Voltaire über Flüsse

Fleuves

Ils ne vont pas à la mer avec autant de rapidité que les hommes vont à l’erreur.
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Quand Maillet imagina que la mer avait formé les montagnes, il devait dédier son livre à Cyrano de Bergerac. Quand on a dit que les grandes chaînes de ces montagnes s’étendent d’orient en occident, et que la plus grande partie des fleuves court toujours aussi à l’occident, on a plus considéré l’esprit systématique que la nature.
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Le Guadalquivir va droit au sud depuis Villanueva jusqu’à San-Lucar ; la Guadina de même depuis Badajoz. C’est la direction du Rhône, de Lyon à son embouchure. Celle de la Seine est au nord-nord-ouest. Le Rhin depuis Bâle court droit au septentrion ; la Meuse de même depuis sa source jusqu’aux terres innondées ; l’Escaut de même.
Pourquoi donc chercher à se tromper, pour avoir le plaisir de faire des systèmes, et de tromper quelques ignorants? [...] Faut-il traiter aujourd’hui la physique comme les anciens traitaient l’histoire?

(Voltaire, Dictionnaire philosophique)