Berliner Rhein (3)

Solange sie nicht unter offiziellem Humta und Fähnchenschwenken von US-Präsidenten besucht wird, müssen wir der Rheinstraße in Berlin, immerhin eine gediegene Einkaufs-, Wohn- und Ausgehstraße von sicher einem Kilometer Länge und guter Berliner Breite (inkl begrüntem Mittelstreifen), eine gewisse Gesichtslosigkeit und Öde attestieren. Das Rheinische an der Rheinstraße ist dem

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Augenschein nach nonexistent. Lediglich die Rhein-Apotheke identifiziert sich mit dem Straßennamen, womöglich aber nur deshalb, um auf einer veritablen Apothekenmeile ein sicheres Unterscheidungsmerkmal anzubieten. In der ansonsten stark von Normfreaks jeglicher Konvenienz  bevölkerten Hauptstadt mit ihren provinzbürgerlich-flippigen Ladennamen (“Schuhtanten”, “SchubLaden”, “Saftschubser”, um nur kurz aus der Schu-Sparte zu zitieren) zeigt die Rheinstraße eine angenehm zurückhaltende, höchst durchschnittliche, ihrem Angebot angemessene, metropol-über den Dingen stehende  Nomenklatur: nicht ein einziger bescheuerter Friseurladenname (in Kreuzberg hingegen: “Verlockung”), am gewagtesten noch der “Asia-Nudel-King” (selbsterschließend) und “die heiße Wahre” (eine Currywurstbude). Vermutlich unbewußt bis ungewollt rheinische Anklänge bieten “bad & baden”, in dessen Auslage wir die erst jüngst hier besungenen Raum-Zeit-Quietscheentchen

raumzeitquietsch

in artgerechter Massentierhaltung erblicken und “vom Fass”, das Bodensee-Apfelsaft im Fünfliterpack offeriert. Das wars denn aber auch an rheinischen Zugeständnissen. Wohl zeigt die Straßenführung grob in Richtung Rheinland, was einst Anlaß zur Namensgebung gewesen sein mag. Wir können uns allerdings nicht erinnern, jemals über die Rheinstraße in Berlin eingefallen zu sein. Auf der nun flaniert wird von Aldi zu Lidl und retour. Berlinerisch herrscht auf halber Straßenhöhe die Kaisereiche. Wir stellen uns, eine leichte Übung, die Straße als

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Kanal vor. (Bald dümpelte er stahlgrau-stahlblau dahin mit benzinösen Ausblühungen und zögen zweiundzwanzig zuckerwatteweiße Schwäne schwanhalsig-attraktiv an seiner schlierig-schmuddeligen Oberfläche in Richtung ihnen hingeworfner Dönerbröckchen.) Fazit: einen Rhein bzw enklaviert-integrierte Rheinischkeit gibt in dieser Stadt scheints rein garnichts ab und das ist, wie so vieles in Berlin, gut so. (Die Ständige Vertretung mit ihrem geradezu überrheinisch formulierten Kult-Anspruch lassen wir an dieser Stelle höchstwillkürlich außen vor.)

Auguste Duméril sur les bords du Rhin

Copie d’une lettre que j’ai écrite à Joseph Fabre, après mon voyage sur les bords du Rhin, en 1846, et qui peut servir de journal abrégé de ce voyage.

Le soir du jour où vous m’avez embarqué au chemin de fer, c’est-à-dire, lundi 14 Septembre, je suis arrivé, à 2 h ½ environ, à Bruxelles, et là, suivant le conseil de M. V. Cumont, je me fis immédiatement conduire à la diligence de Namur, qui allait partir, et je me trouvai le lendemain matin à Namur, à 6 h.: à 6 h ½, une autre diligence, se mettant en route pour Liège, je m’installai sur une banquette surnuméraire, adossée au cabriolet de l’impériale, et de là, comme d’un observatoire, d’où ma vue pouvait s’étendre de tous côtés, j’ai parfaitement joui de la vue des bords pittoresques de la Meuse, dont la grande route suit presque constamment le cours, de sorte que je n’aurais pas mieux vu, je crois, à bord du bateau, si j’avais suivi mon premier plan, qui était d’aller par eau, de Namur à Liège, où je ne serais arrivé que le mardi soir, tandis que j’y étais à une heure, et qu’à 5 h, je me trouvais à Aix-la-Chapelle, où je me mis en rapport avec M. Darancourt, qui ne savait pas l’Allemand plus que moi. Nous passâmes notre soirée au café de la source Elise, au théâtre, et à la redoute, où nous ne vîmes pas de joueurs trop acharnés, mais où je pus prendre une idée de ce que sont la Roulette et le 31. Le lendemain matin, nous avons visité l’hôtel de ville, la cathédrale, dont je fus très frappé, car c’était le premier exemple que je voyais de cette architecture byzantine, dont je devais voir de si beaux échantillons à Bonn, mais surtout à Mayence: les fameuses reliques, et la jolie montagne du Louisberg. Ce même jour, nous avons visité Cologne, dont j’ai extrêmement admiré la magnifique cathédrale, malheureusement inachevée, mais pour laquelle on dépense maintenant 500 000 F par an: si elle est jamais achevée, ce sera, je crois, une des plus belles églises gothiques qui se puissent voir. L’Eglise Ste Marie du capitole, curieuse par des restes de constructions romaines; l’église des Jésuites, richement ornée, surtout par un banc de communion, de marbre blanc, couvert de charmante sculpture, et l’église de St Pierre, où se voit le curieux tableau de Rubens, représentant le crucifiement de St Pierre, qui est vu la tête en bas. Le soir de ce même jour, nous vînmes coucher à Bonn. Ici, commence le magnifique spectacle qu’offre le Rhin, et la matinée du jeudi, passée, ainsi que je vais vous le raconter, a été pour moi pleine d’enchantement. Nous prîmes un guide, et après avoir visité, dans la ville, la cathédrale, d’un aspect particulier, et la statue de Beethoven, nous nous dirigeâmes, en voiture, vers le Kreutzberg, montagne élevée, où existe une église, avec un escalier de marbre, qui ne se monte qu’à genoux, et dont un caveau contient des moines momifiés, par la sécheresse du lieu, et l’absence complète pendant des siècles, du contact de l’air extérieur: physiologiquement, c’est un fait, qui ne manque pas d’intérêt: la peau est parfaitement intacte et dure, comme du cuir tanné. De là, la vue est déjà belle, mais elle est plus belle encore, du Godesberg, où nous allâmes ensuite, et où se voient des ruines assez considérables: elle l’est certainement davantage, sur le Rolandseck, où se voient quelques ruines, et d’où la vue plonge sur le Rhin, et sur les îles considérables qui existent dans ce point, et sur l’une desquelles est construit un grand bâtiment qui, de monastère qu’il était autrefois, est devenu un hôpital.

Après être descendus, nous avons traversé le Rhin, en bateau: il a, dans ce point, une largeur extrême: sur l’autre rive, est la haute montagne du Drachenfels, que nous avons également gravie, et d’où nous avons joui du plus admirable point de vue, car on a, autour de soi, les autres monts; qui forment ce que l’on nomme les 7 monts, le Rhin, et, de l’autre côté, les monts qui bordent la rive. En redescendant, on arrive à la petite ville de K, où mon compagnon de voyage me quitte, pour prendre le bateau à vapeur, qui devait le conduire à Coblentz, et moi, je traversai le Rhin, sur un pont volant, pour rejoindre la voiture qui me ramènera à Bonn, que je ne voulais pas quitter sans avoir visité l’Université. Les 6 heures environ passées dans cette ravissante excursion, si elles furent accompagnées d’une assez grande fatigue, qui me dura 2 ou 3 jours, furent vraiment délicieuses, car je n’avais jamais eu encore l’occasion de voir la nature sous un si magnifique et si imposant aspect; mais je ne savais pas encore quels enchantements m’étaient réservés, pour le lendemain. A Bonn, tous les professeurs étaient absents: je visitai cependant avec assez de détails Cl., ancienne résidence d’été des électeurs, où se voient une belle collection d’anatomie, mais surtout, de magnifiques collections d’histoire naturelle, renfermées dans des salles, de l’aspect le plus grandiose. J’ai visité la clinique d’accouchement, composée de 12 lits, d’une collection curieuse de bassins vicieux, et d’instruments d’obstétrique, qui me furent montrés par l’aide de clinique du professeur Kilian. Il y a là une douche ascendante de 2 mètres ½ environ de hauteur, pour les accouchements prématurés: il paraît qu’on obtient de bons résultats de ce procédé, qui n’est jamais mis en usage chez nous, à ce que je crois.

(Quelle: http://correspondancefamiliale.ehess.fr/)