Klopstock

Über Klopstock kursiert vornehmlich, er sei seinerzeit einflußreich gewesen, weil sich an seinem Messias eine Zeitenwende der deutschen Dichtung festmachen lasse. Rezitiert wird das Werk eher selten. Nicht erst unter unseren Kommilitonen hieß es in den 90ern, der Messias sei allerdings unlesbar. Klopstock wird weiter gelehrt und bisweilen verfochten (wie etwa von Arno Schmidt). Zwei Gedichte zu rheinischen Weinen hat Klopstock verfaßt, vom folgenden sprach Mme de Staël im vergangenen Eintrag:

Der Rheinwein

O du, der Traube Sohn, der im Golde blinkt,
Den Freund, sonst niemand, lad` in die Kühlung ein.
Wir drei sind unser wert, und jener
Deutscheren Zeit, da du, edler Alter,

Noch ungekeltert, aber schon feuriger
Dem Rheine zuhingst, der dich mit auferzog,
Und deiner heißen Berge Füße
Sorgsam mit grünlicher Woge kühlte.

Jetzt, da dein Rücken bald ein Jahrhundert trägt,
Verdienest du es, daß man den hohen Geist
In dir verstehen lern`, und Catos
Ernstere Tugend von dir entglühe.

Der Schule Lehrer kennet des Tiers um ihn,
Kennt aller Pflanzen Seele. Der Dichter weiß
So viel nicht; aber seiner Rose
Weibliche Seele, des Weines stärkre,

Den jene kränzt, der flötenden Nachtigall
Erfindungsvolle Seele, die seinen Wein
Mit ihm besingt, die kennt er besser,
Als der Erweis, der von Folgen triefet.

Rheinwein, von ihnen hast du die edelste,
Und bist es würdig, daß du des Deutschen Geist
Nachahmst! bist glühend, nicht aufflammend,
Taumellos, stark, und von leichtem Schaum leer.

Du duftest Balsam, wie mit der Abendluft
Der Würze Blume von dem Gestade dampft,
Daß selbst der Krämer die Gerüche
Atmender trinkt, und nur gleitend fortschifft.

Freund, laß die Hall, uns schließen; der Lebensduft
Verströmet sonst, und etwa ein kluger Mann
Möcht, uns besuchen, breit sich setzen,
Und von der Weisheit wohl gar mit sprechen.

Nun sind wir sicher. Engere Wissenschaft,
Den hellen Einfall, lehr uns des Alten Geist!
Die Sorgen soll er nicht vertreiben!
Hast du geweinte, geliebte Sorgen,

Laß mich mit dir sie sorgen. Ich weine mit,
Wenn dir ein Freund starb. Nenn ihn. So starb er mir!
Das sprach er noch! nun kam das letzte,
Letzte Verstummen! nun lag er tot da!

Von allem Kummer, welcher des Sterblichen
Kurzsichtig Leben nervenlos niederwirft,
Wärst du, des Freundes Tod! der trübste;
Wär sie nicht auch, die Geliebte, sterblich!

Doch wenn dich, Jüngling, andere Sorg` entflammt,
Und dirs zu heiß wird, daß du der Barden Gang
Im Haine noch nicht gingst, dein Name
Noch unerhöht mit der großen Flut fleußt;

So red`! In Weisheit wandelt sich Ehrbegier,
Wählt jene. Torheit ist es, ein kleines Ziel
Das würdigen, zum Ziel zu machen,
Nach der unsterblichen Schelle laufen!

Noch viel Verdienst ist übrig. Auf, hab es nur;
Die Welt wirds kennen. Aber das edelste
Ist Tugend! Meisterwerke werden
Sicher unsterblich; die Tugend selten!

Allein sie soll auch Lohn der Unsterblichkeit
Entbehren können. Atme nun auf, und trink.
Wir reden viel noch, eh des Aufgangs
Kühlungen wehen, von großen Männern.

Mme de Staël über Unterschiede im (gegenseitigen) intellektuellen Verständnis links und rechts des Rheins

“(…) Les hommes de génie de tous les pays sont faits pour se comprendre et pour s`estimer; mais le vulgaire des écrivains et des lecteurs allemands et français rappelle cette fable de la Fontaine, où la cigogne ne peut manger dans le plat, ni le renard dans la bouteille. Le contraste le plus parfait se fait voir entre les esprits développés dans la solitude et ceux qui sont formés par la société. Les impressions du dehors et le recueillement de  l`âme, la connaissance des hommes et l`étude des idées abstraites, l`action et la théorie donnent des résultats tout à fait opposés. La littérature, les arts, la philosophie, la religion des deux peuples, attestent cette différence; et l`éternelle barrière du Rhin sépare deux régions intellectuelles qui, non moins que les deux contrées, sont étrangères l`une à l`autre. (…)”

(aus: Oeuvres complètes de Mme de  Staël: De l`Allemagne. Seconde partie. De la littérature et des arts. Chapitre premier. Pourqoui les Français ne rendent-ils pas justice à la littérature allemande?)

“(…) La poésie française, étant la plus classique de toutes les poésies modernes, est la seule qui ne soit pas répandue parmi le peuple. Les stances du Tasse sont chantées par les gondoliers de Venise; les Espagnols et les Portugais de toutes les classes savent par cœur les vers de Calderon et de Camoëns. Shakspeare est autant admiré par le peuple en Angleterre que par la classe supérieure. Des poèmes de Goethe et de Bürger sont mis en musique, et vous les entendez répéter des bords du Rhin jusqu`à la Baltique. Nos poëtes français sont admirés par tout ce qu`il y a d`esprits cultivés chez nous et dans le reste de l`Europe, mais ils sont tout à fait inconnus aux gens du peuple et aux bourgeois même des villes, parce que les arts en France ne sont pas, comme ailleurs, natifs du pays même où leurs beautés se développent. (…)”

(Dortselbst. Chapitre XI. De la poésie classique et de la poésie romantique.)

“(…) Klopstock a souvent beaucoup de grâce sur des sujets moins sérieux: sa grâce tient à l`imagination et à la sensibilité; car dans ses poésies il n`y a pas beaucoup de ce que nous appelons de l`esprit; le genre lyrique ne le comporte pas. Dans, l`ode sur le rossignol, le poëte allemand a su rajeunir un sujet bien usé, en prêtant à l`oiseau des sentiments si doux et si vifs pour la nature et pour l`homme, qu`il semble un médiateur ailé qui porte de l`une à l`autre des tributs de louange et d`amour. Une ode sur le vin du Rhin est très-originale: les rives du Rhin sont pour les Allemands une image vraiment nationale; ils n`ont rien de plus beau dans toute leur contrée; les pampres croissent dans les mêmes lieux où tant d`actions guerrières se sont passées, et le vin de cent années, contemporain de jours plus glorieux, semble recéler encore la généreuse chaleur des temps passés.
Non – seulement Klopstock a tiré du christianisme les plus grandes beautés de ses ouvrages religieux, mais comme il voulait que la littérature de son pays fût tout à fait indépendante de celle des anciens, il a tâché de donner à la poésie allemande une mythologie toute nouvelle, empruntée des Scandinaves. Quelquefois il l`emploie d`une manière trop savante; mais quelquefois aussi il en a tiré un parti très-heureux, et son imagination a senti les rapports qui existent entre les dieux du Nord et l`aspect de la nature à laquelle ils président. (…)”

(Dortselbst. Chapitre XII. Des  poëmes allmands.)

Wir danken unserem Korrespondenten Roland Bergère fürs Aufstöbern und häppchengerechte Servieren. Mme de Staëls Gedanken ufern sehr viel weiter aus, als wir hier darstellen mögen, und sind tiefere Einblicke wert. Klopstock!, sagen wir nur. Der Originaltext findet sich ua bei Google Books.

Mme de Staël über den Rhein (2)

“Les premières impressions qu`on reçoit en arrivant dans le nord de l`Allemagne, surtout au milieu de l`hiver, sont extrêmement tristes; et je ne suis pas étonnée que ces impressions aient empêché la plupart des Français que l`exil a conduits dans ce pays, de l`observer sans prévention. Cette frontière du Rhin est solennelle; on craint, en la passant, de s`entendre prononcer ce mot terrible: Vous êtes hors de France. C`est en vain que l`esprit juge avec impartialité le pays qui nous a vus naître, nos affections ne s`en détachent jamais; et quand on est contraint à le quitter, l`existence semble déracinée, on se devient comme étranger à soi-même. Les plus simples usages, comme les relations les plus intimes; les intérêts les plus graves, comme les moindres plaisirs, tout était de la patrie; tout n`en est plus. On ne rencontre personne qui puisse vous parler d`autrefois, personne qui vous atteste l`identité des jours passés avec les jours actuels; la destinée recommence, sans que la confiance des premières années se renouvelle;  l`on change de monde, sans avoir changé de cœur. Ainsi l`exil condamne à se survivre; les adieux, les séparations, tout est comme à l`instant de la mort, et l`on y assiste cependant avec les forces entières de la vie.
J`étais, il y a six ans, sur les bords du Rhin, attendant la barque qui devait me conduire à l`autre rive; le temps était froid, le ciel obscur, et tout me semblait un présage funeste. Quand la douleur agite violemment notre âme, on ne peut se persuader que la nature y soit indifférente; il est permis à l`homme d`attribuer quelque puissance à ses peines: ce n`est pas de l`orgueil, c`est de la confiance dans la céleste pitié. Je m`inquiétais pour mes enfants, quoiqu`ils ne fussent pas encore dans l`âge de sentir ces émotions de l`âme qui répandent l`effroi sur tous les objets extérieurs. Mes domestiques français s`impatientaient de la lenteur allemande, et s`étonnaient de n`être pas compris quand ils parlaient la seule langue qu`ils crussent admise dans les pays civilisés. Il y avait dans notre bac une vieille femme allemande, assise sur une charrette; elle ne voulait pas en descendre même pour traverser le fleuve. «Vous êtes bien tranquille! lui dis-je. — Oui, me répondit-elle, pourquoi faire du bruit?» Ces simples mots me frappèrent; en effet, pourquoi faire du bruit? Mais quand des générations entières traverseraient la vie en silence, le malheur et la mort ne les observeraient pas moins, et sauraient de même les atteindre.
En arrivant sur le rivage opposé, j`entendis le cor des postillons, dont les sons aigus et faux semblaient annoncer un triste départ vers un triste séjour. La terre était couverte de neige; des petites fenêtres, dont les maisons sont percées, sortaient les têtes de quelques habitants que le bruit d`une voiture arrachait à leurs monotones occupations; une espèce de bascule, qui fait mouvoir la poutre avec laquelle on ferme la barrière, dispense celui qui demande le péage aux voyageurs de sortir de sa maison pour recevoir l`argent que l`on doit lui payer. Tout est calculé pour être immobile; et l`homme qui pense comme celui dont l`existence n`est que matérielle, dédaignent tous les deux également la distraction du dehors. (…)”

(aus: Oeuvres complètes de Mme de  Staël: De l`Allemagne. Première partie. De l`Allemagne et des moeurs des Allemands. Chapitre XIII. De l`Allemagne du Nord.)

Mme de Staël über den Rhein

Mit dem deutschen Wald greift Gorrh ein deutsches Urthema auf, das von Tacitus an zu den Beschreibungsriten unserer heimatlichen Landstriche gehört. Zu Zeiten Mme de Staëls waren die deutschen Urwälder bereits beträchtlich dezimiert, weshalb sie in ihren Ausführungen “De l`Allemagne” auch schnell zu den Flüssen übergeht:

“(…) L`Allemagne offre encore quelques traces d`une nature non habitée. Depuis les Alpes jusqu`à la mer, entre le Rhin et le Danube, vous voyez un pays couvert de chênes et de sapins, traversé par des fleuves d`une imposante beauté, et coupé par des montagnes dont l`aspect est très pittoresque; mais de vastes bruyères, des sables, des routes souvent négligées, un climat sévère, remplissent d`abord l`âme de tristesse; et ce n`est qu`à la longue qu`on découvre ce qui peut attacher à ce séjour. (…)
Néanmoins, quand on a surmonté ces sensations irréfléchies, le pays et les habitants offrent à l`observation quelque chose d`intéressant et de poétique: vous sentez que des âmes et des imaginations douces ont embelli ces campagnes. Les grands chemins sont plantés d`arbres fruitiers, placés là pour rafraîchir le voyageur. Les paysages dont le Rhin est entouré sont superbes presque partout; on dirait que ce fleuve est le génie tutélaire de l`Allemagne; ses flots sont purs, rapides, et majestueux comme la vie d`un ancien héros: le Danube se divise en plusieurs branches; les ondes de l`Elbe et de la Sprée se troublent facilement par l`orage; le Rhin seul est presque inaltérable. Les contrées qu`il traverse paraissent tout à la fois si sérieuses et si variées, si fertiles et si solitaires, qu`on serait tenté de croire que c`est lui-même qui les a cultivées, et que les hommes d`à présent n`y sont pour rien. Ce fleuve raconte, en passant, les hauts faits des temps jadis, et l`ombre d`Arminius semble errer encore sur ces rivages escarpés. (…)”

(aus: Oeuvres complètes de Mme de  Staël: De l`Allemagne. Première partie. De l`Allemagne et des moeurs des Allemands. Chapitre premier. De l`aspect de l`Allemagne.)