn/Heuberg und Hohe Straße –
Wippen in Form von Wieseln (dem Wappentier)
die zum Verweil einladen.

(GrIngo Lahr mit einem Gastbeitrag zur niederrheinischen Hansestadt Wesel)

Der Rheinländische Hausfreund spricht mit seinen Landsleuten und Lesern, und wünscht ihnen das neue Jahr (1809)

Eigentlich aber ist nicht viel daran zu wünschen, denn es kommt wieder, wie allemal, von selbst den 31. Dezember 1808, nachts um 12 Uhr, wenn lose Vögel neben dem Durlacher Hofwirtshaus zu Karlsruhe Petarden legen, und fast sehr laut sind, die nicht wissen, daß das neue Jahr kommt wie ein Geist, der nicht gern will beschrieen sein, wenn er soll viel Gutes bringen. Andre Leute aber schlafen im Schütze Gottes und merken nicht viel davon, wenn die zwei großen Schildwachen sich ablösen in der Mitternacht und geben einander Parole, die niemand versteht. Dagegen streckt der Rheinländische Hausfreund seinen Lesern ins neue Jahr hinein, das selber kommt, die Hand entgegen, und wünscht gesunden Leib, gut Gewissen und Zufriedenheit, und sagt, daß er dies Jahr seinen Lesern einen Tag abbrechen muß, nämlich den 29. Februar, weil sonst der Zeug für diesen Monat nicht zureicht, oder aber die Tage zu kurz ausfallen könnten, wenn 29 wollten daraus gemacht werden. Dagegen verspricht er, künftig keine fernen Subtraktionsexempel mehr an der Zeit zu statuieren, sondern alle Jahre 365 Tage ungeschmälert zu liefern, und richtig einzuhalten, bis bessere Zeiten kommen, die wieder einen Schalttag ertragen können, und will von Jahr zu Jahr auf allerlei Lehrreiches zu Spaß und Ernst, auch schöne Figuren ferner bedacht sein, untereinander, wie es in der Welt auch zugeht. Einer lacht, der andere weint. Heute Regen, morgen Sonnenschein, und unaufhörlich läutet hie und da die Glocke, dem einen zur Hochzeit, dem andern ins Grab. Und so will der Rheinländische Hausfreund tun zur Erkenntlichkeit, weil er gesehen und große Freude gehabt, daß sein Kalender schon zum erstenmal und fast an allen Orten ist fleißig gelesen worden, und hat hie und da einer gesagt: „Der meint’s nicht schlimm mit uns”, und hat in einer Erzählung etwas wie ein kleines Goldkörnlein gefunden und nicht verschmäht. Denn der Rheinländische Hausfreund geht fleißig am Rheinstrom auf und ab, schaut zu manchem Fenster hinein, man sieht ihn nicht; sitzt in manchem Wirtshaus, und man kennt ihn nicht; geht mit manchem braven Mann einen Sabbaterweg oder zwei, wie es trifft, und läßt nicht merken, daß er’s ist. Zum Exempel, er hat’s wohl mit angehört und ist dabeigestanden, im letzten Herbst, als die Schwäbin, so ohne Beine auf einem Rößlein in der Welt herumreitet, herwärts der Schorenbruck, zwischen Basel und Haltingen an der Straße saß, und prophezeite einer braven Markgraferin, die von Basel kam und bei ihr stand, viel dummes Zeug, was der Komet bedeute. Die Frau hörte zwar aufmerksam zu, was die Hexe sagte, wird aber hoffentlich nichts geglaubt haben. Denn selbiger Wandelstern mit seinem silbernen Haar hatte nichts mehr zu bedeuten, sondern sollte in Berlin und Polen das große Kriegsunglück und die blutigen Schlachten ankündigen, – kam aber zu spät, wie manchmal ein Feuerreiter, wenn das Häuslein schon verbrannt ist. Denn der Kaiser Napoleon ist so schnell in seinen Unternehmungen und macht so kurzen Prozeß, daß selbst ein Komet nicht geschwind genug zur Sache tun kann, wenn er noch zu rechter Zeit will da sein, und ist dem Hausfreund auch so gangen, hat den preußischen Krieg auch erst angekündet, als er schon vorbei war. Doch wäre dies noch zu verschmerzen, wenn er nur nicht beklagen müßte, daß es mit dem andern Krieg, nämlich wo mit Äpfelküchlein geschossen, und kriegsgefangene Kronentaler eingebracht werden, noch nicht recht hat wollen in Gang kommen. Doch wird’s mit Gottes Hülfe und unserm eigenen Fleiß etwa besser werden von Jahr zu Jahr, und hat schon diesmal nicht überall gefehlt, wo viel guter Wein gewachsen ist Anno eintausendachthundertundsieben, und ein schön Stück Geld daraus gelöst worden. Der Rheinländische Hausfreund weiß auch davon zu sagen, und hat je ein Schöpplein gekauft, oder etwas zu Konstanz im Adler, zu Waldshut im Rebstock, zu Lörrach im goldnen Ochsen (hat nichts gekostet), zu Schopfheim im Pflug, zu Utzenfeld in der Mühle, zu Freiburg im Schwert, zu Offenburg in der Fortuna, zu Kehl im Lamm, zu Ulm bei Lichtenau im Adler, zu Rastatt im Kreuz, zu Durmersheim beim Herr Schlick. In dieser Landschaft ist der Vorfahrer des Hausfreunds sozusagen vogelfrei gewesen, und der Rastatter Hinkende Bot hat allein das Privilegium gehabt, den Leuten die Wahrheit zu erzählen, der arme Teufel auf seinem hölzernen Bein. Jetzt sind der Hausfreund und er rechte gute Freunde und halten friedliche Nachbarschaft, hängen in mancher Stube nebeneinander am nämlichen Nagel, und so sie sich auf der Straße begegnen oder in einer Herberge, reden sie miteinander. Aber den Reutlinger, wenn er ihnen zwischen Licht auf einem Feldweg begegnet, grüßen sie nicht sehr, sondern sagen: „Bleib du in deinem Land, wenn man nicht nach dir schickt, und komm nicht selber, sonst druckt man dir einen Stempfel auf das Brusttuch, so 12 Kreuzer kostet.” – So weit geht der Vorbericht, – und nun setzt der Rheinische Hausfreund die Betrachtungen über das Weltgebäude fort, so man aber auch ordentlich lesen muß, wenn man wissen will, was drin steht. Denn der Nürnberger Trichter ist schon vor dem 7jährigen Krieg zerbrochen.

(Johann Peter Hebel)

Swinburne an Hugo

Above the windy walls that rule the Rhine
A noise of eagles’ wings
And wintry war-time rings,
With roar of ravage trampling corn and vine
And storm of wrathful wassail dashed with song,
And under these the watch of wreakless wrong,
With fire of eyes anhungered; and above
These, the light of the stricken eyes of love,
The faint sweet eyes that follow
The wind-outwinging swallow,
And face athirst with young wan yearning mouth
Turned after toward the unseen all-golden south,
Hopeless to see the birds back ere life wane,
Or the leaves born again;
And still the might and music mastering fate
Of life more strong than death and love than hate.

[...]

But sadder always under shadowier skies,
More pale and sad and clear
Waxed always, drawn more near,
The face of Duty lit with Love’s own eyes;
Till the awful hands that culled in rosier hours
From fairy-footed fields of wild old flowers
And sorcerous woods of Rhineland, green and hoary,
Young children’s chaplets of enchanted story,
The great kind hands that showed
Exile its homeward road,
And, as man’s helper made his foeman God,
Of pity and mercy wrought themselves a rod,
And opened for Napoleon’s wandering kin
France, and bade enter in,
And threw for all the doors of refuge wide,
Took to them lightning in the thunder-tide.

(aus Algernon Swinburne: Birthday Ode for the anniversary festival of Victor Hugo, february 26, 1880)

Monsieur Crépon erkundet das Elsaß (5)

abb06Schàrel Grians: Le cours du Rhin / Der Rheinlauf

“(…) Die Idee war, dieses ”Stück” der Muttererde einzudrücken und die damit erzeugten kleinen Gräben mit Rheinwasser zu füllen. Doch billig war das nicht zu bekommen. Also überlegte Grians sich etwas anderes. Zunächst dachte er daran, den Rheinlauf aus einem Brett herauszuschneiden, doch versagte seine Stichsäge, gefolgt von seiner Geduld, als er sich wohl oder übel mit Hammer und Beitel ans Holz machte. Zuguterletzt sah er keine andere Lösung, als seine Zeichnung neu zu skalieren und mit einer Gartenschaufel in den Boden zu graben. Als seine Frau spitz bekam, daß Schàrel mit seiner Kreativität den Garten zu verstümmeln drohte, widersetzte sie sich vehement – der Garten war ihr Gebiet.

Der Garten! Eine größtenteils mit Unkraut bedeckte Ödnis, den sie von ihrem Ur-Großvater (ja, der, der so angeekelt war von diesem Stück undankbarer Erde, daß er sich als Goldwäscher in der Gegend versuchte, und die paar Francs die er damit verdiente, versoff wie ein ungläubiger Bürgermeister (9)), geerbte hatte, und der höchstens ungenießbare Kartoffeln ausspuckte… Ein Vorwurf, den Madame Grians schlagartig konterte: ihre Ahnen hätten wenigstens den Rhein gesichtet, anders als die seinen (10), die nie über die Tränke ihrer Kühe hinausgeschaut hätten…

Er: Und wer schoß im Sumpf wie’n wilder Bischof Biber, Otter und Schwäne (11), um sie auf dem Markt als Stallkaninchen oder Huhn zu verkaufen, wenn nicht dein Großvater?
Sie: Und wer denunzierte Maillet? Wie ist Maier im Knast gelandet? (12)
Er: Und wer behauptete, den Platz zu kennen, an dem der duc d’Enghien (13) am Rheinufer gesessen hatte, schmerzerfüllt in Tränen ausbrach, und nichtsdestotrotz stoisch urinierte? Wer ließ die verblüfften Touristen zahlen, damit sie sich vor zwei vergilbten Binsen verbeugen könnten?
Sie: Und hinter welcher Tapete (14) hat deine Tante ihre Jungfräulichkeit verloren?
Er: Und wer klaute die Steine der Befestigungsanlage (15), nachdem sie abgebrochen worden war?
Sie: Und wer drohte, sich von der Brücke (16) in den Rhein zu stürzen, weil seine Frau es mit dem Gehilfen des Consumgeschäfts (17) und sonst wem trieb?
Er: Und wer machte krumme Geschäfte mit Rohan (18)?
Sie: Und wer warnte 1870 die Preußen (19)?
Er: Und wie viel habt ihr 1938 kassiert, als ihr eure Grundstücke am anderen Ufer freiwillig an Kuhn (20) verkauft habt?

emmaseimerLes seaux d’Emmele / Emmeles Eimer

Danach kam nichts mehr. Diese Beleidigung war wirklich nicht zu überbieten. Einen Augenblick fürchtete ich, daß beide aufeinander losgehen würden, um sich gegenseitig zu erwürgen. Doch stattdessen brachen sie in Gelächter aus, und Grians erzählte ruhig weiter. Er hatte Emmele versprochen, das benötigte Wasser mit einigen ihrer ”Eimerchen“ zu schöpfen; davon geschmeichelt hatte sie ihre Zustimmung erteilt. (…)” (Fortsetzung folgt)

(9) “Werde ich angeklagt dass ich am Palmsonntag sie grob bengell und knoepff gescholten ; antworte ich, nit der gestalt, sondern faule geselle, habe ich sie geheisssen, weillen der burgermeister und andre auss dem rath auff den heiligen ostersambstag bitz umb 11 uhren in der nacht gesoffen.” (Der streitbare Pfarrer Nicolas Puetz im Jahre 1625 nach: Rodolphe Reuss, L’Alsace au dix-septième siècle : au point de vue géographique, historique, administratif, économique, social, intellectuel et religieux, Tome 2 (Paris, 1897-1898))
(10) “Le Rhin est certes une frontière naturelle, le plus incontestablement. Mais il ne l’est pas plus qu’aucun autre obstacle naturel. Un obstacle est une frontière ou non suivant le degré de mobilité humaine. Une limite toute de convention est au contraire une très bonne frontière, si le consentement mutuel, qui l’admet comme tel est sincère. Le Rhin n’a pas, dans la plaine rhénane, la figure linéaire impérieuse, qu’on lui voit sur les cartes à petites échelles. Il s’y cache sous des taillis. En Alsace, on ne le voit presque jamais. Rhinau doit peut-être son nom à une interruption forfuite des taillis, qui laisse entrevoir le fleuve ordinairement dissimulé. Nous avons rencontré de vieux Alsaciens demeurés en Alsace, qui n’avaient jamais vu le Rhin…” (Jean M. Tourneur-Aumont, L’Alsace et l’Alemanie : origine et place de la tradition germanique dans la civilisation alsacienne : études de géographie historique (Nancy-Paris-Strasbourg, 1919))
(11) ”Du temps d’Ichtersheim, qui écrivait en 1710, les grandes îles boisées du Rhin entre Rhinau et Strasbourg contenaient encore beaucoup de castors ; l’évêque et ses chanoines prenaient plaisir à les chasser en même temps que les loutres, les bêtes noires, les cygnes sauvages et les oiseaux aquatiques.” (Charles Gérard, Essai d’une faune historique des mammifères sauvages de l’Alsace (Colmar, 1871))
(12) ”Bulletin de l’étranger (Dépêches Havas et renseignement particuliers) Alsace-Lorraine. „Le tribunal de Strasbourg a, dans son audience du 23 mars, condamné à deux mois de prison Georges Maillet, jardinier à Rhinau, qui avait tenu publiquement des propos offensants à l’adresse de l’empereur d’Allemagne. Joseph Maier, originaire de Wurtemberg cordonnier à Strasbourg, a été condamné à trois mois de prison pour avoir commis le même délit.” (Le Temps 29 mars 1889)
(13) “Embarqué pour Rhisnau. Débarqué et marché à pied jusqu’à Pfortsheim.” (dans : François-René de Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, 1849-1850) – von einem längeren Aufenthalt in Rhinau ist also nicht die Rede, geschweige denn von melodramatischem Tränenvergießen!
(14) Madame Grians kennt ihre Klassiker, wenngleich ihre Interpretation des goetheschen Entzückens vor den Tapeten, welche dereinst den Pavillon Marie-Antoinettes auf einer Insel bei Rhinau dekorierten, als sehr eigen bezeichnet werden darf
(15) ”(1421, Zug vor Rheinau.) – Danach zogen die von Strassburg vor Rheinau, und schossen die mauer zum sturm, dass ihrer wohl 40 hinein konnten. Den andern abend wollten sie stürmen, hielten aber keine rechte ordnung ; es wurden viel erschlagen, und ein Wormser im graben gefangen. Den andern tag zogen sie unverrichtet wieder heim.“ (Daniel Specklin)
(16) Frau Grians übertreibt wohl, wo sie von “stürzen” spricht, siehe Abbildung:
abb07(17) Bis zum Ersten Weltkrieg existierten in Rhinau mindestens zwei Consumgeschäfte: Flecher und Röttelé. Welches hier gemeint ist, bleibt unklar.
(18) „Au général Clarke, L’hospice civile de Rhinau, département du Bas-Rhin, possède, citoyen général, en propriété sur la rive droite du Rhin, ban de Rouenweyer, au cercle de Souabe, 83 arpens et 3/4 de terres labourables, et 4 arpens de prairie, outre une redevance annuelle et foncière de quarante-huit réseaux de seigle, due par la commune de Rouenweyer. Le cardinal de Rohan s’est emparé, depuis la guerre, de la jouissance destites terres et rentes : il s’en prétend même propriétaire. Il est essentiel que l’hospice civil de Rhinau rentre dans ses biens, et même qu’il soit indemnisé de la perte qu’il a soufferte depuis que le cardinal de Rohan s’en est emparé. Il importe que ces articles ne soient point oubliés dans le traité de paix à intervenir avec l’Empire. Je les recommande, citoyen général, à votre intention. Ch. Mau. Talleyrand” (Dans : Correspondance inédite, officielle et confidentielle de Napoléon Bonaparte avec les cours étrangères, les princes, les ministres et les généraux français et étrangers, en Italie, en Allemagne et en Egypte. Tome VII (Paris, 1820))
(19) “Le même jour [18 août], le maire de Rhinau recevait l’ordre de rétablir l’ancien bac. Ce magistrat, aussitôt dénoncé au commandant supérieur de Neuf-Brisach pour s’être concerté avec le bourgmestre badois de Kappel, vint se justifier auprès du sous-préfet de Schlestadt qui le retint quelques jours [Il était impossible de rendre ce magistrat responsable d’une situation qui était le fait des circonstances plus que de sa faiblesse]. Pendant sa détention, le bac était rétabli, sans résistance de la part des habitants ; placé sous la garde d’un faible poste prussien, il recommença à fonctionner le 25. (…)” (La Guerre de 1870-71 (Paris, 1901-1914) Vol. 30 : Organisation et opérations des forces de seconde ligne dans l’Est avant le 4 septembre 1870 (1908))
(20) ”En dépit des traités. Le Reich exproprie des terrains appartenant à la commune de Rhinau (Bas-Rhin) pour édifier des fortifications. Strasbourg, 5 juillet. – Demain à midi, se tiendra à la mairie de Kappel (Pays de Bade), une séance au cours de laquelle le conseiller d’intendance Kuhn, de Berlin, prendra les premières mesures devant aboutir à l’expropriation de la commune française de Rhinau (Bas-Rhin). Depuis un siècle, cette commune possède un millier d’hectares sur la rive droite du Rhin. La possession de ces terrains communaux était garantie par le traité de paix et un accord spécial du 14 août 1925. Le conseiller d’intendance Kuhn a avisé le maire de Rhinau que l’expropriation va se faire à la requête du fisc militaire allemand, afin d’y édifier des fortifications. Le maire français, invité à se rendre à Kappel, a décliné l’invitation. L’Allemagne considère l’accord d’août 1925 comme nul et non avenu. Elle le dénonce, elle le suprime purement et simplement, en se réclamant d’une loi du 29 mars 1935 concernant l‘”acquisition de terrains dans un but de défense nationale.” (L’Echo d’Alger : le 6 juillet 1938 (N°10196))

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Dernières lettres inédites de Napoléon 1er. Tome 1. Collationnées sur les textes et publiées par Léonce de Brotonne (Paris, 1903)

Graubünden

Man denke sich ein Ländchen aus durcheinanderlaufenden Gebirgsketten und beinahe dreihundert Gletschern, wie ein Netz gestrickt, in dessen Maschen die Einwohner ärmlich, aber zufrieden, meistens vom Ertrage ihrer Heerden, oder des sehr wenigen Landbaues leben. Dies ist Graubünden. Die geringe Bevölkerung, nicht nur in allen Richtungen durch himmelhohe Bergzüge, durch dreierlei Sprachen, und zweierlei Religionsbekenntnisse in sich geschieden, war es auch noch durch die vielfache politische Gestaltung. Das Ganze bildete nicht weniger, als eine Masse von fast dreißig kleinen, ziemlich selbstherrlichen Republiken, dort Hochgerichte genannt, mit besonderen Verfassungen, Gesetzen und Rechten. Diese Schaar von Freistaaten hing theilweise durch drei unter sich abgesonderte, und zu verschiedenen Zeiten entstandene Bünde zusammen, deren jeder wieder sein eigenes Bundeshaupt und seine eigene Bundesversammlung hatte. Die drei Bünde aber waren durch Verträge wieder mit einander in einen allgemeinen Bund zusammen geflochten, und stellten gegen das Ausland einen Gesammtstaat dar, dessen gemeinschaftliche Angelegenheiten durch Abgeordnete an einem gemeinsamen Bundestage berathen wurden. Die vollziehende Gewalt stand den drei Bundeshäuptern zu. Doch weder der Bundestag, noch die Regierung erfreute sich großer Machtvollkommenheit; denn ihre Anordnungen waren wieder der Genehmigung sämmtlicher einzelnen Republiken unterworfen. Die Mehrheit von den Stimmen derselben entschied dann; doch auch das Stimmrecht der Republiken war unter sich wieder sehr ungleich.
Nichts ist natürlicher, als daß bei solcher verworrenen Staatseinrichtung ewige Verwirrungen, Umtriebe des Eigennutzes und Ehrgeizes, politische und kirchliche Entzweiungen, zuweilen sogar bewaffnete Aufstände und Bürgerkriege, von denen die Weltgeschichte freilich wenig Notiz nahm, zu Hause waren.
Der souveraine Landesfürst, das Volk nämlich, hatte aber das gewöhnliche Loos der Landesfürsten. Es wurde von Rathgebern und Günstlingen geschmeichelt; unwissend erhalten; nach deren Privatinteressen geleitet, und nicht selten betrogen. Trieben es die Herren manchmal zu arg, so warf der aufbrausende Selbstherr Alles über den Haufen, das Gute, wie das Schlechte. Weil aber bei solchen Anfällen von böser Laune Niemand größeren Schaden litt, als der Landesherr selbst, so legte sich sein Zorn bald wieder.
In einem Staate, so arm und klein, wie dies Gebirgsland, wo, was auch wohl in großen Staaten der Fall sein mag, politische Grundsätze und Meinungen gewöhnlich von den ökonomischen Vortheilen ihrer Bekenner abhängig waren, konnte es nie an Faktionen fehlen. Lange Zeit spielte das, durch viele Thäler verzweigte Geschlecht der Herren von Salis die Hauptrolle unter den Magnaten. An ihrer Spitze stand zuletzt ein Mann von großer Geschäftsgewandtheit und Thätigkeit, Ulysses von Salis-Marschlins. Er fand es lange Zeit mit seinem Patriotismus verträglich, als Geschäftsträger des französischen Hofes, mit dem Ministertitel geschmückt, die Interessen einer fremden Macht im eigenen Vaterlande zu vertreten. Sobald er jedoch, durch den Untergang Ludwig’s XVI., seine einflußreiche Stellung, und sobald seine zahlreiche Verwandtschaft, oder Partei, ihre beträchtlichen Einkünfte von Kriegsdiensten und aus Jahrgeldern verloren hatte, verwandelte er und sein Anhang sich in Frankreichs Todfeinde und wendeten sich dem Erzhause Oesterreich zu, in der Hoffnung, durch dienstbeflissene Hingebung an dessen Interessen, neue Stützen ihres wankenden Ansehens zu gewinnen.
Ihrer altgewohnten Hoheit und Machtherrlichkeit war in der That schon früher mancherlei Abbruch geschehen. Die Gegenpartei in den Thälern des Hochlandes, reich an talentvollen und scharfsichtigen Männern, unter denen die der Familie Tscharner, Planta, Bavier, selbst einzelne Glieder des Hauses Salis, hervorragten, ermüdete nicht, die größten, wie die kleinsten Staatssünden, Verfassungsverletzungen und Bestechungskünste der Oligarchie aufzuspüren und zu enthüllen. Sie setzte dem aristokratischen Stolze derselben, starrsinnigen demokratischen Trotz entgegen, und hatte sogar schon die Pacht der Landeszölle, welche das Haus Salis, seit einem halben Jahrhundert und länger, um 16,000 Gulden unangefochten zu seiner Selbstbereicherung besessen hatte, auf 60,000 emporgetrieben.
Dies und vieles Andere schwellte täglich mehr beider Parteien Zorn oder Rachsucht. Beide wetteiferten darin, sich beim vielhäuptigen Landesherrn gegenseitig zu verdächtigen, und ihn zum Verderben der andern aufzureizen. Man sieht, es geht in Republiken ungefähr eben so zu, wie in Monarchien. Als aber der Mißwachs des Jahres 1793, und die beschränkte Einfuhr schwäbischen Getreides dazu kam; als jene völkerrechtswidrige Gefangennehmung der französischen Gesandten, Semonville und Maret, auf Bündner Boden, und deren Auslieferung an Oesterreich, durch Anhänger der Partei Salis geschah; erhob sich in den Gemeinden tobender Unwillen. Eine außerordentliche Standesversammlung, ein unparteiisches Gericht, wurde vom Volke zusammenberufen. Ulysses von Salis-Marschlins floh aus dem Lande, sei es aus Furcht vor der Gerechtigkeit, oder aus Besorgniß vor der Ungerechtigkeit seiner Richter. Indessen sowohl er, wie mehrere der thätigsten Männer seiner, oder der sogenannten österreichischen Partei, büßten ihre politischen Sünden mit schweren Geldstrafen. Die siegreichen Gegner, nun französische Partei geheißen, nannten sich selbst Patrioten, sie feierten einen entschiedenen Triumph. Baptista von Tscharner, der Bürgermeister von Chur, stand fortan, als Standespräsident, an deren Spitze.
Doch war der Kampf der Faktionen damit noch keineswegs beendigt. Als wenige Jahre später die empörten, Bünden untergebenen Landestheile, Valtelin, Chiavenna und Bormio, gleiche Rechte und Freiheiten mit dem Herrscherlande forderten; als die Mehrheit der landesherrlichen Räthe und Gemeinden wirklich schon entschieden hatte, jene Gebiete als vierten Bund in den Staatsverband aufzunehmen; und als der zum Schiedsrichter in diesem Handel angerufene Eroberer Italiens, Napoleon Bonaparte, den Tag seines Spruches schon anberaumt hatte; gelang es den Gegnern Frankreichs, die Sendung der Abgeordneten an den französischen Oberfeldherrn, bis nach Ablauf der von ihm bestimmten Frist, zu verzögern. Darauf wurden die unterthänigen Lande mit der cisalpinischen Republik vereinigt.
Der Verlust eines fruchtbaren und schönen Gebietes von 60 Geviertmeilen und mehr als 80,000 Einwohnern, fast aber mehr noch der Verlust des dort gelegenen Privateigenthums vieler Bündnerfamilien und der Verlust des Gewinnes derselben von der Ausbeute der Aemter und Vogteien, empörte das Gebirgsvolk von Neuem gegen die aristokratische Partei. Umsonst versuchte man durch Gesandtschaften zum Rastatter Kongreß, oder nach Paris, das Geschehene ungeschehen zu machen. Man mußte sich damit begnügen, die Urheber des Unglücks vor Gericht zu ziehen, und sie mit Geldbußen, mit Ausschließung von allen Staatsämtern, vom Stimmrecht u. dgl. m. zu bestrafen. Ein freilich schlechter Ersatz für ein großes, nun verlorenes Gebiet, welches seit beinahe dreihundert Jahren rhätisches Eigenthum gewesen war.

(Heinrich Zschokke: Die Rose von Disentis)

Ein Erbe am Rhein

Man sieht wie durch ein Fernrohr, es wird regnen.
Das Dach des Rheinweilener Schlößchens blüht geranienrot im langgestreckten Garten der andern Dächer, darin einzelne Pappeln die Wege anzeigen, die Wege für Mensch und Tier, und zwei lange Reihen von ihnen den Rhein, an dem, bis zum Meere, Gottes Mühlen stehn.
Es war Hochmut der kleinen Rheinweilener Barone, bewußter Hochmut, daß sie dieselben Pappeln, die Napoleon den Rhein entlangpflanzen ließ, hernahmen und neben die Misthaufen ihres Dorfes setzten, als wäre für sie seines strömenden Weges hier ein Ende, als sollte seiner langatmigen Geschichte von ihnen das Schlußwort gesprochen sein. Das Wappen der Reichsfreiherren von Rheinweiler war viel älter als dieser gärtnerische Einfall meines Urgroßvaters, welcher Einfall aber im Wappenspruch selbst seine Rechtfertigung fand, der lautete: “Nicht weiter.” Das gleiche besagte das Gatter im Schild, durch das der Vollmond blickte.
Mein Urgroßvater war Revolutionär aus Vernunft gewesen und wurde infolgedessen ein Anhänger Napoleons. Er setzte sich seinerseits in die Geschichte, indem er den badischen Staat gründen half. Napoleon, der einmal im Schlößchen übernachtete, erhob ihn beim Morgenkaffee in den Grafenstand.
Urgroßvater sah sprachlos zu, wie der Kaiser ein Dutzend Milchwecken schlang und dazu, in einer Minute, die Kaffeekanne leerte. Er fand keine Zeit zu antworten.
“Schade, daß Sie nicht Soldat sind”, sprach der Kaiser, da stand er aber schon unter der Tür. “Vous auriez gagné une bataille et je vous aurais fait prince.”
Am Fuß der Treppe wartete ein Trupp schöner, glänzender, funkelnder Männer, frisch wie Indianer, blitzende Pferde hinter sich, die den Kaiser anwieherten, während ihre Herren salutierten und mit eins alle Kirchenglocken zu beiden Seiten des Stroms das Angelus läuteten, als sei der Herr selber aus der Nacht getreten.
“Ein schöner Tag, Sire”, sagte Ulricus Rheinweiler. “Schöne Pferde”, fügte er hinzu.
Die Rheinstraße durch das Dorf hinunter zog Artillerie, blitzblank Mann, Fuhre und Roß. Sie zog hinter dem Schloßgitter vorbei, hell, breit, unaufhaltsam wie, auf der Rückseite, der Rhein.
“Schöne Kanonen”, schloß Ulricus.
Da wandte sich der Kaiser und reichte ihm zum Abschied die Hand. Sein Blick fiel auf das Wappen über der Tür: “Nec ultra”.
Er sperrte den Mund auf: “Ah!” lächelte er mit dem Gesicht eines italienischen Gassenbuben. “Warum nicht?” fragte er. “Wir leben doch! Heißt nicht leben – fortschreiten?”
Mein Urgroßvater erzählte:
“Ang’schaut hat er mich wie e Rekrut, von obe bis unte und besondersch in der Bruschtweit’…”
Der Kaiser saß im Sattel. Die glänzende, funkelnde Meute von Menschenjägern hinter ihm. Alle Gottseibeiuns im Sattel. Die Generale hinter den Marschällen. Die Adjutanten hinter den Generalen. Die Burschen hinter den Adjutanten. Jetzt trabten Dragoner auf der Straße, ihre Helme vergoldeten hastig das Parkgitter. Ein Offizier sprengte durch das offene Tor davon.
Die Glocken schwiegen, und die Armee stand still.
“Na, sagt er, so rede Sie mit Ihrem Großherzog … Und beim Wegreite guckt er noch mal aufs Wappe… Bis nach Mittag hat’s weiter gemacht uf der Straß, Kavallerie und Infanterie und Schenie, und alles sauber wie am Sonntag morge…”
In der Nacht gab es Lärm. Elsässische Rekruten rückten im Eilmarsch über die Schiffbrücke. Sie sangen:
“Gottvater hat einen Sohn,
Und der heißt Napoleon …”
Das Fenster des Schlafzimmers stand offen. Der volle Mond schien herein.
“Hörsch”, flüsterte Ulricus, und er hob seine Frau hoch und bog ihr Gesicht in den Mondschein:
“Hörsch, Liesel? Hörsch?”
“Gottvater hat einen Sohn,
Und der heißt Napoleon …”
“Eine Schande!” murmelte sie, “Deutsch singen sie … Deutsche! … auf Napoleon.”
Sie verstand nichts von Weltgeschichte. (…)

(René Schickele: Ein Erbe am Rhein. Erster Band: Maria Capponi)

La cathédrale de Cologne

I

O Rhin! ô Nil du Nord! ô fleuve d’Allemagne!
O vieux Rhin, dont le flot baptisa Charlemagne,
Le géant souverain,
Qui, façonnant l’Europe au moule de son rêve,
Se tailla son empire au tranchant de son glaive
Avec son bras d’airain !

Frère de l’autre Nil, avec tes rochers sombres,
Qui sur ton vert miroir entrechoquent leurs ombres,
Pyramides que Dieu te bâtit de sa main,
De tout ce qui fut grand les bords gardent les traces,
Rempart des nations, limite des deux races,
Borne du monde frank et du monde germain!

Tous les peuples, du bruit de leurs clairons sauvages,
Ont, comme une tempête, ébranlé tes rivages
Aux pitons verdoyans ;
Et, depuis deux mille ans, le burin des épées
Grave pour l’avenir toutes ses épopées
Sur tes pics flamboyans.

Le sang de Tolbiac a rougi ton écume,
Où du nom d’Attila l’éclair encore fume.
Sur tes monts de granit Rome brisa son char,
Et tous les conquérans sous qui trembla le monde
Sont venus abreuver leurs coursiers dans ton onde :
Charlemagne, Clovis, Napoléon, César.

Barberousse, endormi comme un aigle en son aire,
Ecoute, en frémissant, dans son lit centenaire
Ton murmure grondant ;
Car l’avenir du monde un jour doit se débattre
Sur tes bords, ô vieux Rhin, artère qui fait battre
Le pouls de l’Occident!

Tes souvenirs féconds font rêver les poëtes,
Tous le passé leur parle en tes roches muettes;
Et le penseur, l’oreille attentive à ta voix,
Dans ton flot large et vert voit des foudres reluire,
Et dans tes profondeurs entend, la nuit, bruire
Quelque chose de grave et de sombre à la fois.

C’est la voix, c’est le bruit des races écoulées,
Des générations par les siècles roulées
Dans ton gouffre obscurci.
C’est la vaste rumeur du crime et de la gloire,
Dont l’écho se prolonge en tes vagues. – L’histoire
Est un grand fleuve aussi. (…)

Das Gedicht von André van Hasselt (1806 – 19874) über den Kölner Dom und den “Nil des Nordens”, eine der seltenen belgischen Rheinhymnen, besteht aus insgesamt vier Abschnitten. Fortsetzung folgt.

Victor Tissot über Düsseldorf, Heinrich Heine und Herrn Kinz (2)

C’est de ces fenêtres que Heine vit la marche des troupes françaises, “cè joyeux peuple de la gloire qui traversa le monde en chantant et en faisant sonner sa musique les visages graves et sereins des grenadiers, les bonnets d’ours, les cocardes tricolores, les baïonnettes étincelantes, les voltigeurs pleins de jovialité et de point d’honneur, et le grand tambour-major tout brodé d’argent, qui savait lancer sa canne à pommeau doré jusqu’au premier étage et ses regards jusqu’au second aux jeunes filles qui l’admiraient, penchées aux fenêtres.”

Le jeune Henri se réjouissait fort d’avoir des soldats à loger à la maison, ce qui ne faisait pas précisément le bonheur de sa mère.

A l’arrivée des Français, il courut à la place du Marche. Là, il lui sembla que l’univers avait été badigeonné à neuf; un nouvel écusson pendait à l’hôtel de ville, les balcons étaient recouverts de draperies de velours brodé; des grenadiers français montaient la garde, messieurs les vieux conseillers avaient revêtu des visages souriants et leur habit des dimanches; ils se regardaient à la française et se disaient “Bonjour!” De toutes les fenêtres regardaient les dames; des bourgeois curieux et des soldats bien luisants couvraient la place et lui, ainsi que d’autres enfants grimpés sur le grand cheval de l’Electeur, regardaient toute cette foule tumultueuse. Le balcon se remplit de messieurs bariolés, de drapeaux, de trompettes, et M. le bourgmestre, dans son habit rouge, lut un discours dans lequel on disait qu’on voulait rendre tous les Allemands heureux. A ces mots, les trompettes sonnèrent, les drapeaux s’agitèrent, les tambours roulèrent et les vivats retentirent de toutes parts. Le petit Heine, lui aussi,cria: “Vivat!” tout en s’accrochant à la perruque du vieil Electeur.

Cette précaution lui était nécessaire, car la tête lui tournait. “Je croyais, dit-il, voir tous ces gens marcher sur la tête, parce que le monde était sens dessus dessous, lorsque le vieil Electeur me dit tout bas : ”Tiens-toi ferme à la vieille perruque.” Et ce ne fut qu’au bruit du canon qui résonnait sur les remparts, que je revins à moi et que je redescendis lentement du cheval électoral.”

De retour à la maison, il dit à sa mère “On veut nous rendre tous heureux, c’est pourquoi il n’y a pas d’école aujourd’hui.”

M. Kinz ne nous fit grâce ni d’un coin, ni d’une fenêtre. Après nous avoir montré la maison donnant sur la rue, il nous conduisit par une sorte de couloir dans un pavillon à droite du jardin : “Voyez ce peuplier, regardez comme il est grand, s’écria-t-il, c’est le père Heine qui l’a planté le jour même de la naissance de son Henri!”

M. Kinz, heureux d’avoir sous la main un admirateur de “son poète”, nous abreuvait de citations, et en nous reconduisant jusqu’à la porte, il se plaignit de la froideur et de l’ingratitude des gens de Dusseldorf, qui avaient toujours montré une grande indifférence pour l’enfant glorieux de leur cité.

La conversation ayant glissé peu à peu sur le terrain politique, M. Kinz nous rappela que Henri Heine avait fait ses études en partie en français au lycée de Dusseldorf, dont les maîtres allemands avaient été congédiés à la suite de l’occupation française. Quand les internes sortaient, ils portaient le chapeau à la Bonaparte et étaient habillés d’une tunique grise avec le collet rouge.

Heine était externe; grâce à cette heureuse circonstance, il se lia avec le tambour Legrand, dont il a raconté la touchante histoire.

“Parbleu, dit-il, que ne dois-je pas au tambour français qui logea si longtemps chez mon père par billets de logement, qui avait la mine d’un diable et qui était bon comme un ange et surtout qui tambourinait si bien. C’était une petite figure mobile avec une noire et terrible moustache, sous laquelle s’avançaient fièrement deux grosses lèvres rouges, tandis que ses yeux de feu tiraillaient de tous côtés.”

“Moi, petit enfant, je tenais à lui comme un grateron, et je l’aidais à rendre ses boutons luisants comme des miroirs, et à blanchir son gilet avec de la craie, car M. Legrand voulait plaire. Et je le suivais au corps de garde, à l’appel, à la parade ce n’était alors que joie et retentissement des armes!…”

Henri Heine était devenu sujet de Napoléon Ier ; plus tard, il s’amusait à appeler Napoléon III “son légitime souverain, qui, n’ayant jamais abdiqué, ne cesse d’être le maître de droit de ses Etats occupés par la Prusse”

Allons, dis-je à M. Kinz, je vois bien que vous autres Rhénans, vous ne serez jamais que des demi-Prussiens!

- Oh ça, c’est vrai, c’est vrai, me répondit le boucher en riant, mais nous sommes Allemands, très bons Allemands, cela suffit. A Dusseldorf, à Cologne, à Bonn, à Heidelberg même, il n’y a pas chez le peuple cette haine brutale du Français, qui rend si pénible et si humiliant le séjour de ceux qui ne parlent pas cette langue à Berlin et dans les autres villes de la Prusse. Les Rhénans ne sont pas passionnés en politique, et ils ne peuvent effacer l’histoire, oublier ce que leur pays était avant l’arrivée des Français.

Il y avait des villes d’empire gouvernées par des patricien rapaces et ignorants, qui pressuraient le peuple et la bourgeoisie; il y avait des villes ecclésiastiques comme Cologne, où les rues étaient encombrées de tas de fumier, où, la nuit, on allait à tâtons, sans éclairage, comme dans une cave, et où des compagnies de mendiants faisaient irruption dans les maisons particulières quand les aumônes avaient été trop parcimonieuses il y avait encore des fiefs de chevalerie exploités par de vrais chevaliers d’industrie. Entre tous ces petits Etats, c’étaient des querelles, des combats continuels. On se rencontrait dans les foires et les marchés, qui dégénéraient en sanglantes bagarres.

A l’arrivée des Français, tout ce monde archéologique s’écroule, et la fête de “l’Union fraternelle avec la nation française” est solennellement célébrée dans toutes les villes du Rhin. Les jeunes gens et les jeunes filles adoptèrent les couleurs tricolores, ces couleurs que la Prusse interdit aujourd’hui de porter aux Français de l’Alsace.

Dusseldorf, surtout, a été agrandi et embelli par les ordres de Napoléon Ier. On voit encore son portrait dans beaucoup de maisons, faisant pendant à celui de Frédéric-le-Grand.

Cela ne veut pas dire cependant qu’en temps de guerre les Rhénans ne se battraient pas moins vigoureusement contre la France que les Prussiens mais, en temps de paix, il est facile ici de vivre en bon accord.”

(aus: Victor Tissot, De Paris à Berlin : mes vacances en Allemagne (1886))

Des Pudels Kern

vernet_le-chienUnd gleich im Anschluß noch das von Dumas erwähnte Gemälde Vernets: Le chien du régiment. Es zeigt den titelgebenden Regimentsbarbet, wie er im Schlachtgeschehen von zwei Kugeln verwundet von seinen Waffenbrüdern notversorgt wird.
Dumas nahm offenbar den Barbet aus Vernets Gemälde zum Vorbild für seinen St. Goarer Regimentspudel. Grund für die Rassenverschiebung mag gewesen sein, daß der Barbet zu Zeiten Dumas` allmählich aus der Mode gekommen und vom äußerlich recht ähnlichen Pudel abgelöst worden war; ob es sich bei Dumas` literarischer Pudelisierung um Nachlässigkeit, Verwechslung oder bewußte Umdeutung handelt: wir werden es wohl nie erfahren.
An St. Goar erinnert auf Vernets Gemälde desweiteren das, bei Dumas von Pistolenkugeln durchlöcherte, Holzfaß, sonst aber wenig: St. Goar fiel 1794 kampflos an die französischen Revolutionstruppen.
Um ihn mit der Aura des Abenteuers zu umgeben, versetzt Dumas (Vernets Gemälde datiert nach Dumas auf 1809, nach anderer Quelle, die uns wahrscheinlich dünkt, auf 1819) seinen St. Goarer Pudel also literarisch-leichtfertig, gleichsam im Schnelldurchlauf, in die napeoleonische Epoche mit ihren Schlachten und dichtet ihm schließlich den Kältetod auf dem Rückzug des napoleonischen Rußlandfeldzugs an.