Rheindampfschifffahrn! (2)

Unter der trockenen Kapitelüberschrift “Ce qu`on peut voir en six jours” beginnt Gautier seine Rheindampferfahrt, schätzungsweise bei Mannheim: “Lorsque le temps daigne ne pas être trop hostile, que les nuées ne vident pas leurs outres de pluie, que le soleil illumine à propos le décor, et que le vent ne vous jette pas à la figure l`écume du fleuve, rien n`est pas plus amusant qu`une journée passée ainsi. Il faisait ce jour-là „une jolie température,“ suivant l`expression favorite des philistins. Quelques légers bancs de nuages flottaient dans la sérénité du matin, et les rivages se dessinaient sous un rayon de lumière favorable. Le Rhin s`étalait largement entre des berges peu élevées contre lesquelles moutonnaient des longues vagues produites par les sillages du bateau à vapeur, qui faisait danser les petites embarcations. – Il y avait encore peu du monde sur le Dampfschiff, mais chaque fois que l`on passait devant une petite ville ou un bourg, la Concordia, opérant une évolution sur elle-même, se rapprochant de l`estacade, ou, brassant l`eau à rebours, se laissait rejoindre par des barques chargées de voyageurs et de paquets. La navigation du Rhin n`est pas autrement dangereuse, mais elle exige de l`attention; le lit du fleuve change souvent de niveau, quelquefois il se hérisse de roches où une coque pourrait se découdre, et s`obstrue de bas-fonds sur lesquels on s`engraverait; aussi une inscription trinlingue, comme celle de Rosette, enjoint-elle en allemand, en anglais et en francais, de ne pas parler au pilote, qui ne quitte pas une minute la roue du gouvernail, imprimant à propos de légères déviations au docile pyroscaphe. D`escale en escale, le pont se peuplait: il y montait des mères de famille allemandes, suivies de deux ou trois fillettes et d`une Gretchen naive, n`ayant pas l`air dame de la femme de chambre anglaise, encore moins l`air soubrette de la femme de chambre francaise, mais rappelant le type de Marguerite dans les illustrations de Reschz; des groupes d étudiants coiffés de la petite casquette aux couleurs de leur pays, qui devrait bien remplacer partout l`affreux chapeau moderne; des instrumentistes se rendant à quelque ville d`eaux et portant sous le bras des cuivres que leur fourreau de percaline verte faisait ressembler à des boas empaillés; des Anglais exacts de tenue, comme au bal; des Russes parlant toutes les langues, et que, sans cette faculté polyglotte, on eût pris pour des Parisiens.”


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