le beau Danube, qui ressemble assez au Rhin à Genève

“Ma figure, dans la rue, marchant à l’aide d’une canne et jurant quand le pied gauche heurte à quelque pavé pointu, doit faire rire les Strasbourgeois; mais je ne suis connu de personne. Donc, je rentrerais à Paris avec le plus grand plaisir; cependant je suis si près de la sublime église de Cologne! Deux jours, et encore par bateau à vapeur; c’est humide, mais au moins ça ne fatigue pas! Les commis, aidés de mon naturel imprudent, finiront par me reléguer à Civita-Vecchia ou, ce qui est pis, par me reléguer dans la pauvreté. Jamais je ne verrai Cologne. Moi, j’aime le beau; c’est mon faible, auquel je sacrifie, comme vous le voyez, prudence et santé. Dieu sait ce que fera l’humidité du Rhin!”
Stendhal, Correspondance T. 10, 2 Juillet 1838, à M. Di Fiore

“19 avril 1809 – [...] Notre voiture glissa sur la rue rapide par laquelle on sort de Neubourg. En sortant, nous traversons le beau Danube, qui ressemble assez au Rhin à Genève.”
Stendhal, Journal T 3

“Le 27 [janvier 1813] , à 2 heures du matin, à Franckfort (quelle heure de bon sommeil!)
A 7 heures et demie du matin, passé le Rhin, en traîneau.”
Stendhal, Journal T 5

“[...] il est vrai qu’à cet âge, ne sachant pas ce que c’était que manquer et travailler désagréablement pour gagner le nécessaire, l’argent n’était pour moi que satisfaction de fantaisies; or, je n’avais pas de fantaisies, n’allant jamais en société et ne voyant aucune femme; l’argent n’était donc rien à mes yeux. Tout au plus aurais-je voulu acheter un fusil à deux coups.
J’étais alors comme un grand fleuve qui va se précipiter dans une cascade, comme le Rhin, au-dessus de Schaffouse, dont le cours est encore tranquille, mais qui va se précipiter dans une immense cascade. Ma cascade fut l’amour des mathématiques…”
Stendhal, Vie de Henri Brulard, T. 2

“L’Ill, petite vilaine rivière aux eaux sales, traverse Strasbourg et même divisée en plusieurs bras, humidité. Strasbourg ne se doute pas du Rhin. C’est un fleuve singulier, il forme une infinité d’îles par de petites branches qui entourent la principale… le talveg, cours principal en aval.”
Stendhal, Mélanges intimes et marginalia, T. 2