Valéry über Nerval

„Il aimait de la même amour les bois et les ruisseaux qui sont aux abords de Senlis, et cette noble forêt de Compiègne où je vis, une nuit, dans une clairière marécageuse, la pleine lune tramer au voile de la brume un arc-en-ciel aux couleurs froides et tout broché d’argent. La merveille de ce spectre glacé eut sans doute ravi Nerval, grand amateur de ces décors, de légendes que l’on place souvent sur les rives du Rhin. Les contes et les lieds que ce fleuve a inspirés lui étaient d’autant plus familiers qu’il connaissait fort bien la langue allemande. On sait quels éloges il reçut de Goethe pour sa traduction du premier Faust. Peut-être fut-il le seul Romantique français bien instruit de cette Germanie lyrique et métaphysique, de laquelle notre Romantisme nous vint.“

(Paul Valéry, Oeuvres 1, Variété – Etudes littéraires : Souvenir de Nerval.)


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