Die Germania und die Billigbombe

Dimanche 26 juin. Rüdesheim. J’attrape de justesse le bateau, sur l’embarcadère de la Compagnie Köln-Düsseldorf. Je suis le dernier sur la passerelle. Il est 10 heures quand le Deutschland s’éloigne du quai.
Au-dessus de Rüdesheim s’aperçoit, dressée sur les hauteurs couvertes de vignobles, la statue de la Germa­nia du monument du Niederwald. Lothar Baier me racontait que des anarchistes francfortois avaient voulu profiter de son inauguration par Guillaume II, en 1893, pour assassiner l’empereur. Mais « en bons protestants allemands », dixit Lothar, ils avaient acheté pour leur bombe la mèche la moins chère qu’ils aient pu trouver. Or il plut ce jour-là et la mèche ne fonctionna pas. Ils furent arrêtés, condamnés à mort et exécutés. Lothar voyait là une nouvelle preuve par l’absurde de l’incapa­cité des Allemands à réussir une révolution.
La présence de ce monument en ces lieux, parmi les vignobles, loin de Berlin la capitale, est exemplaire de l’extraordinaire dissémination des monuments symboli­ques de l’unité nationale dans ce pays. Le Walhalla de 1842, construit sous Louis Ier de Bavière pour servir « au renforcement et à l’accroissement du sens allemand », se trouve au sud de Regensburg. A Cologne est la cathédrale dont l’achèvement, à partir de 1840, devait annoncer « une grande et puissante Allemagne ». A Mayence, l’érection, en 1837, d’un monument à Gutem-berg symbolisait « la conscience que nous avons une patrie commune, une langue commune, les mêmes lois, les mêmes espoirs et le même but ». A Leipzig se dresse, gigantesque, le monument témoin de la renaissance nationale, celui de la « Bataille des Peuples » contre Napoléon. Le monument symbole de la puissance germanique, celui qui commémore la victoire de Her­mann sur les Romains, se trouve près de Bielefeld, dans la Teutoburger Wald. Dans l’île de Norderney est la pyramide faite des pierres de toutes les villes alleman­des. Et à Berlin, bien sûr, sont quelques monuments « d’intérêt national », mais finalement guère plus qu’ail­leurs.
La Germania est un peu la cousine allemande de Marianne. Mais celle-ci est chrétienne lorsque, dans la mémoire nationale, elle se confond avec Jeanne d’Arc, porteuse de révolte et de liberté quand elle grimpe avec Gavroche sur les barricades. La Germania n’est pas cela, mais une réminiscence de légendes germaniques, une resucée de Walkyrie. Elle est grave et massive, grise et guerrière. Elle sert le prince et non la liberté, et le prince s’en sert pour tuer la liberté. A Rüdesheim, elle est tournée vers l’ouest et provoque la France. Elle monte la garde sur le Rhin.
Il n’y a qu’une société d’Allemands du troisième âge sur le bateau, ils restent vissés à leurs table, étroitement assis, et il m’est impossible de trouver leur compagnie. Les autres touristes sont des Japonais et des Français, deux groupes de chaque, et quelques Américains.
Passé Rüdesheim, le Rhin circule dans les méandres encaissés du massif schisteux rhénan. Son lit parfois est si étroit qu’il a dû être élargi pour les bateaux modernes, comme, après-guerre, à Bingen. A l’approche du rocher de la Lorelei, le bateau s’emplit, via les haut-parleurs, d’un mâle chœur chantant le poème de Heine mis en musique par Sucher. Les touristes se ruent à bâbord et photographient un morceau de la falaise qui les sur­plombe. A son sommet, à 132 mètres, flotte le drapeau allemand : ce bout de rocher est lui aussi monument national.
La légende de la Lorelei n’est que l’une des nombreu­ses légendes que ce fleuve charrie depuis toujours. On trouve de tout sur ces rives et ces îlots, « dans cette vague superbe qui fait bondir la France, dans ce murmure profond qui fait rêver l’Allemagne », comme l’écrit Hugo dans Le Rhin. Sous tous ces burgs dont les silhouettes déchiquetées accompagnent le voyage, se jouent des histoires odysséennes, comme celle, juste­ment, de la Lorelei, cette Circé germanique dont les longs cheveux d’or appellent les marins à fracasser leurs barques à ses pieds ; apparaissent des empereurs de légende, comme Frédéric Barberousse qui, à Pfalz, fait triompher l’amour, deus ex machina, au terme d’une histoire compliquée d’amoureux empêchés ; se mêlent christianisme et paganisme, comme dans la légende du Drachenfels, près de Bonn, où une jeune vierge livrée à un dragon se sauve par sa foi. Les mythes sont souvent effroyables et nocturnes : la parure d’or de la Lorelei ne se voit qu’à la nuit ; dans sa « tour aux souris » de Bingen, le méchant archevêque est bouffé tout vivant par les rats. On songe à ce que, dans De l’Allemagne, Heine dit des « légendes de l’Allemagne, ces tristes enfantements pétris de sang et de nuages, dont les formes sont si grises et si blafardes, et l’aspect si cruel ! ». Pourtant ici, sur ce fleuve, les monstres sont vaincus par la justice et par l’amour, le seul monstre triomphant, finalement, est la belle Lorelei qui tue insolemment.
La force et l’importance du Rhin sont d’abord en lui-même avant que d’être dans les rêveries des hommes. Ce fleuve, plus qu’aucun autre, est fluidité, mobilité, communication, trait d’union. Il fait définitivement échapper le pays qui le borde à cette Bodenständigkeit, cette « fixation au sol » tellement forte ailleurs et dérangeante. Son lit semble boire, autant qu’à l’eau venue des chutes de Schaffhausen, à celle, dorée, qui court en vert déferlement sur ses pentes somptueuses et qui, gavée de soleil et de sucre, rendra, muée en vin, tout le pays aimable. La douceur est vertu du Rhin malgré les sombres légendes et les orgueilleux monu­ments de la puissance de Guillaume, de Ruedesheim et de Coblence, qui paraissent ici ridicules et obscènes. C’est cette douceur aussi qui fait que, de la plus terrible et de la plus froide des légendes, Heine ne retient dans son chant qu’indicible tristesse : « Ich weiss nicht,/ Was soll es bedeuten,/ Dass ich so traurig bin. »

(aus: Patrick Démerin, Voyage en Allemagne (Paris 1989))

Vision

Am Weg, der nußbeschattet
Zum Rheinfels führt empor,
Da trat ich jüngst ermattet
Hin an ein eisern Tor.
Die Pforte war’s zum Acker,
Der abtut alle Not;
Drauf seiner Garben wacker
Hinwirft der grimme Schnitter Tod.

Die Dämm’rung kam verstohlen;
Ihr Wehn in Gras und Baum,
Der Rhein, die Nachtviolen -
Es gab mir alles Traum.
Bis jach ein langsam Schreiten
Mich weckte, da ich sann;
Im Festkleid andrer Zeiten
Trat auf mich zu ein eigner Mann.

Sein Hut war breit von Krempe,
Sein Mantel reich an Staat;
Am Gurt hing ihm die Plempe,
Doch schien er nicht Soldat.
Sein Antlitz war wie Erden;
Sein Auge matt doch stet.
Ich dachte: “Was will werden?”
Da sprach er leise: “Grüß Gott, Poet!

“Ich war in meinen Tagen
Ein Dichter weit genannt;
Ich habe frisch geschlagen
Die Leier durch das Land.
In wüsten Kriegesläuften
Mut singend stand ich da,
Ach, in der blutersäuften
Der zitternden Germania.

“Als sie zur Gruft mich brachten
Nach sturmgetriebner Fahrt,
Da war zu Gang das Schlachten,
Das dreißigjährig ward.
Mir fand ich Kampf beschieden,
Dir fiel die Ruhe zu:
Im dreißigjähr’gen Frieden
Übst deine freud’gen Saiten du.

“Dich stört kein Schwedenjagen
Bei Lied und bei Sonett,
Kein springender Pulverwagen,
Kein krachend Falkonett!
Dich irrt auf deinen Wegen
Kein wallensteinisch Volk!
Dir kreuzen nicht die Degen
Der Weimar und der wilde Holk!

“Doch in die Zukunft spähen
Die Schläfer in der Gruft;
Ein Wechsel wird geschehen,
Und Krieg ist in der Luft!
Gleichwie von zieh’nden Heeren
Erbebt mein Grab schon heut!
Nicht lang mehr wird sie währen,
Die überlange Friedenszeit!

“Schon geht ein feindlich Scheiden
Und Sondern durch die Welt;
Bald suchen sich die Schneiden
Wohl auch im offnen Feld!
Ade dann träumend Sinnen!
Ade, zwei Banner wehn!
Im Kampfe mitten drinnen
Wirst dann auch du bei einem stehn!

“Ich sang in jenem Streite:
Drum gehet tapfer an!
Trittst du auch auf die Seite
Der Freiheit als ein Mann!
Kriegsweisen wolle schmettern!
Was Tod, was Acht, was Bann!
Sing’ in den kommenden Wettern -
Auch du: drum gehet tapfer an!” -

Ich sprach: “Nah ist die Fehde,
Und kampfbereit bin ich!
Doch du, mit dem ich rede,
Zinkgref wohl hieß man dich?
Wo du dein Weib erworben
In diesem Sankt Goar
Bist nachmals du gestorben.” -
Er sprach zurück: “Du redest wahr!”

Da wollt’ ich rasch ihm fassen
Die Hand, doch er entwich;
Hinschwebend in dem blassen
Stromdunst verlor er sich.
Er schwebt’, als hätt’ er Flügel.
Nachließ er keine Spur,
Wie längst sein grüner Hügel
Spurlos verloren ging der Flur.

(Ferdinand Freiligrath, 1843)

Presserückschau (Oktober 2012)

„Wer glaubt, die Bonn-Lobby bestünde nur aus drei Provinzdödeln, unterschätzt sie“, verrät die taz unter der martialischen Überschrift „Die Wacht am Rhein“ in einem ausführlichen Bericht über die Bonner Ministerienlobby und den Strukturwandel im ehemaligen Bundesdorf, dieweil uns der EXPRESS gewohnt knackig die Arbeitsweise der Experten vom Kampfmittelbeseitigungsdienst Rheinland nahebringt, welche in geduldiger Kleinarbeit Luftaufnahmen der Alliierten vor und nach den Kriegsbombardierungen auf „0,1 Millimeter große, schwarze Punkte“ begutachten, welche Blindgänger markieren können. Weitere nennenswerte Nachrichten des Oktobers:

1
Seit Wochen und Monaten berichtet die Rheinische Post in immer neuen, meist undurchsichtigen Artikeln vom Eisernen Rhein, einer historischen, weitgehend stillgelegten und nur noch von Güterverkehr frequentierten Bahntrasse zwischen den Häfen von Duisburg und Antwerpen, die evtl (evtl aber auch nicht) ausgebaut/wiederbelebt werden soll, was zu einer komplexen Gemengelage (Komgem) zwischen Politik, Industrie und Bürgerinitiativen in Belgien, den Niederlanden und am Niederrhein führt, welche die regional-interessierte Leserschaft, handelte es sich nicht um ausgemachte Flachlandregionen, als das berühmte Bergekreißen empfinden dürfte.

2
„Die Entscheidung über die Bewilligung von Schadensersatz für bei Dienstunfällen erlittene Sachschäden eines Beamten steht sowohl dem Grund wie auch der Höhe nach im Ermessen des Dienstherrn. Es ist ermessensgerecht, wenn der Dienstherr beim Verlust einer Brille nur die Aufwendungen, die nicht über die medizinischen Notwendigkeiten hinausgehen, bei der Berechnung des Schadensersatzes berücksichtigt“ urteilt laut rechtslupe.de das Verwaltungsgericht Koblenz über eine während eines Polizeieinsatzes im Rhein verlorengegangene Gleitsichtbrille. (Ein Wasserschutzpolizist war bei einer Schiffskontrolle in den Fluß gefallen.)

3
„Die Statue “Krieg” ist zurück am Niederwalddenkmal hoch über dem Rhein“, meldet Die Welt zum Monatsausklang. Zuvor sei die acht Tonnen schwere Bronzestatue ebenso wie zwei Reliefs und die Krone der Hauptfigur “Germania” in der Werkstatt einer sächsischen Denkmalpflegefirma in Ottendorf-Okrilla bei Dresden restauriert worden. Dabei sei auch eine bis knapp einen Millimeter dicke Schmutzschicht entfernt worden: „Der Schmutz wurde mit Spachteln, Chirurgenskalpellen und Ultraschallreinigern in Handarbeit entfernt.“

4
Über den lernfähigen Klärschlamm der BASF schreibt die Rhein-Neckar-Zeitung: „Rund 3,5 Kubikmeter Abwasser pro Sekunde rauschen von der BASF aus rund um die Uhr in den Rhein: Eine Zahl, die Umweltschützern den Schweiß auf die Stirn treibt.“ Deshalb sei der Bakterienschlamm der BASF-Kläranlage etwas Besonderes: „Die darin enthaltene Bakterienfauna ist über mittlerweile fast vier Jahrzehnte hinweg darin geübt, problematische Abwasserstoffe zu verarbeiten und abzubauen. Der Klärschlamm ist gewissermaßen “lernfähig”, weil die darin lebenden Kleinstlebewesen auf unterschiedlichste chemische Belastungen gut trainiert sind. Normaler Klärschlamm aus kommunalen Kläranlagen stieße hier sehr schnell an seine Grenzen.“

5
Neuenburg am Rhein hofft laut einem Bericht der Badischen Zeitung, im Zuge der Landesgartenschau 2022 tatsächlich an den Rhein angeschlossen zu werden: „”Eine Stadt geht zum Rhein” – so lautete von Anfang an das Motto für das Projekt. Die Rheinkorrektur durch Johann Gottfried Tulla im 19. Jahrhundert, zudem die Autobahn und die Kreismülldeponie haben Neuenburg vom Fluss abgeschnitten. Das soll die Landesgartenschau korrigieren. Die Rheinauen sollen zum Naherholungsgebiet werden – als Bindeglied zwischen Stadt und Fluss. Und zwar über das Ende der Gartenschau hinaus.“

6
In Xanten soll lediglich der Altrhein (und nicht die ganze Stadt) wieder an den Rhein angeschlossen werden, so steht es in einer Pressemitteilung des NRW-Umweltministeriums: “Umweltminister Johannes Remmel und der Deichverband Poll haben vereinbart, die Planungsleistungen für das Planfeststellungsverfahren zum Anschluss des Xantener Altrheins an den Rhein durchzuführen. Das Projekt ist mit dem Bau des rheinfernen Deiches an der “Bislicher Insel” verbunden und dient gleichzeitig der Umsetzung der EU-Wasserrahmenrichtlinie und dem Naturschutz im Naturschutzgebiet “Bislicher Insel”. Der Deichverband Poll hat in den Jahren 2003/2004 mit den Planungen für die oberstromige Anbindung des Altrheins im Bereich Wesel-Werrich begonnen. Dabei wurde deutlich, dass der Altrhein bei höheren Wasserständen im Rhein nur dann durchströmt wird, wenn auch die unterstromige Anbindung östlich des Restaurants “Zur Rheinfähre” verbessert wird.“

7
Last but not least berichtet das Hessen-Tageblatt von einer touristenfeindlichen Aktion mitten in der hochtouristischen Rüdesheimer Drosselgass. An einem Oktobersonntagfrüh gegen 2.15 Uhr habe eine sechsköpfige oberpfälzische Delegation zwei Einheimische angesprochen, „um zu erfahren wo um diese Uhrzeit noch etwas los sei.“ Daraufhin griffen die Einheimischen an, es kam zu einer Messerattacke, „Lebensgefahr ist nicht auszuschließen.“

Außerdem berichtet das neue deutschland über Baulärm im Mittelrheintal und der Landschaftsverband Rheinland stellt in personam Alois Döring fest, daß früher im Rheinland nicht alles besser war, was rheinsein definitiv bestätigen kann.

Abenteuer Rhein (3)

Gestern der zweite und letzte Teil von Abenteuer Rhein von Ewels/Elsner, erneut zu einem Sendetermin, den wir nicht wahrnehmen konnten – umso lobenswerter/praktischer die Einbindung des Materials in die Mediathek. (Wie lange es dort vorrätig sein wird, entscheidet das ZDF.)

Von der Germania zur Nordsee gings diesmal, in einer knappen halben Stunde. Außer einem Schnelldurchauf kann bei solcher Zeitvorgabe schwerlich anderes herausspringen. Dieselbe nervtötend-pseudopathetische Hintergrundmusik wie im ersten Teil – was zu erwarten stand. Dafür mehr Interviews, oder weniger imposante Bilder, wir können es nicht genau sagen. Haften blieb die Zeitlupe eines jagenden Adlers am Drachenfels. Und der nicht näher erläuterte Satz, daß das Rheinwasser bei Köln eine besondere Wirkung besitze. (Welche?) Die vom Sprecher verkündete Mündung in die Nordsee müssen wir auf der visuellen Ebene verpaßt haben. Es sollte diejenige bei Hoek van Holland gewesen sein.

In der Mediathek existieren um den Film herum einige Making-of-Ausschnitte, die teils für andere ZDF-Sendungen als Werbemaßnahmen oder Nachrichteninhalte verwurstet wurden, und die uns – einmal um das ständige, offenbar senderintern gefragte Selbstlob, die “Einzigartigkeit” der Bilder betreffend, dividiert – interessanter und aussagekräftiger erscheinen als der Hauptfilm. Erneut fiel auf: der Kamera-Zeppelin wäre ideal für längere, Details fokussierende, schwebende Bildeinstellungen gewesen, doch hat einerseits die epochemachende hektische MTV-Schnitttechnik, seniorengerecht angewandt, den Mainzer Sender längst erfaßt und andererseits ist im Fernsehen für Überraschendes bergende Gedehntheiten und Details Platz am ehesten wohl noch in Kindersendungen oder unter Satire-Label. Freuen wir uns also über das, was wir vorgesetzt bekommen und auf die nächste, tatsächlich mit mehreren Stunden Länge (für Frühjahr 2013) angekündigte (dann wieder:) ARD-Rheindoku, die sich vorab ebenfalls über ihre einzigartigen Bilder definiert.