La cathédrale de Cologne (3)

III

Des siècles entiers, artiste magnifique,
Tu restas endormi du sommeil pacifique
Que le chevet glacé des tombeaux donne aux morts.
Mais, du double linceul où le temps fit descendre,
Pour les cacher au monde, et ta gloire et ta cendre,
Grand homme, voici que tu sors!

Voici qu’enfin ton nom magique,
Comme un signe victorieux,
Au Panthéon de la Belgique
Vient resplendir à tous les yeux.
Lui, dont chercha long-temps notre âge
Les lettres d’or sur chaque page
Des vieilles archives du Rhin,
Du sépulcre de notre histoire
Il ressuscite plein de gloire,
Comme un fantôme souverain

L’oubli, lorsque la mort t’eut mis dans ton suaire,
T’enferma tout entier dans son morne ossuaire ;
Et quand le voyageur, à genoux, demendait
“Quelle ain t’a bâtie, ô cathédrale sainte
Qui de Cologne emplis presque toute l’enceinte?”
Ton œuvre seule répondait ;

L’œuvre éclose dans ton génie,
Dont ta main voulut jusqu’aux cieux
Tordre la spirale infinie
Comme un chemin mystérieux,
Et qui, parlant sa langue austère
A tous les peuples de la terre,
De l’Orient et du Couchant,
Déroule dans la nue altière
Son vaste poëme de pierre
Dont chaque colonne est un chant. (…)

(André van Hasselt)


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