Die Zukunft des Bodensees vor 100 Jahren

Wir leben in der Anfangszeit eines neuen Rheines. Sein Bild wird allmählich in tausend Einzelstrichen auf den Blättern der Fachzeitschriften und in weitreichenden Erörterungen lebendig. Die Möglichkeiten des Rheines, mit vielfältig verzweigten Energien immer tiefer in das Leben der Menschen hineinzuwirken, immer tiefer eine Wasserstraße in das Land zu werden und schließlich den Bodensee zum größten Binnenhafen Europas zu machen, gelten besonders für den Teil des Rheines, der fast noch dem Hochgebirge angehört, sie rufen Erwartungen auf, je mehr sich die Lage Europas unter dem Stachel von Versailles verschlimmert und je mehr die wirtschaftlichen, industriellen, verkehrstechnischen, topographischen und gesetzgeberischen Vorarbeiten fortschreiten. Wie ein gotischer Dom in seinem Emporwachsen die Stämme und Lichter des Waldes und das Felsgetüm des Berges wiederholt, aber das Vergängliche beiseite läßt, so plant eine kollektive und faustische Phantasie die ingenieurmäßige Gestaltung des Flusses, die Entfesselung und Zähmung in einem ist.
Der Oberrhein besteht aus zwei Flügeln, und sein Angelpunkt ist Basel. Der eine Flügel endet im Bodensee, der andere in jener Breite des Stromes, die schon zum Vorhof des Weltmeeres wird. Beide Flügel bieten schwierige und verlockende Aufgaben für eine staatenbauliche Kunst, die bereit ist, Verantwortung für das Schicksal von Millionen künftiger Menschen zu tragen. Natürlich ist dies hier nur eines der Probleme, die überall in der Welt vorhanden sind, wo man aufgehört hat, das Werden von Massenstädten und Industriegebieten dem Zufall zu überlassen. Es besteht die Absicht, den Bodensee durch eine Höherlegung seines Spiegels zum Speicher gewaltiger Wassermassen zu machen, deren Abfluß dann gleichmäßiger sein wird als bisher. Die Wasserkräfte des Oberrheins entsprechen der Brennkraft, die in den Vorräten eines unerschöpflich großen Kohlenbergwerkes schlummert. Man will sie in vierzehn Kraftwerken gewinnen, die mit den Wasserkräften des Schwarzwalds zusammen die Möglichkeiten einer neuen Industrielandschaft bieten, die ganz Baden, Schwaben, das Elsaß und die Nordschweiz umfassen könnte. Niemand zweifelt, daß die Aufgabe lösbar sei, aber die Lösung ist durchaus nicht sicher. Sie kann eine schlechte und kleinliche werden. Dann wird dieser Teil Europas vor anderen Ländern zurückbleiben, vielleicht für immer. Wenn aber die Lösung glückt und eine große Hand verrät, so werden künftige Geschlechter sie bewundern. Das Gemüt der Planenden müßte wohl ein wenig dem Gehäuse ähnlich sein, in dem einst Dürer den heiligen Hieronymus darstellte, mit dem Hund und dem Löwen schlafend zu seinen Füßen, in stillster Unbefangenheit den menschlichen Leidenschaften gegenüber, die so rasch erwachen, um sich über irgendeinen Brocken zu zerfleischen.

(Alfons Paquet: Der Rhein, eine Reise, Frankfurt/Main 1923)

Schwermut (hüben wie drüben)

„(…) je ne veux pas dire qu`un éternel été fasse une vie toujours joyeuse. Le soleil noir de la mélancolie, qui verse des rayons obscurs sur le front de l`ange rêveur d`Albert Dürer, se lève aussi parfois aux plaines lumineuses du Nil, comme sur les bords du Rhin, dans un froid paysage d`Allemagne. J`avouerai même qu`à défaut de brouillard, la poussière est un triste voile aux clartés d`un jour d`Orient.“

(aus: Gérard de Nerval, Voyage en Orient)

Auguste Duméril sur les bords du Rhin (2)

Le soir, en me promenant dans une des rues de cette petite ville, je suis passé devant un estaminet, à la porte duquel je me suis arrêté, avec plusieurs autres passants, pour entendre de la musique, telle qu’on n’en a jamais faite en France, en pareil lieu. Il paraît, au reste, que les compatriotes de Beethoven sont très grands amateurs de musique. Le lendemain je m’embarquai, à 8 h. à Bonn, et j’arrivai à Mayence à 7 h ½ du soir. Ce fut là, si je puis le dire, ma grande journée, dans ce beau voyage. A part une pluie assez forte, pendant la première heure, le temps fut magnifique, toute la journée, et ce fut une grande faveur du ciel, car il est à mon avis bien difficile de voir quelque chose de plus admirable, de plus varié, que ces bords du Rhin, que rendent si pittoresques ces rochers couverts de ruines. Nous avons pu dîner sur le pont, de sorte que je puis dire que, depuis le moment du départ, jusqu’à la tombée de la nuit, c’est-à-dire jusqu’à 6 h ½ ou 7 h., j’ai été dans une admiration perpétuelle, et dans un état d’attention permanente, m’aidant du panorama du Rhin, de mon itinéraire, et de ma lorgnette. Je pense bien souvent à cette belle journée. A Mayence, où j’ai été si frappé de voir les uniformes Autrichiens, Prussiens, et Hessais, et où tout a un aspect militaire. J’ai visité les 2 ou 3 belles églises de Jésuites, la cathédrale, dont les réparations viennent d’être achevées, et qui montre si bien ce qu’était cette curieuse architecture à plein cintre, qui diffère tant de l’architecture gothique, dont on voit, au reste, un superbe échantillon, dans les ruines, parfaitement conservées, d’un cloître, attenant à l’église. J’ai visité une très riche collection publique de tableaux: elle est peu nombreuse, mais contient de très belles choses; la promenade du Main; vis à vis, l’embouchure de cette rivière, est très jolie: c’est un beau spectacle que celui de la résistance que les eaux du Rhin offre à celles du Main, qui ne se mélangent que fort loin de là, à Bingen, seulement, dit-on. La statue de Gutenberg, par Thorvaldsen, est fort belle. Je quittai Mayence, dans la matinée, et allai à Wiesbaden, dont j’ai vu les admirables salles de jeu, de concert, de danse, et la belle promenade. Toutes les constructions nouvelles donnent, aux parties de la ville, qui avoisinent les sources, un très bel et riche aspect: j’ai vu les baignoires de grès rouge à fleur du sol, où arrivent les eaux thermales, que j’ai goûtées, mais dont je n’ai pu me résoudre à avaler un verre entier, quoiqu’elles ne soient point sulfureuses, mais simplement salines: j’ai également goûté les eaux sulfureuses d’Aix-la-Chapelle, et les eaux salines de Baden. Après avoir passé 3 heures, je suis venu à Francfort, où j’arrivai en moins de 2 h. C’était le samedi soir : je me promenai dans la ville, et fus, tout d’abord, frappé de l’air de capitale qu’offre cette grande ville, dont la grande rue, sur laquelle donnent la plupart des hôtels, est vraiment magnifique. Toute la matinée du lendemain fut employée à parcourir cette riche ville, où je vis un grand luxe d’équipages et de toilettes. La rue des Juifs m’a beaucoup frappé, par l’aspect tout particulier qu’offrent ses vieilles maisons, et les habitants de ces maisons, qui, tous Juifs, ont, hommes ou femmes, des tournures et des figures qui n’appartiennent qu’à eux: ce sera grand dommage, à mon avis, quand on démolira les maisons de cette rue, car c’est là un caractère particulier de cette ville, où les maisons Juives sont à la tête du commerce et de la banque, à commencer par Rothschild et Bethmann. J’ai vu chez ce dernier une admirable statue, qui vaudrait peut-être, à elle seule, le voyage de Francfort: l’Ariane de Dannecker. C’est le plus beau marbre que j’ai vu, et lorsqu’on ne laisse arriver le jour qu’à travers des rideaux roses, c’est une illusion incroyable.

La cathédrale est curieuse par son ancienneté. On y voit le fauteuil du couronnement des empereurs et un beau Christ en ivoire, d’Alb. Dürer. L’hôtel de ville, où se tenaient les assemblées pour les élections d’empereurs, et la grande salle où sont les portraits en pied de 52 ou 53 empereurs, offrent d’intéressants souvenirs historiques. Je me suis promené dans les nouvelles promenades, sur les bords du Main, et comme c’était le dimanche, il y avait beaucoup de monde, et concert. C’était un joli coup d’œil: une foule de constructions nouvelles embellissent la ville, qui est certainement la plus importante de toutes celles que j’ai visitées. Il y a un riche musée de tableaux. J’étais, le soir de ce même jour, à Mannheim, singulière ville, par sa construction trop régulière, qui lui donne l’aspect d’un damier. Toutes les rues, en effet, y sont tirées au cordeau, et se coupent à angles droits. C’est une ville peu animée, mais qui a un certain air d’aisance. On y voit un ancien palais, qui, par ses immenses dimensions, rappellerait un peu Versailles, comme les jardins de Schwetzingen, situés à 2 lieues de là, et que j’ai visités ce même jour, en me rendant à H, rappellent un peu le parc de Versailles, par les belles plantations, les pièces d’eau, et les constructions, un peu analogues au petit Trianon. C’est un magnifique jardin, que j’aurais regretté de ne pas visiter. Les moyens de communication sont si rapides, avec les chemins de fer, si bien organisés dans ce pays, qu’après avoir vu à Mannheim tout ce qu’il y a de curieux, ce qui n’est pas long, car, après le nouveau pont suspendu, 2 ou 3 belles fontaines, qui n’ont pas même les tuyaux destinés à y amener l’eau, l’habitation de la grande duchesse douairière de Baden-Baden, Stéphanie Beauharnais; la collection de tableaux, la belle promenade sur le Rhin, le nouveau bâtiment des douanes, et l’aspect particulier de la ville, on n’a plus rien à visiter, et qu’après avoir parcouru le parc de Schwetzingen, je suis arrivé à Heidelberg ce même jour, assez tôt pour visiter, avant la nuit, les ruines de l’ancien château.

(Quelle: http://correspondancefamiliale.ehess.fr/)