Jacques Boucher de Perthes am Rheinfall

À peine débarqué à Schaffouse que je me réserve de voir au retour, je prends l’omnibus qui conduit à la chûte du Rhin. La route est très-accidentée et, en raison de la montée, demande une demi-heure. On a une très-belle vue à gauche, et je reconnais la place où je me suis promené avec mes frères en 1815. Depuis quarante-quatre ans, rien n’y est changé ; mais il n’en est pas de même à la chûte : on y a bâti, il y a environ vingt ans, un bel hôtel dont le nom, Schweizerhof, est difficile à prononcer pour un Français. Heureusement que celui du maître, F. Wegenstein, l’est un peu moins. De la maison, placée sur la cime de la montée, on domine le fleuve et le paysage.

En entrant dans le salon, je fus frappé de la magnificence du spectacle : c’est de ce point et de la terrasse qui est devant que la chûte apparaît dans toute sa splendeur. En face est le château de Laufen, nommé aujourd’hui la maison Bleuler, nom du peintre qui l’a acheté et réparé, et qui a obtenu du gouvernement l’autorisation de percevoir un franc sur chaque visiteur étranger, et soixante centimes sur le visiteur suisse. Le nombre de ces voyageurs s’élève annuellement de trente à quarante mille. Le peintre est mort. Sa veuve, devenue propriétaire, est Française et n’a qu’une fille. La dame, à sa perception, a ajouté un magasin de gravures représentant les vues et curiosités du pays, et des ouvrages qui les décrivent.

De la chambre où je suis logé, la vue est presqu’aussi belle que du salon ; mais je me demande si, dans cette chambre, on peut dormir, car, à ses beautés, la chûte joint un vacarme épouvantable ?

Le jardin de l’hôtel, qui s’étend jusqu’au bord du Rhin, n’est pas à cent pas de la cascade ; cependant je veux profiter de ce qui reste de jour pour la voir de plus près encore, et malgré une pluie battante, je descends la côte pour gagner la rive. De là, un bateau me conduit dans le remous du tourbillon où nous nous laissons balancer, recevant à la fois la pluie et les éclaboussures de la chûte.

Guidé par un domestique, j’escalade la rampe qui conduit à la maison Bleuler. Une entrée assez mesquine mène à une petite porte sur laquelle est inscrit le nom de la propriétaire. J’y suis reçu par un homme aux cheveux et aux yeux noirs, de taille moyenne, d’environ trente ans, bien mis et bien fait, mais à la mine des plus rébarbatives, ce qui ne l’empêche pas d’être fort poli : c’est, me dit mon conducteur, l’associé et, croit-on, le gendre futur de la maîtresse du logis.

Arrivé sur la terrasse, je m’y trouve en compagnie d’un cavalier, voyageur comme moi, et d’une femme fort élégante qui paraît être la sienne. De là, l’œil plonge sur la chûte, mais trop rapproché, on en perd les alentours. De ce point, elle me semble moins belle que de l’hôtel et du bateau. Une éclaircie nous apporte les rayons du soleil couchant, et vient égayer la scène un peu sévère.

D’un autre balcon, la vue est plus étendue, et gagne ainsi beaucoup.

Pour arriver au troisième balcon, on traverse un magasin où Mme Bleuler elle-même vous fait offre de ses dessins et de ses livres. Son air est plus riant que celui de son associé.

Nous pénétrons alors dans un pavillon où des verres de couleurs nous montrent la cascade sous divers aspects : nuit, jour, aurore, hiver, etc. Le soleil, qui se révèle encore, aide beaucoup à ces effets bien connus, mais qui plaisent toujours.

Nous descendons ensuite, en traversant le jardin, à un quatrième balcon au moyen duquel la cascade est vue en dessous ; enfin à un cinquième, plus bas encore, où l’on est en quelque sorte sous la cascade même. Le bruit est intolérable, et l’on reçoit pas mal d’eau. Là, on est tout près des trois roches à pic qui partagent le fleuve, et dont l’une semble prête à tomber, ce qui ne peut manquer d’arriver tôt ou tard. La veille, le domestique qui m’accompagne a passé, en se servant d’une échelle, d’une roche à l’autre, aidé par ce même batelier qui venait de me conduire. C’était la première fois qu’on tentait ce passage, opération fort inutile et imprudente. Le grand danger était de placer l’échelle par le poids de laquelle on pouvait être entraîné.

L’éclaircie n’ayant pas duré, nous repassons le Rhin par une pluie battante. Je rentre à l’hôtel passablement mouillé, mais moins que la jeune femme que j’avais rencontrée avec son mari, et dont le parapluie ne pouvait couvrir la crinoline.

Je n’avais, de toute la journée, pris qu’un petit pain ; il était six heures et demi, et je mourais de faim. On m’annonce que la table d’hôte est servie. Bonne nouvelle ! Je m’y rends. Il y a peu de monde. Je me trouve en face d’une Anglaise grande et belle, pompeusement vêtue, buvant du vin du Rhin à l’aide d’une pipette et abondamment.

Un peu plus loin, deux Anglais à figures distinguées se disputaient en français avec un garçon d’hôtel pour ne payer que vingt francs une voiture qui devait, cette nuit même, les conduire à quelques lieues de là, course dont on voulait vingt-cinq francs. Nos gentlemens, avec cette ténacité anglaise qui leur fait tenir à honneur de ne pas revenir sur un mot dit, ne voulurent jamais céder ; ils se remirent à table, et préférèrent rester à l’hôtel en dépensant probablement vingt francs ou plus pour cette prolongation de séjour, et ceci pour ne pas en payer cinq.

Bientôt entre une jeune femme assez petite et coiffée d’un chapeau rond à plume noire. Elle-même était vêtue de noir. Tout était bizarre dans sa toilette d’ailleurs très-fraîche et qui, quoique simple, annonçait la richesse. Mais l’étrangeté de ce costume n’était rien à côté de celle de sa figure : sans être belle, je n’en ai jamais vu de plus mobile et en même temps de plus expressive. Elle avait quelque chose de fascinateur qui attirait et qui effrayait. Ses sourcils noirs et épais, se joignant au-dessus d’yeux plus noirs encore, lui donnaient l’air, quand elle les fronçait, d’une conspiratrice ou d’une magicienne.

Un moment après, entra un jeune homme. Dès que je l’aperçus, je me dis qu’il ne pouvait être que l’amant, le frère ou l’époux de cette femme. Tout était en harmonie dans leurs costumes et leurs figures. Ils se mirent à table en parlant une langue qui m’était inconnue et que j’étais disposé à prendre pour un argot, car elle ne ressemblait à rien. En ce moment paraît un nouveau personnage de très-bonne mine. Celui-ci était un Français, on ne pouvait s’y tromper. Il connaissait la dame et son compagnon, car il les salua en français et lui répondirent de même, mais avec un accent étranger très-prononcé.

Bientôt une discussion s’élève entre ce nouveau venu et les Anglais sur le prince russe Demidoff. Le Français prétendait qu’il était fils d’un esclave ; les Anglais soutenaient le contraire, et le mari de la dame au chapeau était de leur avis. Comme, dans ma jeunesse, j’avais eu occasion de voir le père du prince actuel et que je connaissais aussi le fils dont M. de **, mon parent, avait épousé une sœur, je pris la parole. Les Anglais riaient sous cape en me voyant si bien renseigné, et ce fut un triomphe pour eux, surtout lorsqu’un autre Français, qu’à sa tournure je reconnus pour un militaire, se joignit à moi pour soutenir l’ancienne origine des Demidoff. Cet officier avait connu M. de ** et M. R**, dont il faisait un grand éloge. Il me donna sa carte, je lui présentai la mienne, et la connaissance fut ainsi faite : c’était le colonel de Prebois.

Le dîner était excellent, la conversation des plus animées. La dame noire et son mari étaient grecs de Constantinople. Ils voyageaient en touristes ; ils avaient vu la meilleure société de Paris et de l’Italie qu’ils connaissaient parfaitement. Nous causâmes jusqu’à dix heures et demie, et chacun fut se coucher.

Je passai une mauvaise nuit. Le bruit assourdissant de cette chûte qui tombe sous mes fenêtres, la pluie qui les bat de son côté, le vent qui s’en mêle, forment une cacophonie terrible qui me dit que le sommeil, s’il est possible ici, est au moins assez difficile. Cependant la fatigue l’emporte : par instant, je m’endors, mais ce n’est pas pour longtemps. Bientôt je me réveille en sursaut, croyant que la maison s’écroule et qu’une poutre me tombe sur la tête. Je m’apprêtais à gagner la campagne, quand je me rappelle que je suis dans un lit, à cent pas d’une cascade, et que la poutre n’est autre qu’un édredon trop chaud pour la saison et qui, en m’étouffant, m’a donné le cauchemar.

(Jacques Boucher de Perthes, Voyage à Aix-Savoie, Turin, Milan, retour par la Suisse, en 1859, Jung-Treuttel 1867)

Victor Hugo am Rheinfall in seinem Gehirn

Mon ami, que vous dire ? Je viens de voir cette chose inouïe. Je n’en suis qu’à quelques pas. J’en entends le bruit. Je vous écris sans savoir ce qui tombe de ma pensée. Les idées et les images s’y entassent pêle-mêle, s’y précipitent, s’y heurtent, s’y brisent, et s’en vont en fumée, en écume, en rumeur, en nuée. J’ai en moi comme un bouillonnement immense. Il me semble que j’ai la chute du Rhin dans le cerveau.

J’écris au hasard, comme cela vient. Vous comprendrez si vous pouvez.

On arrive à Laufen. C’est un château du treizième siècle, d’une fort belle masse et d’un fort beau style. Il y a à la porte deux guivres dorées, la gueule ouverte. Elles aboient. On dirait que ce sont elles qui font le bruit mystérieux qu’on entend.

On entre.

On est dans la cour du château. Ce n’est plus un château, c’est une ferme. Poules, oies, dindons, fumier ; charrette dans un coin ; une cuve à chaux. Une porte s’ouvre. La cascade apparaît.

Spectacle merveilleux !
Effroyable tumulte ! Voilà le premier effet. Puis on regarde. La cataracte découpe des golfes qu’emplissent de larges squames blanches. Comme dans les incendies, il y a de petits endroits paisibles au milieu de cette chose pleine d’épouvante ; des bosquets mêlés à l’écume ; de charmants ruisseaux dans les mousses ; des fontaines pour les bergers arcadiens de Poussin, ombragées de petits rameaux doucement agités. ― Et puis ces détails s’évanouissent, et l’impression de l’ensemble vous revient. Tempête éternelle. Neige vivante et furieuse.

Le flot est d’une transparence étrange. Des rochers noirs dessinent des visages sinistres sous l’eau. Ils paraissent toucher la surface et sont à dix pieds de profondeur. Au-dessous des deux principaux vomitoires de la chute, deux grandes gerbes d’écume s’épanouissent sur le fleuve et s’y dispersent en nuages verts. De l’autre côté du Rhin, j’apercevais un groupe de maisonnettes tranquilles, où les ménagères allaient et venaient.

Pendant que j’observais, mon guide me parlait. ― Le lac de Constance a gelé dans l’hiver de 1829 à 1830. Il n’avait pas gelé depuis cent quatre ans. On y passait en voiture. De pauvres gens sont morts de froid à Schaffhouse. ―

Je suis descendu un peu plus bas, vers le gouffre. Le ciel était gris et voilé. La cascade fait un rugissement de tigre. Bruit effrayant, rapidité terrible. Poussière d’eau, tout à la fois fumée et pluie. À travers cette brume on voit la cataracte dans tout son développement. Cinq gros rochers la coupent en cinq nappes d’aspects divers et de grandeurs différentes. On croit voir les cinq piles rongées d’un pont de titans. L’hiver, les glaces font des arches bleues sur ces culées noires.

Le plus rapproché de ces rochers est d’une forme étrange ; il semble voir sortir de l’eau pleine de rage la tête hideuse et impassible d’une idole hindoue, à trompe d’éléphant. Des arbres et des broussailles qui s’entremêlent à son sommet lui font des cheveux hérissés et horribles.

A l’endroit le plus épouvantable de la chute, un grand rocher disparaît et reparaît sous l’écume comme le crâne d’un géant englouti, battu depuis six mille ans de cette douche effroyable.

Le guide continue son monologue. ― La chute du Rhin est à une lieue de Schaffhouse. La masse du fleuve tout entière tombe là d’une hauteur de « septante pieds ». ―

L’âpre sentier qui descend du château de Laufen à l’abîme traverse un jardin. Au moment où je passais, assourdi par la formidable cataracte, un enfant, habitué à faire ménage avec cette merveille du monde, jouait parmi des fleurs et mettait en chantant ses petits doigts dans des gueules-de-loup roses.

Ce sentier a des stations variées, où l’on paie un peu de temps en temps. La pauvre cataracte ne saurait travailler pour rien. Voyez la peine qu’elle se donne. Il faut bien qu’avec toute cette écume qu’elle jette aux arbres, aux rochers, aux fleuves, aux nuages, elle jette aussi un peu quelques gros sous dans la poche de quelqu’un. C’est bien le moins.

Je suis parvenu par ce sentier jusqu’à une façon de balcon branlant pratiqué tout au fond, sur le gouffre et dans le gouffre.

Là, tout vous remue à la fois. On est ébloui, étourdi, bouleversé, terrifié, charmé. On s’appuie à une barrière de bois qui tremble. Des arbres jaunis, ― c’est l’automne, ― des sorbiers rouges entourent un petit pavillon dans le style du café turc, d’où l’on observe l’horreur de la chose. Les femmes se couvrent d’un collet de toile cirée (un franc par personne). On est enveloppé d’une effroyable averse tonnante.

De jolis petits colimaçons jaunes se promènent voluptueusement sous cette rosée sur le bord du balcon. Le rocher qui surplombe au-dessus du balcon pleure goutte à goutte dans la cascade. Sur la roche qui est au milieu de la cataracte, se dresse un chevalier troubadour en bois peint appuyé sur un bouclier rouge à croix blanche. Un homme a dû risquer sa vie pour aller planter ce décor de l’Ambigu au milieu de la grande et éternelle poésie de Jéhovah.

Les deux géants qui redressent la tête, je veux dire les deux plus grands rochers, semblent se parler. Ce tonnerre est leur voix. Au-dessus d’une épouvantable croupe d’écume, on aperçoit une maisonnette paisible avec son petit verger. On dirait que cette affreuse hydre est condamnée à porter éternellement sur son dos cette douce et heureuse cabane.

Je suis allé jusqu’à l’extrémité du balcon ; je me suis adossé au rocher.

L’aspect devient encore plus terrible. C’est un écroulement effrayant. Le gouffre hideux et splendide jette avec rage une pluie de perles au visage de ceux qui osent le regarder de si près. C’est admirable. Les quatre grands gonflements de la cataracte tombent, remontent et redescendent sans cesse. On croit voir tourner devant soi les quatre roues fulgurantes du char de la tempête.

Le pont de bois était inondé. Les planches glissaient. Des feuilles mortes frissonnaient sous mes pieds. Dans une anfractuosité du roc, j’ai remarqué une petite touffe d’herbe desséchée. Desséchée sous la cataracte de Schaffhouse ! Dans ce déluge, une goutte d’eau lui a manqué. Il y a des cœurs qui ressemblent à cette touffe d’herbe. Au milieu du tourbillon des prospérités humaines, ils se dessèchent. Hélas ! C’est qu’il leur a manqué cette goutte d’eau qui ne sort pas de la terre, mais qui tombe du ciel, l’amour !

Dans le pavillon turc, lequel a des vitraux de couleur, et quels vitraux ! Il y a un livre où les visiteurs sont priés d’inscrire leurs noms. Je l’ai feuilleté. J’y ai remarqué cette signature : Henri, avec ce paraphe : (hier im Original die Abbildung eines einfachen verschnörkelten handgezeichneten, vielleicht lateinischen, vielleicht auch griechischen Buchstabens; Anm. rheinsein) Est-ce un V ?

Combien de temps suis-je resté là, abîmé dans ce grand spectacle ? Je ne saurais vous le dire. Pendant cette contemplation, les heures passeraient dans l’esprit comme les ondes dans le gouffre, sans laisser trace ni souvenir.

Cependant on est venu m’avertir que le jour baissait. Je suis remonté au château, et de là je suis descendu sur la grève d’où l’on passe le Rhin pour gagner la rive droite. Cette grève est au bas de la chute, et l’on traverse le fleuve à quelques brasses de la cataracte. On s’aventure pour ce trajet dans un petit batelet charmant, léger, exquis, ajusté comme une pirogue de sauvage, construit d’un bois souple comme de la peau de requin, solide, élastique, fibreux, touchant les rochers à chaque instant et s’y écorchant à peine, manœuvré comme tous les canots du Rhin et de la Meuse, avec un crochet et un aviron en forme de pelle. Rien n’est plus étrange que de sentir dans cette coquille les profondes et orageuses secousses de l’eau.

Pendant que la barque s’éloignait du bord, je regardais au-dessus de ma tête les créneaux couverts de tuiles et les pignons taillés du château qui dominent le précipice. Des filets de pêcheurs séchaient sur les cailloux au bord du fleuve. On pêche donc dans ce tourbillon ? Oui, sans doute. Comme les poissons ne peuvent franchir la cataracte, on prend là beaucoup de saumons. D’ailleurs dans quel tourbillon l’homme ne pêche-t-il pas ?

Maintenant je voudrais résumer toutes ces sensations si vives et presque poignantes. Première impression : on ne sait que dire, on est écrasé comme par tous les grands poèmes. Puis l’ensemble se débrouille. Les beautés se dégagent de la nuée. Somme toute, c’est grand, sombre, terrible, hideux, magnifique, inexprimable.

De l’autre côté du Rhin, cela fait tourner des moulins.

Sur une rive, le château ; sur l’autre, le village, qui s’appelle Neuhausen.

Tout en nous laissant aller au balancement de la barque, j’admirais la superbe couleur de cette eau. On croit nager dans de la serpentine liquide.

Chose remarquable, chacun des deux grands fleuves des Alpes, en quittant les montagnes, a la couleur de la mer où il va. Le Rhône, en débouchant du lac de Genève, est bleu comme la Méditerranée ; le Rhin, en sortant du lac de Constance, est vert comme l’océan.

Malheureusement le ciel était couvert. Je ne puis donc pas dire que j’aie vu la chute de Laufen dans toute sa splendeur. Rien n’est riche et merveilleux comme cette pluie de perles dont je vous ai déjà parlé, et que la cataracte répand au loin ; cela doit être pourtant plus admirable encore lorsque le soleil change ces perles en diamants et que l’arc-en-ciel plonge dans l’écume éblouissante son cou d’émeraude, comme un oiseau divin qui vient boire à l’abîme.

De l’autre bord du Rhin, d’où je vous écris en ce moment, la cataracte apparaît dans son entier, divisée en cinq parties bien distinctes qui ont chacune leur physionomie à part et forment une espèce de crescendo. La première, c’est un dégorgement de moulins ; la seconde, presque symétriquement composée par le travail du flot et du temps, c’est une fontaine de Versailles ; la troisième, c’est une cascade ; la quatrième est une avalanche ; la cinquième est le chaos.

Un dernier mot, et je ferme cette lettre. À quelques pas de la chute, on exploite la roche calcaire, qui est fort belle. Du milieu d’une des carrières qui sont là, un galérien, rayé de gris et de noir, la pioche à la main, la double chaîne au pied, regardait la cataracte. Le hasard semble se complaire parfois à confronter dans des antithèses, tantôt mélancoliques, tantôt effrayantes, l’œuvre de la nature et l’œuvre de la société.

(aus Victor Hugo: Le Rhin, Lettres à un ami, 1842)

Simrock über den Rheinfall

Der Große Laufen

Der Rheinfall bei Schaffhausen hat nicht nur den Namen dieser Stadt in aller Welt berühmt gemacht, sondern er ist es eigentlich, dem sie Entstehung und Blüte verdankt. Dies geschah nicht etwa durch den Besuch der Fremden, welche ein so einzigartiges Naturschauspiel zu betrachten zahlreich herbeieilen – obwohl auch diese nicht ganz unbedeutend dazu beitragen mögen –, sondern durch das natürliche Stapelrecht, das der Rheinfall zugunsten der Stadt, besser, als es ein kaiserliches Privilegium vermöchte, begründet hat. Da kein Schiff, ohne in tausend Stücke zu zertrümmern, den Rheinfall hinab kann, so müssen alle Güter, die aus dem Bodensee usw. hierhergelangen, oberhalb Schaffhausen ausgeladen, auf der Achse durch die Stadt geführt und unterhalb des Wasserfalls wieder an Bord genommen werden. Die großen Schiffe fahren daher nur bis nach Schaffhausen; kleinere, aus leichten Tannendielen – sogenannte Lauertannen – gezimmerte, werden wie ihre Ladung durch die Stadt, am Wasserfall vorbeigetragen und unterhalb desselben wieder auf den Strom gesetzt. Vermutlich lag hierin der Grund der ersten Ansiedlung, aus der Schaffhausen, dessen Name auch von Schiff oder dem lateinischen Scapha abgeleitet wird, hervorging. Dabei könnte aber befremden, daß Schaffhausen eine gute Stunde oberhalb des Wasserfalls liegt; deshalb müssen wir des Umstands gedenken, daß schon vor der Stadt die Schiffahrt durch einen Felsendamm gehemmt wird, der bei niederem Wasserstand sichtbar hervorragt. Er besteht, gleich der Felswand und den Felszacken des Wasserfalls, aus Kalksteinen, was den Zusammenhang beider Steinmassen mit dem hier auslaufenden Juragebirge bestätigt. Die Volkssprache nennt die Felsen des Damms die Lächen.

Bei Schaffhausen hört man den Rheinfall schon toben und brausen. Er befindet sich aber erst bei dem Züricher Schlößchen Laufen, das auf der linken Rheinseite auf einem hohen Felsen liegt. Dieser bildete wohl einst mit dem Steindamm, den hier der Rhein zu durchbrechen hatte, eine fortlaufende Bergwand, von der die Felsblöcke, die sich jetzt mitten im Strom dem Sturz entgegenstemmen, nur Überbleibsel sind.
Die Tiefe der Felswand, die sich der Rhein herabzustürzen hat, beträgt etwa siebzig bis achtzig Fuß. Aber eben da er den Anlauf zum Hinabspringen nimmt, stemmen sich ihm drei (früher fünf) Felsblöcke entgegen, welche aus der Wand emporragen. Einer derselben wird ganz überströmt, die übrigen nur bei dem höchsten Wasserstand. Der überströmte Felsen ist dem Schloß Laufen am nächsten, an dessen Fuß das Gerüst Fischenz, ein hölzerner, balkonartiger Vorbau über dem Abgrund, die vorteilhafteste Stellung gewährt, um den ganzen vollen Eindruck des erhabenen Schauspiels mit einem Mal zu gewinnen.

Schon oberhalb des Sturzes mußte sich der Strom in ein enges Felsenbett zwängen lassen, aus dem zahllose Klippen empor starrten. Darüber schäumend vor Unmut, gelangt er mit starkem Gefälle in die Nähe der Felszacken, wo der Boden schon unter ihm weicht und der Fall, obwohl erst allmählich, beginnt. In gewaltsamer Eile schießt er gegen die Felsblöcke hinab, an denen sein Fall sich bricht, der erst jetzt eigentlich geschehen soll. Beim Anprall gegen die Felsen zerstäubt ein Teil des Wassers und steigt als dichte Nebelwolke in die Höhe, ein anderer bildet siedende, schäumende Gischt, ein dritter wälzt sich in großen Massen über den Felsen und gelangt hinab in den Kessel, wo das Sieden, Schäumen und Strudeln von neuem anhebt. Denkt man sich dies in der größten Geschwindigkeit hintereinander und zugleich nebeneinander, da ein Teil des Wassers schon im Kessel zischt und brandet, wenn der andere erst gegen die Felsen prallt und über sie hinausspritzt; denkt man sich dieses Schauspiel bei jedem der Felsblöcke mit der Abänderung wiederholt, daß nur der erste Felsen überströmt wird, und läßt man dann die Sonne sich entschleiern, um den mannigfaltigsten, herrlichsten Farbenwechsel hervorzubringen, indem sie die vom Wind gekräuselten Säume des Schaums vergoldet, den Wasserspiegel mit Glanz überstrahle und im aufsteigenden, schnell bewegten Dunst den flüchtigen Regenbogen hervorzaubert, dessen Oberes von der Luft hin und her getrieben, vom neu aufwallenden Nebel verwischt und doch gleich wieder neu erzeugt wird, während der Fuß ruhig und unbeweglich in Gischt und Schaum des Kessels steht – faßt man dies alles in eine Vorstellung zusammen, so hat man ein schwaches Bild dessen, was an dem Phänomen sichtbar ist. Auf das Ohr wirkt gleichzeitig das ungeheuere Donnergetöse des Sturzes so gewaltsam, daß man es in stiller Nacht auf zwei Meilen weit hört, in der Nähe aber niemand sein eigenes Wort vernimmt. Auch dem Gefühl macht es sich durch die Lufterschütterung und den Staubregen bemerkbar, der den Zuschauer in kurzer Zeit durchnäßt, wenn er sich dem Anblick zu unbedachtsam hingibt.
Vom Gerüst Fischenz kann man die dem anderen Ufer näher liegenden Fälle nicht deutlich erblicken, deswegen begibt man sich wohl nach einem in der Nähe des Schlosses stehenden Pavillon oder fährt nach dem jenseits liegenden Schlößchen Wörth, das auch das schaffhausische Laufen genannt wird, wo man sich der Mitte des Falls gerade gegenüber befindet, obwohl schon in zu großer Entfernung. Noch ungünstiger ist der Standpunkt bei den Neuhauser Mühlen auf dem rechten Ufer, wo sich alles verkürzt und der kleinere Sturz den größeren verdeckt. Hat man nun noch die Neuhauser Höhe besucht, wo man eine Übersicht der ganzen Gegend gewinnt, so wird man sich wieder hinübergezogen fühlen, um den unvergleichlichen Anblick, der nur auf dem Gerüst Fischenz ganz genossen werden kann, noch einmal zu erleben; es wäre denn, daß man für diesmal auf der Schaffhauser Seite zurückzukehren gedächte, um bei anderer Stimmung oder Beleuchtung, z. B. bei Nacht und Mondenschein, das erhabene Naturschauspiel sich noch einmal aufführen zu lassen.

In einer im Jahre 1797 niedergeschriebenen skizzenhaften Beschreibung des Rheinfalls bemerkt Goethe, das Wunderbarste daran seien ihm die Felsen, welche sich in dessen Mitte so lange hielten, da sie doch vermutlich von derselben Gebirgsart seien wie der klüftige Kalkstein, der die Felsen beider Ufer bilde. Allein seitdem sind in diesem Jahrhundert zwei der fünf Felsen im Strombett zusammengestürzt, welche weder die ersten gewesen sein mögen, noch die letzten bleiben werden. Bedenkt man, daß schon ein Tropfen durch öfteres Niederfallen einen Stein höhlt, wieviel größer muß die Wirkung eines ganzen Stroms in Jahrtausenden sein? Wenden wir dies auf Vergangenheit und Zukunft an, so wird sich dort eine Zeit ergeben, wo die jetzt durchbrochenen Felsen des Strombetts mit jenen der Ufer dem Rhein einen Damm entgegensetzten, den er nicht sogleich bewältigen konnte, wodurch vielleicht die Ausbildung der beiden großen Seehecken begünstigt wurde. Das vorschauende Janusantlitz blickt hingegen auf das gerade Widerspiel, auf ein vollkommen ausgewaschenes, von allem Widerstand gesäubertes Strombett, in dem der Rhein ruhig hinwandelt, leichte Kähne wie die stolzen Dampf- und Segelschiffe auf dem glatten Rücken tragend. Daher ist dem schaulustigen Leser, der den größten Wasserfall Europas noch nicht gesehen hat, allen Ernstes zu raten, den Besuch desselben nicht allzulange hinauszuschieben: nach tausend Jahren fände er vielleicht die Stelle, wo er einst schaute, nicht wieder auf.

Der Rheinfall wird im Munde des Volkes jener Gegend nicht anders als der Laufen, und zwar der Große Laufen, genannt, wenn man ihn von dem Kleinen Laufen, einem zweiten, nicht so bedeutenden Fall des Rheins, der sich weiter unten bei Laufenburg befindet, unterscheiden will. Die beiden Laufen genannten Schlößchen und jenes Laufenburg führen ihren Namen ohne Zweifel erst von den entsprechenden Wasserfällen, wie auch das leberbergische Städtchen Lauffen von dem schönen Fall der Birs benannt ist. Gewöhnlich findet man die umgekehrte Angabe; selbst Glutz-Blotzheim sagt, zuweilen trage der Rheinfall den Namen des Schlosses. Ob der Name Laufen deutsch oder keltisch sei, ist schwer zu sagen; mit dem deutschen Zeitwort »laufen« hat er aber wohl nichts zu schaffen. Eher möchte man einen Zusammenhang mit Lawine vermuten, da das althochdeutsche louuin, von dem dieses Wort abgeleitet wird, einen Gießbach bedeutet.

Schaffhausen selbst ist als Geburtsstadt Johannes von Müllers berühmt. In seinem Münster hängt die große, 1486 gegossene Glocke, welche die aus Schillers Gedicht berühmte Umschrift führt: »Vivos voco, mortuos plango, fulgura frango.« Was der sogenannte große Gott von Schaffhausen, der nach dem rheinischen Antiquarius 22 Fuß lang war, eigentlich für ein Heiliger gewesen ist, wird vielleicht noch auszumitteln sein. Der gleich benannte Schweizer Kanton, der einzige, der nach Graubünden noch auf der rechten Rheinseite liegt, bildet gleichsam den Brückenkopf zwischen Deutschland und der Schweiz. Um so weniger dürfen wir die merkwürdige Brücke vergessen, welche ehemals die Stadt mit dem jenseits liegenden Züricher Flecken Feuerthalen verband. Diese Brücke, meldet Eichhof, war zwar nur aus Holz, aber ein Meisterstück in ihrer Art, ein Hängewerk, das, außer an den Ufern, nur auf einem einzigen Pfeiler ruhte oder vielmehr auch auf diesem nicht einmal ruhte, wenigstens ist darüber gestritten worden. Man behauptet nämlich, des Künstlers Plan wäre gewesen, nur einen einzigen Bogen über den Fluß zu legen; da er aber von der Stadtobrigkeit angewiesen worden war, sich jenes von einer ehemaligen steinernen Brücke noch vorhandenen Pfeilers zu bedienen, so hätte er zum Schein dem Befehl sich gefügt, aber seine Baueinrichtungen auf eine Art gemacht, daß in der Tat gleichwohl kein Teil durch denselben getragen worden sei. Dieser Künstler war nur ein gewöhnlicher Zimmermann von Tuffen im Kanton Appenzell, Hans Ulrich Grubenmann mit Namen, und man muß gestehen, daß in dieser Hinsicht, auch angenommen, daß durch den gedachten Pfeiler wirklich zwei Bogen entstanden wären, die Brücke dennoch Bewunderung verdient hätte, denn immerhin wären, da diese in ihrer Ausdehnung 364 englische Fuß betrug, auf die Öffnungen der beiden Bögen folgende Maße gekommen: auf die des größten 193 und auf die des kleinsten 171 Fuß. Ein einzelner Fußgänger, der über dieselbe hinschritt, fühlte das Gerippe unter seinen Füßen zittern, und dennoch trug sie schwerbeladene Lastwagen wie jede andere. Ihr Bau, der von 1754 an in drei Jahren vollendet wurde, hatte über 60 000 Reichstaler gekostet; ein einziger Tag vernichtete sie, da sie in dem Krieg zwischen Österreich und Frankreich zu Anfang dieses Jahrhunderts bei einem Rückzug der Franzosen in Brand gesteckt wurde.

Die mündliche Sage behauptet, die alten Alemannen hätten am Rheinfall Pferdeopfer dargebracht. Wem könnten diese gegolten haben als dem Stromgott, der sich hier gewaltiger als irgendwo zeigt? Auch ein Volkslied, das am ganzen Rhein, von den Quellen bis zur Mündung, gesungen wird, spielt in dieser Gegend. Einzelne Strophen desselben haben sich nur in niederländischen Mundarten erhalten. Erfreut, die Einförmigkeit des prosaischen Vortrags mit diesem schönen Lied unterbrechen zu können, teilen wir es hier so vollständig mit, wie es sonst nirgends gefunden wird.

(aus Karl Simrock: Der Rhein – das darin enthaltene Lied vom Zimmergesell sparen wir an dieser Stelle aus.)

Eine ungewollte Schilderung des Rheinfalls

Den Rheinfall darf ich nicht unberürt lassen, wenn ich gleich nicht versucht bin, ihn schildern zu wollen. Die entschidene Unmöglichkeit, dieses erste Schaustük der Vorderalpen durch Farben oder Griffel in ein Gemälde überzutragen, entfernt auch alle Hofnung, seinen Eindruk auf empfängliche Beobachter in einer Beschreibung mizutheilen. Die Würdigung der Ansehnlichkeit der Scene hängt überdas so sehr von der Stimmung des Zuschauers ab, daß ich dieser wol eben so vielen Einflus auf die Verschidenheit der Urtheile von der Höhe des Rheinfalls zuschreibe, als der veränderlichen Höhe des Stroms zu verschidenen Jahrszeiten, und der allmälichen Ernidrigung seines Betts, die doch unter dem Fall ohne Zweifel stärker fortschreiten mus, als über ihm. Solche äusere und innere Schwierigkeiten sind wol allen, die diese unerreichbare Erscheinung zu erwänen hatten, allzufülbar geworden, als daß wir eine Darstellung davon hätten erhalten können. Aus gleichen Gründen schränke ich mich auf eine kunstlose Erzälung meiner Umschreitung des Schauplazes ein, und folge der Reihe seiner einzelnen Auftritte, wie sie zu einer Zeit, da der Strom gros war, mir in die Augen fielen.

Jenseits des Rheins, kaum eine Stunde von Schafhausen, ligt das Dorf Lauffen im Züricher Gebiete. Der Weg dahin geht über die Rheinbrüke, und schlingt sich dann an Weinhügeln in die Höhe. Aus einem an der glüklichsten Stelle angebrachten Gartenhaus des Landvogts überschaut man die reizende Gegend: Schafhausen zeigt sich auf seiner vortheilhaftesten Seite am Fus einer Reihe fruchtbarer Berge, zwischen welchen und den gegenüberstehenden ein längliches Thal gefast ist; Dieses durchwandelt der gröste der Ströme Helvetiens, eine ansehnliche Streke lang, stät und ruhig, in stiller Grösse. So fliest er der Stadt zu und bringt schon zimlich beträchtliche Schiffe bis zur Gegend der Brüke. Dort fängt sein Bett an, ungleich zu werden, und mehr und mehr anwachsende Klippen machen ihn reisend und unsicher. Bald darauf wendet er sich zur linken, und immer klippenreicher wälzt er sich nun mit krausen Wellen herbei, deren reines Weis mit dem heiteren Wassergrün seiner ebneren Flächen aufs lieblichste absticht. Einige kleine Wasserfälle, die über nidrige, stufenweise übereinander ligende Felsstüke herbagleiten, machen gleichsam das Vorspiel der erhabnen Scene, die der Fall des ganzen Stroms hervorbringt, der nun, durch Verengung seines Betts geschwellt, und von einem steilen Absturz plözlich abgeschnitten, seine ungeheure Wassermasse zwischen einigen im Weg stehenden Felsspizen wütend hinabreist.

Diesen grosen Auftrit, so viel möglich, nahe zu kommen, steigt man über den Felsen, auf welchem das Schlos steht, zu einem hölzenen Gerüste hinab, das die Fische; genennt wird; Man hat da den Rand des Abschusses, der das Bett des Stroms abschneidet, über sich, unter sich den Abgrund, dem er entgegenstürzt, und blos das von seinem Fall erschütterte Gerüste zur Scheidewand; Der Standort könnte nicht gelegener gewält werden, den vollen Nachdruk der so ganz unmittelbar in ihrer anschauernden Grösse auf den Beobachter eindringenden Erscheinung zu empfangen. Der erste Blik dahin hat etwas mächtig ergreifendes: Das Bild eines einstürzenden, von grundlos scheinenden Tiefen verschlungenen, und, immer nachzustürzen, unerschöpflich erneuerten Wasserbergs, der Kampf des von unten auflochenden Abgrunds mit der abwärts treibenden Wasserlast, die sich erst in sich selbst zu rollen strebt, und dann, mit dem Getöse eines Sturms niederschleudert, in Schaum und Dunst zermalmt, wiederum aufsteigt, und feine Nebelstreifen bildet, die in weiten Bogen vom Wind entfürt werden, alles dieses überrascht mit einem unwillkürlichen Erstaunen, so nahe vor sich die drohendste, gewaltsamste Auftritte zu haben, ohne zugleich mit den unwiderstehlichen Wirbeln dieser allgemeinen Zerstörung dahin gerissen zu werden.

Als ich mir die Zusammensezung des grosen Schauspiels zu zergliedern anfing, unterschid ich zuerst, zwischen dem Schlosberg und dem gegenüberstehenden Hügel unter dem Dorfe Neuhausen, zwei an der Kante der Stufe aus dem schon überspringenden Wasser hervorragende Felsen. Diese geben dem Rheinfall, indem sie ihn in mehrere Güsse zerstüken, das Ansehen einer getheilten Cascade, welche von hier aus dreifach, wenn man ihn aber ganz im Gesichte hat, vier, bis fünffach erscheint.

Der stärkste Arm der Cascade ist zwischen dem Schlosberg und dem ihm zunächst stehenden Felsen; Auch ist hier die Höhe des Falls am grösten. Der Berg, auf welchem Lauffen steht, sezt dem Strom die meiste Gewalt entgegen; Desto heftiger arbeitet dieser wider ihn, und er ist wirklich, so weit ihn je die Flut des Rheins erreichen konnte, von ihr benagt und abgeschliffen. Sein überlegener Widerstand hemmt die Ausdehnung des Flusses in die Breite, und treibt ihn desto mehr in die Höhe. Ein hochaufschäumender Guß dringt unmittelbar an diesem Berg mit ausgezeichneter Heftigkeit hervor, dann folgt ein neben ihm eben scheinender nidrigerer Guß; Neben diesem wölbt sich widerum eine schaumige Welle, wahrscheinlich über dem Rest eines der Felsen, die ehmals in gröserer Anzal den Abschus besezten. Weiterhin zeigt sich widerum ein ebneter Stral, über welchem eine andere Welle an dem ersten der zuvorerwänten Felsen aufkocht. Die sonderbare Gestalt dieses Felsen, und das an ihm aufsprudelnde, und in krausen geschlängelten Wellen hoch an ihm aufklimmende, selbst durch ihn überspringende Wasser des Stroms vermehren das malerische dieser Ansicht. Der Fels ist meist kahl, hin und wider mit nidrigem Gesträuche besezt, und stellt, von dieser Seite her betrachtet, eine länglichte, ungleich gekrümmte, nach oben breitere, unterwärts abnehmende, und in einer länglichtrunden, gekrümmten Oefnung durchgrabene Tafel vor.

Der Abstand zwischen diesem und dem zweiten Felsen, der mehr kegelförmig ist mit einer gekrümmten Spize, beträgt kaum den dritten Theil des Raums zwischen dem Schlosberg und dem ersten Felsen; Auch kommt zwischen beiden Felsen nur ein einiger Guß hervor. Dieser zweite Fels begränzt die Aussicht über den Rheinfall von Lauffen aus, und entzieht dem Gesicht einen Theil seiner Breite; Das jenseits herabstürzende Wasser kommt hier nur am Fus des Absturzes einigermasen zum Vorschein. So weit der Weg des Stroms von seinem oberen Bette in das untere sich verfolgen läst, scheint er, so bald die Schwelle des ersteren überschritten ist, sich mit einer radänlichen Bewegung einwärts zu krümmen, sogleich aber, ehe diese noch vollendet ist, wirft er sich mit ganzer Macht in bogigen Güssen hinab. Ein schrökliches Getöse begleitet seinen Sturz, und Berge von Schaum steigen ihm aus dieser Tiefe entgegen.  Das untere und obere Wasser kocht so heftig untereinander, daß die Gränzen von beiden nicht wol bestimmt werden können, und daher auch die Höhe des Falls sich nicht mit Genauigkeit schäzen läst. Ein feiner Duft befeuchtet den Zuschauer auf der am Schlosberg angehefteten Büne, und sichtbare Dünste fliehen in bogigen Nebelstreifen nach fridlicheren Stellen des weiterhin sich besänftigenden Stroms. Den zitternden Dunst des meist in blendend weissen Schaum aufgelösten Wassers schmükt die Sonne mit lebhaften Regenbogen. Nach dem Fall gibt das erweiterte Beken des Stroms ihm Raum, sich auszudehnen; Allmälich verliert sich nun sein Ungestüm; Seine Schaumberge ernidrigen sich zu Wellen, welche endlich in eine leicht gekräuselte Fläche übergehen.

Die Gröse der Scene in ihrer ganzen Macht aufzufassen, bleibt der bisherige Standpunkt vor jedem andren vorzüglich, obgleich der Anblik von der Seite einige Stellen dem Auge entrükt. Um das ganze Schauspiel gerade im Gesicht zu haben, kan man sich dogleich von lauffen aus über den Flus sezen lassen; Indem man auf dieser Fart zwar in der Entfernung, die die Sicherheit erfordert, doch nach der ganzen Breite des Flusses, vorüberkommt, und sich gleichsam mit dem Element vermischt, welches hier eine solche Prachtscene feiert, erhält der Eindruk des am Schlosberg genommenen Anbliks seine Vollendung, und selbst eine neue Verstärkung.

(Gottlieb K. Storr: Alpenreise vom Jahre 1781, Leipzig 1784)

Von täuschenden Brückenbögen und wahren Standpunkten

Schaffhausen. Wirthshäuser: Krone. Schiff. Sehenswerth die Brücke über den Rhein, die von Hans Ulrich Grubenmann von Tüffen aus dem Kanton Appenzell in drey Jahren verfertigt wurde, während sein Bruder Iohann die zu Reichenau in Graubündten 240. Fuss lang in Einem Bogen baute. Die Schaffhauser Brücke ist ein Häng- oder Sprengwerk, 364. englische Fuss lang. Ulrich und Iohann Grubenmann behaupteten, diese Brücke stehe nicht auf dem Pfeiler; in einigen Reisebeschreibungen wird das Gegentheil gesagt. Viele Männer aus Schaffhausen, die stete Augenzeugen waren, haben mir versichert, dass die Brücke wirklich nicht auf dem in dem Rhein stehenden Pfeiler (der von der alten steinernen Brücke übrig geblieben ist,) ruhte, sich aber nach und nach darauf gesetzt hat; und ein grosser Baumeister hat behauptet, dass sie wahrscheinlich eingestürzt seyn würde, wenn der Pfeiler nicht da gewesen wäre. Vor wenigen Jahren musste sie mit vielen Kosten wieder hergestellt werden. Grubenmann behauptete auch immer, die Brücke bestehe aus Einem Bogen; er hat darinn vollkommen recht, wenn man inwendig auf der Brücke die Lage der Balken auf beyden Seiten betrachtet, die nur einen einzigen grossen Bogen ausmachen.
(…) Oeffentliche Promenaden sind keine; das Vergnügen des Spatzierens muss man durch Steigen erkaufen. (…) Intressante Aussichten sind: Auf dem alten aus den Zeiten der Römer noch existierenden Bollwerk Unnoth oder Munnoth; auf dem Schießplatz; auf der Enge, einem Hügel, der nach Klettgäu sieht.
Eine der merkwürdigsten Naturscenen der Schweitz ist der Rheinfall bey dem Schloss Lauffen, eine gute halbe Stunde von Schaffhausen. Ich rathe jedem Reisenden, dieses Schauspiel zuerst von der Zürcher-Seite zu sehen und zu geniessen: Deswegen muss man von Schaffhausen nach dem Schloss Lauffen gehen, und wenn man, von Zürich oder anderswo her, über Eglisau nach Schaffhausen reist, so muss man die Strasse über Rheinau nehmen, die gerade auf das Schloss Lauffen führt: Auf diese Art vermeidet man, den Rheinfall in einem Standpunkt zu erblicken, der durchaus für jeden, der ihn zum erstenmale sieht, äusserst ungünstig ist. Von dem Schlosse steigt man herab, und begiebt sich, ohne zuerst in den Pavillon auf der Mitte des Weges zu treten, gleich auf das kleine Gerüst dicht an dem Fall; denn hier ist der wahre Standpunkt. – Um ihn hernach von vorne und von der Seite auf dem Schaffhauser-Gebiet zu sehen, so lässt man sich über den Rhein nach dem Schlösschen im Wört fahren: Wenn man in dem Kahn gleich und ruhig sitzt, darf man sich gar nicht fürchten, bey dieser kurzen Ueberfahrt Gefahr zu laufen. Oben auf dem Felsen, wo Laufen liegt, am äussersten Rande steht das gedachte Lusthäuschen, wo man auf den Rheinfall herab, auf das Dorf Neuhausen gegenüber, und auf die Hügel sieht, zwischen denen der Rhein sich durchkrümmt. Die Höhe des Rheinfalls ist nach seiner Wassermenge verschieden, 60 – 80. Fuss hoch; im Monat Juny ist er gewöhnlich am vollsten und grössten. Man muss ihn Morgens, Abends, und bey hellem Mondschein sehen, wenn man alle Schönheiten dieser ausserordentlichen Scene geniessen will. – Des Abends gewinnt er besondre Reize, durch den Contrast der umliegenden Gegend die nun im Schatten liegt mit der noch beleuchteten Hauptparthie.

(J. G. Ebel: Anleitung auf die nützlichste und genussvollste Art in der Schweitz zu reisen, Zürich. Bey Orell, Gessner, Füssli und Compagnie 1793)

Ansicht vom Rheinfall im März 1797

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Ich habe Ihnen versprochen, meinen diesmaligen Aufenthalt am Rheinfall zu schildern, damit Sie eine Vergleichung mit jener Beschreibung anstellen könnten, die ich Ihnen das erstemal als ich die Schweiz betrat, schickte. Sehen Sie, ich halte Wort, aber erwarten Sie kein Seitenstück zu meiner damaligen Schilderung. Der erste Eindruck ist immer auch in feiner Art der Einzige. Man kann dieselbe Naturscene oft und immer groß finden, aber nur einmal wirft ihre Größe uns zu Boden und nöthigt dem unterliegenden Gefühl eine stumme staunende Verehrung der Natur ab.
Wer den Rheinfall zum ersten mal in feiner ganzen erschütternden Grösse, mit der über allen Ausdruck gewaltigen Schnelligkeit, von der Seite des Schlosses Lauffen sieht, der bebt gewiß vor dem Bild zurück, von dem man sich, ohne es gesehn zu haben, nie eine Vorstellung machen kann, die dem Eindruck selbst entspräche. Ganz anders ist die Wirkung, wenn man von der Straße, die nach Eglisau führt, den Fall in seiner ganzen breiten Ausdehnung sieht. Dort erscheint er niedriger als er würklich ist. Man sieht von der ungeheuren Schnelligkeit wegen der Entfernung wenig, und das Getöse, das man schon von weitem vernahm, frappiert nicht mehr.
Was würden Sie erst sagen, wenn sie jezo den Rheinfall von dem letztgenannten Standpunkt sähen? Sie würden mit Recht fragen, wie schon mancher Reisende fragte: ist das der Rheinfall, den Meiners schildert?
Bey grossem Wasser sieht man den Strom auch von fern wie einen Wall von Schaum in einer grossen Einemasse (Ensemble) herabstürzen, aus dessen Wirbeln nur die zwey oder drey Felsenbrocken ragen. Bey niedrigem Wasser erblickt man ein großes Steinlager über und durch welches ein, dem Ansehen nach unbedeutender Fluß herabkommt, und eine Menge kleiner Wasserfälle bildet.
Ich hatte eh’ ich auf die Höhe dem Fall gegen über gekommen war, schon viel davon gehört, wie klein er jezo sey, dem ohngeachtet, fand ich ihn noch unter meiner Erwartung. Das Wasser schien von keiner Kraft getrieben zu seyn, es schien mehr herabzurieseln als zu stürzen. Das einzige, was dem Fall dennoch immer Reize gibt, ist die blendende Weisse des Wassers, das durch die hervorguckenden Steine noch mehr in die Augen fällt.
Ich ließ mich bald zu der Stelle überfahren, wo der Eindruck an gewaltigsten ist, zu der kleinen Galerie, die man in den Hauptsturz hineingebaut hat. Ohne Schwierigkeit fuhr man jetzt hinüber, da die Wallungen und Bebungen sonst diese Ueberfahrt schwer und sogar gefährlich machen. Man konnte bequem zu den beyden grossen Felsentrümmern, die in der Mitte stehen, gelangen, die sonst ganz von Wasser umgeben sind. Eine Menge kleinerer Felsenabsätze umringten jene zwei berühmten Felsenstücke. Gleichwohl hatte der Fall auf dieser Seite immer noch eine imponierende Gewalt, und weil man näher hinzu tretten konnte, sah man vielleicht noch mehr als bey großem Wasser, und konnte alles ruhiger geniessen.
Für ein Mahler ist der Rheinfall vielleicht gerade bey kleinem Wasser am interessantesten. Es läßt sich doch eher die Möglichkeit denken ein Bild davon zu machen, indem man nicht blos Wasser, sondern die Struktur des Felsenbettes sieht. Man sieht in dem Wasser das mannigfaltigste Farbenspiel, indem die unten liegenden Felsen theils durchschimmern, teils dunkle Vertiefungen bilden, über welche die Wasserstrahlen zauberisch hinschiessen. Der Nebelstaub der den Fall im Sommer umgiebt, ist jetzt nicht so stark etwas zu verdecken, sondern breitet sich mir wie ein lieblicher Duft über das grosse Tableau, so daß man nicht nur wenn die Sonne scheint, kleine Regenbogen, sondern zugleich das magische Spiel des Sonnenlichts auf dem wallenden Wasser genau betrachten kann.
Nachdem ich lange still gestanden und unaufhörlich mit dem Bilde, das noch in meiner Seele war, das vor mir liegende verglichen hatte, fuhr ich mit meinem Schiffmann wieder auf die Schaffhauser Seite zurück, um von den Dratmühlen aus, den Fall zu betrachten. Der ganze obere Theil des Catarakts war von Felsenstücken unterbrochen. Fast in der Mitte des Stroms war eine Stange aufgerichtet, zum Zeichen wie weit man habe kommen können. Ein alter Arbeitsmann der meine Verwunderung sah, wies mir den Weg durch die Drathmühlen. Ich stieg auf den Bord des Canals herab, durch welchen das Wasser in die Mühlen geführt wird, und erreichte, ohne daß mir das Wasser in die Schuhe gedrungen wäre, den ersten Felsenvorsprung und klimmte nun weiter fort, bis ich eine Stelle erreichte, wo die beiden alten Felsenpfeiler nahe vor mir stunden, und wo rings um mich Wasser rauschte und brauste. Ich übersah den kommenden und den größten Theil des stürzenden Stroms, nur den eigentlichen Sturz in die Tiefe konnt ich nicht sehen. Eine beklemmende Empfindung ergriff mein Herz, ohngefähr wie die seyn mag, wenn man in den Crater des Vesuvs herabschaut. Seit vierzig Jahren sagt’ ich mir, saß auf dieser Stelle Niemand, und nach wenigen Tagen wird es wieder zur Unmöglichkeit, vielleicht für ein halbes oder ganzes Jahrhundert. Mein Auge hieng an den Felsentrümmern, die jetzt einmal auszuruhen schienen, nachdem sie den langen Kampf mit der Gewalt des Stromes gekämpft haben. Das ausgewaschne ihrer Formen, die Löcher die überall wie hineingebohrt sind, geben eine ziemlich lebhafte Vorstellung von dem Wühlen und Arbeiten des herabschiessenden Wassers. Es ist unbegreiflich wie diese Felsen, die meistens aus Nagelfluh bestehn, so lange Jahre hindurch einer solchen Kraft, wie der Strom hier äußert, haben wiederstehen können.
Wie sehr hätte ich gewünscht, Sie mein Freund an meiner Seite zu haben, und in der beredten Sprache des stummen Staunens Ihnen meine Einpfindungen mitzutheilen und die Ihrigen zu belauschen. Worte hätten ohnehin das schmetternde Getöse verschlungen. Gewiß hätte Sie, wie mich, auch eine gewisse Wehmuth zuletzt ergriffen. Das ewige ununterbrochene Fortströmen der Fluth hat etwas ermüdendes, das die Seele nicht aushält. Unaufhaltsam, wie der Gang der Nothwendigkeit ist ihr Lauf wie er seit Jahrhunderten war.
Diese Felsentrümmer, die nur für eine kurze Zeit einen Aufenthalt gestatten, werden für das Herz, Bilder jener süßeren Hoffnungen und Wünschen, mit denen wir uns in der Welt anzusiedeln gedenken. Eh wir uns dessen versehn, kommen die anschwellenden Fluthen der ewigen Abwechslung wieder und zwingen uns fortzueilen oder sie reissen uns mit sich in die Tiefe. – Ich hatte mich in allerhand Betrachtungen versunken, auf ein Felsenstück niedergelassen; die Sonne schien lieblich, dennoch war es eine für die Gesundheit gefährliche Stelle, Der Nordwind und der Wasserstaub mochten Ursache seyn, daß mich ein Schauder überfiel. Es war mir nicht anders, so sehr hatte das mich ringsumgebende Getöse meine Nerven erschüttert, als drohte der Strom mir den Rückweg abzuschneiden, weil ich es wagte, das Werk seiner Verheerung in der Nähe zu betrachten.
Sie können sich vorstellen wie ungewöhnlich eine solche Niedrigkeit des Wassers seyn muß, da von Schafhausen aus, wo sehr viele Personen den Rheinfall nie gesehen haben, seitdem das Wasser so klein war, täglich Wallfahrten hieher geschehen sind, welches kaum dann zu geschehen pflegt, wann der Fall am brilliantesten ist.(*) Die Ursache der geringen Wassermenge ist keine andere, als diese: daß im lezten Winter sehr wenig Schnee gefallen, und der in diesen Gegenden im Frühjahr gewöhnliche Regen fast gänzlich ausgeblieben ist; dabey hat eine solche Kälte geherrscht, daß in den Gebirgen die Auflösung des Schnees oder Eises unmöglich groß seyn konnte.
Sehr ermüdet kann ich Abends nach Schafhaufen. Das Getöse das sonst bis zur Stadt dringt, verschwand, nachdem ich mich kaum eine halbe Viertel Stunde weit entfernt hatte. So wenig auch der Rheinfall jetzt als Catarakt auffallend oder imponierend ist, so sehr freut es mich doch jetzt seine Struktur, kennen gelernt zu haben. Jene Wasserkugeln und Schaumhügel, die bey grossem Wasser so frappante Würkung machen, sind mir jetzo erklärt. – Es ist mir als hätt ich das untermalte Bild eines großen Meisters gesehn, worinn die Hauptwürkung der Ausführung geschickt vorbereitet ist. Man kommt nach einigen Tagen wieder und wird von der Schönheit des Bildes doppelt gerührt, weil man auch weiß, wie es angelegt war.
Ich wollte ich könnte Ihnen jetzt eine genaue Zeichnung von dem Rheinfall wie er sich jetzt dem Auge darstellt, schicken, und in zwey Monaten Sie selbst bey der gewaltigsten Szene, die man in der Natur sehen kann, umarmen. Sie würden dann meiner jetzigen Beschreibung keinen Glauben beymessen wollen, weil man fast gezwungen ist, zu der ungeheuren Kraft, einen außerordentlichen, unerschöpflichen Vorrath von Wasser sich vorzustellen. Aber haben Sie nie erfahren wie die Natur mit unserer Phantasie spielt? Ihr Sonnenstrahl und ihr Frühling macht uns, jetzt Sturm und Verheerungen vergessen als wären sie nie da gewesen, und ein andermal scheint es uns, der Wiederstreit der Elemente kehre nie mehr wieder zur Ruhe. Ist das derselbe Rheinfall würde ich in einigen Wochen sagen müssen, in dessen Mitte ich ruhte, und an dessen unzähligen Absätzen des fallenden Wassers sich mein Auge ergötzte? Freund! es giebt kein grösseres Bild des ewigen Umwechselns der Dinge, als dieses von dem noch meine ganze Seele voll ist, und es müßte kein seeligeres Gefühl geben, als vor diesen Bilde einen Freund zu umarmen von dessen Treue Zeit und Erfahrung uns versicherten, und seine Entzückung auf das Gefühl überzutragen: Alles ändert sich – nur das Herz des Biedermanns nicht! Leben Sie wohl.

(*) Der Rheinfall ist wirklich seit vielen, vielleicht seit mehr als hundert Jahren, selbst auch in dem so langwierigen kalten Winter von 1784, auf 1785, nicht so klein gewesen wie dermahlen.

(Karl Gotthard Graß: Fragmente von Wanderungen in der Schweiz, Zürich 1797)

Der Rheinfall

von einem jungen Mahler.

Wo dich mein Aug zuerst empfand,
Helvetien – wo aus der Felsenwiege
ein stolzer Strom zum Woogenkriege
sich stürzt von hoher Felsen Rand,
wo nie gefühltes Wonnefeuer
die Brust durchdrang, die Seele freyer
zu neuen Welten sich entschwang,
wo jeder Ton auf ihren Saiten
harmonischer zum andern klang,
dahin soll mich des Liedes Flug begleiten,
auf Laufens jähen Felsenhang.

Hinweg von dieser Zauberstelle
ihr Loutherburge, Hackerte,
ihr Schütze und ihr Rheinhardte
ihr mahlt die Scene nicht. Ihr Könige
hervor aus eurer Marmorzelle,
zu schaun die Woogenpracht des Königes der Fälle!
Wie sich in silberlichtes Helle,
vom Glanz des Wassergotts umstrahlt,
(versuchts, wer dieses Bild euch mahlt!)
von ihrer hohen Felsenschwelle
herabstürzt diese Wasserhölle!

Umsonst! des Künstlers Hand erbebt,
dem kühnern Dichter sinkt die Leyer.
Er sieht ein Heer von Kräften hier belebt,
sieht Leben und Verderben eng verwebt,
er sieht aus grauem Nebelschleyer,
wie wallend Fluth aus Fluth sich hebt,
wie, tausendmal im Augenblicke,
sich bauet eine Wasserbrücke,
und in den Abgrund sich begräbt.
Er sieht ein schäumend Ungeheuer,
das sich zersprengt und wieder schlürft,
und aus dem Schlund im Sternenfeuer
ein Heer von Strahlenlichtern wirft,
wie wenn am Fels sich Blitze splittern.
Er sieht, wie Masse Masse schnellt,
sieht einen Silberberg von Furien erschüttern,
daß aufgelöst in eine Tropfenwelt
er aufspringt und zusammenfällt.

Welch ein Getös! Welch weit verworrnes Sausen!
gleich Eichen, die der Sturmwind trillt,
gleich der Orkane wildem Brausen,
das fern den Wanderer mit Grausen,
und nah ihn mit Entsetzen füllt.
Lauteilendes Verderben brüllt
aus seinem weiten Woogenrachen
des Bernhards eisgebohrner Sohn,
bang flüchten sich erschrockne Nachen,
vor seines Zornes wildem Drohn.
Die Ufer dröhnen rings davon,
zerrißne Felsenreste zittern
vor des Zermalmers Donnerton,
wie wenn auf seinem Wolkenthron,
geführt von rollenden Gewittern
der Weltgebiether furchtbar naht,
wie wenn des Zeitenstromes Rad,
vom Sturz der Jahre umgeschwungen,
hier wälzte und mit tausend Zungen
des Lebens Eile predigte. (…)

(Karl Gotthard Graß: Der Rheinfall, in: Fragmente von Wanderungen in der Schweiz, Zürich 1797; zuvor auch erschienen in: Neue Thalia unter Herausgabe Friedrich Schillers 1792. Die zweite Gedichthälfte folgt!)

Riesbeck bestaunt den geschrumpften Rheinfall

“(…) Ich konnte diese Gegenden unmöglich verlassen, ohne den berühmten Rheinfall bei Laufen zu besuchen. Es war das schönste Schauspiel, das ich in meinem Leben gesehen. Da mir zuvor kein Gemälde und kein Kupfer von diesem prächtigen Auftritt der Natur zu Gesicht gekommen und ich ihn bloß aus einem dunkeln Ruf kannte, so geschah mir, was vermutlich allen geschieht, die nicht einen etwas bestimmtern Begriff davon mitbringen. Meine Einbildung hatte mich getäuscht. Ich dachte mir die wildeste Gegend, wo der Rhein vom Himmel herab in einen unermeßlichen Schlund stürzte. In dem Abstand zwischen der Wirklichkeit und meiner Idee war die Überraschung um so angenehmer, da es hier wie mit allen wirklich großen Natur- und Kunstwerken ist, deren wahre Größe und Schönheit nicht beim ersten Anblick auffällt, sondern erst durch genaue Beobachtung und Vergleichung der Teile muß gefühlt werden. Ich fand den Fall lange nicht so hoch, aber viel schöner, als ich mir ihn gedacht hatte. Das Amphitheatralische der mit Bäumen besetzten Hügel drüber her, die zwei Felsen, auf deren einem das Schloß Laufen, auf dem andern aber ein Dorf und vor demselben eine Mühle liegt und die, wie die Säulen einer Vorderbühne, dem Fall selbst zur Seite stehen, die Breite des Falles und die schöne Verteilung des mannigfaltig herabstürzenden Wassers, das herrliche Bassin unter dem Fall, die schöne und fast gekünstelte Mischung des Wilden mit dem Angebauten in der Gegend umher: kurz, alles war anders und schöner, als ich erwartete.
Der Fall beträgt jetzt höchstens fünfzig Schuhe, die kleinen Abhänge mitgerechnet, die der Strom kurz vor seinem Hauptsturz zur Vorbereitung macht und die man nur von der Höhe herab sehen kann. Ehedem war er zuverlässig höher, und noch bei Mannsgedenken ist ein Stück des Felsen weggerissen worden, welcher dem Sturz mitten im Weg steht. Ich glaube an dem Fels, worauf das Schloß Laufen steht, beobachtet zu haben, wie der Strom stufenweis in die Tiefe gegraben. Es folgt also daraus, daß, wie ich dir oben sagte, der Bodensee immer nach dem Verhältnis schwinden muß, wie der Rhein sein Bette tiefer aufwühlt. (…)”

Johann Kaspar Riesbeck: Briefe eines reisenden Franzosen über Deutschland an seinen Bruder in Paris (anonym erschienen), 1783

Gregorovius am Rheinfall

Hotel Witrig, Dachsen, am Rheinfall, 23. Juli
Am 16. von Luzern nach Basel. Von Olten ab waren die Bahnhöfe wegen des Schützenfests in La Chauxdefonds mit Emblemen und Nationalfahnen verziert. Ich sah auch den deutschen Reichsadler und die deutschen Farben an jeder Station, zur Begrüßung der deutschen Schützen. Eine Inschrift sagte irgendwo: Freiheit den Völkern und ihrem Verkehr, Keine Despoten und Zollschranken mehr. Abends in Basel. Ich ging zum Münster hinauf, welches noch einige Teile romanischen Stils besitzt. Das Museum daselbst bewahrt Andenken an Erasmus, Überreste von Holbeins Totentanz, Fresken aus der ehemaligen Franziskanerkirche. Die Schweizer haben einen besonderen Sinn für diese tristen Gegenstände.
In mehreren Kirchen hier zu Lande sah ich die Heiligen als Gerippe über den Altären sitzen, in prachtvolle goldgestickte Gewänder gehüllt.
Nichts Sehenswertes sonst in dieser grauen, monotonen Stadt.
Am 17. auf der neuen badischen Eisenbahn, über Waldshut, nach dem Rheinfall beim Schloß Lauffen.
Ich wollte weiter nach Konstanz; aber die Einsamkeit der Station Dachsen reizte mich. Ich blieb diese Tage über hier, zehn Minuten vom Rheinfall, eine halbe Stunde von Schaffhausen entfernt. Nach dieser Stadt gehe ich in der Regel morgens. Sie liegt sehr schön am Rhein, in Laub und Weinreben. Die Statue Johannes von Müllers ist oben auf dem Spaziergang aufgestellt, in einer parkartigen Anlage. Sehenswert ist der Munoth, ein Kastell aus Saeculum XVI, ein Rundturm, wie jener der Caecilia Metella und vielleicht nach ihrem Muster gebaut.
Gestern ging ich über den Rhein in das Badische, nach Rheinau, ein altes, von den ersten Welfen gegründetes Benediktinerkloster, welches die Züricher Regierung im vorigen Jahr aufgehoben hat. Nur zehn Mönche sind hier übrig geblieben, Elentiere oder Elendtiere einer aussterbenden Zivilisation.
Die Schweiz bietet im Sommer den Anblick eines ewigen Festes dar; alle Welt ist auf Vergnügungsreisen. Hierher kommen täglich Hunderte, den Rheinfall zu sehen; ganze Schulen reisen; vorgestern hielt eine wandernde Schule, 380 Mädchen und Knaben, ein Fest. Sie singen nicht, sie johlen oder brüllen; sie schmausen nicht, sie verschlingen. Gestern kamen die Züricher Eisenbahnbeamten und Arbeiter, 400 Mann stark, anjubiliert.
Täglich brausen an mein Fenster zehn Bahnzüge heran.
Ich habe hier acht Tage schöner Ruhe verlebt. Acht lyrische Gedichte sind die Frucht davon. Der Rhein, die Rebenberge, die friedlichen Dörfer und ihre freundlichen Menschen, all dies versetzte mein Gemüt in eine dichterische Stimmung.

(Ferdinand Gregorovius: Römische Tagebücher. Auszüge 1852-1889)

De Hollandsche natie. (Tweede Zang.)

Op de eeuwige Alpen, dik met sneeuw en ijs umschorst,
Ontwringt de schoone Rijn zich aan der bergen korst:
Eerst sluipt hij nietig voort met ongewisse gangen,
Alseen versmade beek, naauw waard’ een’ naam te ontvangen.
Allengskens aangegroeid, schiet hij, langs breeder boord,
Met jonglings vuur en kracht, zijn stoute golven voort,
En stort bij Lauffen zich, met ongehoord gedonder,
In d’afgrond; schuimt, en bruist, en woelt, enwringt van onder
De klippen zich hervoort; getergd door wederstand,
Verbreekt, verbrijzelt hij de rotsen an zijn’ kant.
Een hel van water stort hij neêr met schriklijk klateren,
En heel de landstreek dreunt van de afgeschoten wateren!
Nu golft hij Duitschland door, met trotsche majesteit,
Langs rijke dorpen, aan zijn vruchtbren boord verspreid,
Langs bergen, lagchende van Bacchus zegeningen,
En steden, trotsch gebouwd, die zijnen lof bezingen.
Van Ehrenbreitsteins top ziet elk zijn’ slangenloop,
En groet hem, van die hoogte, als bronaâr van Euroop’. -
Ach! zoekdien schoonen stroom nuweêr bij Katwijks stranden!
Wat findt ge? een vuile poel, gesmoord in slijk en zanden.
Onedel en versmaad kruipt hij daar schandlijk voort,
Eer zich zijn drabbig nat in’t zand der duinen smoort.
De vreemdeling, die hem langs Coblents muur zag golven,
Herziet hem hier! maar ach! in ruigte en wier bedolven.
Hij mijmert an zijn’ zoom met waggelende treên,
Denkt aan het ond Karthaag’! en gaat in wecmoed heen.

Is, Neêrland! dit uw beeld? moet, uit die flaauwe trekken,
Mijn hart, dat voor u gloeit, uw nadrend lot ontdekken? —
Klein waart gij, als de Rijn, bij uw’ geboortestond,
Naauw waardig dat een volk zich vestigde op uw’ grond.
Allengskens aangegroeid, zaagt gij uit uw moerassen,
Bij steden van arduin, en tucht, en welvaart wassen.
Geontwrongt, met jonglingsmoed u’s Ibers overmagt,
En bliksemde op de zee in volle mannenkracht.
Aan ‘t hoofd der volken scheen uw luister elk in de oogen,
En hield, gelijk de Rijn, elk’ vreemdling opgetogen!
Ach! zult gij, als die stroom, bezwijken in uw’ loop?
De uitfluiting zijn der aard’? de schandvlek van Euroop’?
Neen, neen! der Vadren roem verspreidt te sterk een’ luister;
En ‘t kroost van zulk een volk zinkt niet geheel in ‘t duister.
Gij, die der volken lot voor de eeuwigheid vermeldt,
Geschiedkunde! open mij uw groot, uw leerzaam veld.
O Vaderland! ‘k zie dáár uw’ naam onsterflijk pralen,
En aller volken glans verduisterd door uw stralen;
Op de eeuwge zuil des roems staat Neêrlands naam gedrukt,
En wordt door vreemden trots daar nimmer uitgerukt. (…)

(Jan Frederik Helmers)

der Fall ist zu breit für die geringe Höhe und die Entfernung von hier bis dort zu groß

Es war ein schöner Tag; Schnitter belebten die Felder, und Lerchen die Lüfte, in den Dörfern spielten sorgenlose Kinder, die Straßen waren trocken, der Wanderer viele, wer wollte in diesem Frieden der Natur nicht gerne über Land ziehen?
Auf der Höhe dem Rheinfall gegenüber stiegen sie aus und gingen den Abhang hinunter zum Fuß des entgegenrauschenden Stromes. Öfters sahen sie im Herabsteigen durch Öffnungen des Wäldchens einzelne Teile des schäumenden Sturzes, wobei sich der Oberst mit Wohlgefallen aufhielt, weil er auch hier seine alte Behauptung vorgreiflich bestätigt finden wollte, daß das Halbe anziehender sei als das Ganze.
Wenigstens mag es diese Bewandtnis mit solchen Sätzen haben, woran kaum die Hälfte wahr ist, bemerkte etwas verdrießlich der alte Professor, der kein Liebhaber wunderlicher Meinungen war: sie sind meist dunkle Begriffe höherer Wahrheiten. Was ist Halb und Ganz? Was wir hier sehen, ist so gut ein Ganzes, als was dort unten in die Augen fallen wird.
Wir wollen sehen, sagte der Oberst. Und als sie unten waren und über das weite Becken an den Laufen hinschauten, rief er: Hier sehen wir nun das ganze Gewässer, ich wiederhole es noch einmal, die einzelnen Partien, die wir oben durch das Gebüsch erblickten gefielen mir besser, der Fall ist zu breit für die geringe Höhe und die Entfernung von hier bis dort zu groß.
Dem Professor, als einem echten Schweizer, tat es weh, daß der Freund die Wunder seines Landes gering schätzte: Wenn Sie nie etwas vom Rheinfall gehört hätten und von ungefähr dazu gekommen wären, sagte er, Sie würden ihn jetzt mit überraschender Lust schauen, aber Sie haben zu große Erwartungen mitgebracht, das ist der Nachteil jeder Berühmtheit.
Man hatte Mühe, den Obersten zu bewegen, daß er den Turm besteige, auf dessen Höhe der ganze Wasserfall in einem Schaudunkel (in camera obscura) zu sehen ist: denn, sprach er, wie kann mir im Bilde gefallen, was mich in der Wirklichkeit nur wenig rührt? – Und doch gefiel es ihm, sobald sein Auge sich gewöhnt hatte, in der dunklen Kammer den Schimmer des lebendigen Gemäldes zu ertragen.
Der schönbeleuchtete Hügel auf dem das Schloß sich zeigte, die herabwirbelnden Ströme, das wellenbewegte Wasserbett, auf welchem durch Veranstaltung des Professors ein Schiffer mit einem Kahn herumschaukelte, der heitere Sonnenschein über dem Ganzen und das fernertönende Rauschen, alles das gestaltete sich zu einem in fortwährender Bewegung regsamen Bilde, das ihn durch seine Neuheit hinriß. – Lachen Sie mich aus, wenn Sie wollen, rief er, aber ich kann mir nicht helfen, dies Kunstwerk, wenn es eines ist, zieht mich jetzt mehr an als die Natur, weil ich hier einmal in gelungener Vollendung schaue, was alle Maler umsonst versucht haben.
Und doch ist’s dasselbe, was wir unten sahen, sagte der Professor, nur zeigt uns das durch künstliche Vorrichtung sich malerisch ordnende Bild hier das Ganze im Kleinen, wie es kunstgeübtere Augen unten im Großen erblicken. Ein glücklicher Sinn, der die Gegenstände in einem günstigen Gesichtspunkt aufzufassen weiß, ist die Quelle unsres Wohlgefallens, nicht vorgefaßte Meinungen über Halbes und Ganzes.
Sehen Sie, sagte der Oberst, dies bewegte Leben auf dem Tuche ist mir neu und bezaubert mich, ich bin ein Kind, lassen Sie mir die Freude! – Ich teile sie mit Ihnen, war die Antwort: Ich bin weit entfernt, das sinnliche Wohlgefallen in die Regel zu zwingen, es ist persönlich und flüchtig und läßt sich nicht durch allgemeine Begriffe festhalten, noch erklären.
So wenig, erwiderte jener, als aus den Bestandteilen einer Kerze das Licht; wir wollen uns also nicht selbst stören, uns nicht die Freude an der kleinen Erscheinung aus vermeinter schuldiger Achtung gegen die große versagen, denn man könnte ebenso gut die Frage auf werfen: Was ist Klein und Groß? Wie Sie gefragt haben: Was ist Halb und Ganz?
Nachdem sie das Naturgemälde verlassen, stiegen sie unten in den Kahn, der zur Überfahrt dient, um jenseits am Fuße des Schloßhügels die Wasserwogen aus der Nähe zu sehen. Der Oberst verlangte, daß das Schiffchen mitten in das große Wasserbecken hinein gefahren werde, dorthin auf die Stelle, wo sie es oben so lustig hatten tanzen sehen; allein der Professor bat zürnend und Suschen flehte weinend, was wollte er machen? Kaum aber waren sie herüber, so ließ er die Gefährten aussteigen, und es half alles nichts, der Schiffsmann mußte ihn und Tobias, der zu allem kein Wort sagte, dahin führen, wo er doch schon anfangs gewollt hatte, in den Tanz der Wogen und in die Nähe des hochaufspritzenden siebenfarbigen Schaumes. Die andern sahen ihm von dem gewöhnlichen Standpunkte ängstlich zu und Suschen erlaubte sich nachher, als sie wieder im Wagen saßen, den Vorwurf, er habe sie in ihrer Bewunderung des Rheinfalls gestört, gerade wo sie sich derselben am liebsten überlassen hätte.
Er wollte eben selbst bewundert sein, sagte der Professor und nannte es einen Wagemut der Eitelkeit.

(Ulrich Hegner: Die Molkenkur, Kapitel 4: Suschens Hochzeit)

Wellen über Wellen: der ausführliche Rheinfall (mit Meiners) im Krünitz

Rheinfall,
1) ein Fall in dem Rheinstrome, ein Ort, wo sich derselbe in seinem Laufe von einem höheren Orte herunter stürzet, dergleichen Fälle derselbe in der Schweitz mehrere hat, von denen aber der bey Schaffhausen vorzüglich merkwürdig ist, und uns weiterhin noch etwas beschäftigen wird.
2) Ein sehr angenehmer und gesunder Wein, welcher in dem Rheinthale in Graubünden wächst, und auch Velteliner genannt wird, und der eigentlich Rheinvall, von dem Lat. Vallis, Thal, geschrieben werden sollte. — In Friaul, unweit des Schlosses Proseck, wächst ein Wein, welchen man gleichfalls Rheinfall nennt, vielleicht, weil er dem in Graubünden ähnlich ist. Er wird auch Prosecker Wein genannt. Bey den Griechen hieß er Pyctanon, und bey den Römern Vinum Pucinum. Die Alten schätzten ihn sehr hoch, und Julia, August’ s Gemahlinn, schrieb ihm ihr hohes Alter von 82 Jahren zu.

Was den vorhin erwähnten Fall des Rheins bey Schaffhausen betrifft, so verdient dieser große Naturgegenstand, der schon so viele Reisende mit Staunen erfüllt hat, daß wir ihm noch einige Aufmerksamkeit schenken. Meiners hat ihn in seinen Briefen über die Schweitz musterhaft geschildert. „Nachdem wir die berühmte Brücke über den Rhein, die vornehmsten Straßen der Stadt, und die Stadt selbst von der Anhöhe, wo vormahls eine Burg stand, besehen hatten, sagt er, fuhren wir nach dem Rheinfalle, um ihn von der Zürcher Seite zu betrachten. Als wir bey dem Schlosse Laufen ankamen, und auf die erste Laube geführt wurden, wo man dieses Schauspiel der Natur übersieht, erstaunten wir, nicht über die Größe der Erscheinung, sondern darüber, daß sie so weit unter unserer Erwartung war. Wir sahen Ströme von weißem, schäumendem Wasser queer durchs ganze Bett des Flusses herabfallen, und hörten ein heftiges Getöse; allein weder Augen noch Ohren wurden so überrascht, daß wir nicht einen heimlichen Unwillen gegen diejenigen hätten empfinden sollen, die so viele Erwartungen von dem, was wir vor uns sahen, rege gemacht hatten.”

„Als wir aber an dem steilen Ufer des Rheins auf den kleinen hölzernen Treppen zu der Brücke oder hölzernen Gallerie hinabstiegen, die an den Rand, und man kann sagen, in den Katarakt selbst, hineingebaut ist, da hörten und sahen wir Dinge, die unsre Ohren nie gehört, unsre Augen nie gesehen hatten, die keine menschliche Zunge auszusprechen, keine Kunst darzustellen vermag, die endlich solche Empfindungen hervorbringen, von denen man in Lesern oder Hörern nicht einmahl Annäherungen erwecken kann.”

„Ungeachtet wir alle Augenblicke, besonders wenn ein Windstoß die Dünste auf uns zutrieb, mit ganzen Wolken von feinem Staubregen bedeckt wurden; ungeachtet der Boden, auf welchem wir standen, auf eine so furchtbare Art zitterte, als wenn er von heftigen Erdbeben erschüttert würde; ungeachtet wir stets in Gefahr waren, von einem Gewitterschauer überfallen zu werden: so konnte ich mich doch nicht eher losreißen, als bis ich alles genossen und gleichsam erschöpft hatte. In den ersten Augenblicken standen wir voll stummen, anbetenden Erstaunens da, und in der Folge konnten wir uns unsre Bewunderung nur durch Geberden, Mienen und Blicke zu verstehen geben, weil Worte und Geschrei selbst vor dem Donnern des Wasserfalls nicht würden gehört worden seyn.”

„Als ich mich nachgerade von dem ersten betäubenden, nahe an Entsetzen gränzenden, Erstaunen erhohlte, und das, was ich sah und hörte, und die in mir vorgehenden Bewegungen unterscheiden konnte, versuchte ich es, von dem erhabenen Schauspiele, was mich so tief gerührt hatte, gleichsam eine schwache Zeichnung in Worten zu entwerfen, weil ich fühlte, daß, wenn ich es nicht gleich auf der Stelle thäte, ich eine Stunde nachher nicht den hundertsten Theil von dem, was ich jetzt mit meinen Sinnen wahrnahm, mit meiner Phantasie wieder erreichen würde. Allein ich unterlag bald diesem ersten Versuche und fand, daß die Kunst ihre eigenen Werke und auch die schönen Werke der Natur nachahmen könne, daß es ihr aber unmöglich sey, erhabene Gegenstände und Scenen in Worten oder andern Zeichen treu darzustellen, und dasjenige nur einigermaßen auszudrücken, was den Rheinfall zu einer der größten Erscheinungen in der Natur macht. Denn gerade die, eine jede andre sichtbare Bewegung und selbst die Schnelligkeit unsrer Gedanken, übersteigende Geschwindigkeit, womit man unaufhörlich Wellen über Wellen herstürzen sieht, als wenn sie von der Hand des Allmächtigen herabgeschleudert würden, ferner die unglaubliche Kraft, womit diese Wellen die, aus ihrem, schon Jahrtausende geschlagenen, Bett hervorragenden Felsen zersprengen, und sich selbst zernichten zu wollen scheinen; dann die unendliche Mannigfaltigkeit von ganz neuen Tönen, Getösen und Gestalten, womit die Wellen in sich selbst hinein und wieder herausstrudeln; gerade dieses, was am meisten Bewunderung und Erstaunen hervorbringt, läßt sich weder durch Worte, noch durch Zeichnungen, und durch diese noch weniger, als durch jene, ausdrücken. Zwar ist kein Mensch im Stande, in Worten die Größe dessen, was er gesehen hat, nach Würden zu beschreiben; allein man kann doch bemerken, was man nicht auszudrücken vermag, und einigermaßen andeuten, was man dabey empfunden hat. Dieß alles kann der Mahler und Zeichner nicht, und es bleibt ihm weiter nichts übrig, als die umliegende Gegend des Rheinfalls, die Formen der Felsen, von und an welchen der Rhein herabstürtzt, die Gestalt und Farbe der Wellen u. s. w., also nur das, was da seyn könnte, ohne den Rheinfall zu einem so seltenen Phänomen zu machen, in einem verstümmelnden oder doch bis zur Unkenntlichkeit verkleinernden Bilde darzustellen. Auch die glücklichsten Zeichnungen liefern demjenigen, der nicht eben das beobachtete, was der Künstler beobachtet hat, keine treue Darstellung des hinreißenden Schauspiels, sondern nur einen schwachen Schattenriß, der höchstens dazu dienen kann, das, was man vormahls sah, von Zeit zu Zeit aufzufrischen und zu erneuern.” –

(aus: Johann Georg Krünitz, Oekonomische Encyklopädie oder allgemeines System der Staats- Stadt- Haus- und Landwirthschaft, 1773-1858)

Madonna am Rheinfall

madonna am rheinfall

“Sehr geehrtes Rheinsein,

(…) Sie werden nicht wenig staunen, wenn ich Ihnen mitteile, dass meine langjährige Beschäftigung mit dem für meine bildnerische Arbeit so wichtigen C. G. Jung* (welcher, wie Sie vielleicht wissen, die ersten vier Jahre seiner Kindheit in Laufen verbracht hat) mich zu Ihren wunderschönen Seiten geführt hat. (…) Von den Strömungen Ihrer vielseitigen Artikel angezogen, ließ ich mich auf Ihre schlafwandlerische Promenade ein. (…) Erkannte das Bekannte, und genoss das Unbekannte wie zum Beispiel den Ausschnitt aus Montaigne, vor allem die Passage, in welcher der Philosoph (…) über diesen einen ganz bestimmten Baum und seine Nutzung durch die Einwohner Schaffhausens schreibt (ungemein wertvolle Zeilen für eine Bildhauerin!), was einen lange vergessenen Traum in mir wachrief (…): Ich spazierte einen Fluss entlang, der ganz ähnlich dem Rheinfall toste (…) und alle übrigen Geräusche verstummen ließ, ausser einer Stimme, die, wie ich feststellte, (…) aus einen Baumstamm kam. (…) Vergeblich versuchte ich den Baum an mich zu ziehen, bis ein Rheinholzer sich näherte, aus seinem leuchtgelben, mit roten indianischen Sonnenmotiven bedruckten Ölzeug einen Draggen und einen langen Bootshaken zog, und schweigend, vorsichtig, (…) Stamm und Ästegewirr ans Ufer brachte. (…) Nun hörte ich die Stimme deutlich singen: „It’s here in your arms / I want to be burnt / You are my sanctuary“**. (…) „Die Ur-Mutter!…“, sagte der Rheinholzer (…) voller Ehrfurcht und verschwand. (…) Ich erwachte.
Als am 2. Juni 2013 die Schaffhauser Wasserpolizei Holzreste und sonstiges Treibgut aus dem Rhein barg, bekam ich die dankenswerte Gelegenheit, meine nach dem beschriebenen Traum konzipierte Skulptur am Ufer auszustellen, und erlaube mir, Ihnen ein Foto davon zuzuschicken, (…) vielleicht werden sie Interesse daran haben? (…)

Merci und lichte Grüße!

Ihre Rosa Well***”

* Erinnerungen, Träume, Gedanken von C. G. Jung, herausgegeben von Aniela Jaffé, Zürich/Stuttgart 1962 scheint auch für rheinsein eine wichtige Arbeitsgrundlage, wenngleich wir das Buch nie gelesen haben.

** Die Zeilen stammen aus Madonnas Lied Sanctuary vom 1994er Album Bedtime Stories. Im Original singt Madonna: “I want to be buried” und nicht: “I want to be burnt”.

*** Rosa Well ist ein Künstlername und als solcher eine deutliche Anspielung auf Roswell. Die Anfang der 80er noch aufs Lyzeum gehende Bildhauerin Simone Weidi (so lautet Rosa Wells bürgerlicher Name, den wir hier gerne nennen dürfen, wie wir dem mehrseitigen, oben gekürzt wiedergegebenen Begleitbrief entnahmen) las mit großer Begeisterung das Buch The Roswell Incident von Charles Berlitz und William L. Moore. In ihrem Enthusiasmus schickte sie ihr infolge der Lektüre entstandenes Modell eines monumentalen Skulpturen-Komplexes, welcher in der Wüste New Mexicos errichtet werden sollte und den poetischen Titel „PUTOFET“ (Public Toilets for Extraterrestrials) trug, nach Santa Fe. Ihre jungforsche Kombination des Sonnenmotivs auf ihren Fahnen mit dem kabbalistischen Lebensbaum als hygienischer Einrichtung mag, wie Rosa Well vermutet, die Behörden irritiert haben – die Antwort auf ihr Gesuch steht bis heute aus.