Montaigne über Caesars Rhein

“Parlant à eux, il les appelloit du nom du compaignons que nous usons encore : ce qu’Auguste son successeur reforma, estimant qu’il avoit fait pour la necessité de ses affaires et pour flatter le coeur de ceux qui ne le suyvoient que volontairement,
 
// Rheni mihi Caesar in undis
Dux erat, hic socius : facinus quos inquinat aequat;*
 [...]
 
Là où il parle de son passage de la rivière du Rhin vers l’Allemaigne, [César, La guerre des Gaules, Livre IV, Chap. XVI - XVIII] il dit qu’estimant indigne de l’honneur du peuple Romain qu’il passast son armée à navires, il fit dresser un pont afin qu’il passat à pied ferme. Ce fut là qu’il bâtist ce pont admirable de quoy il dechiffre particulierement la fabrique : car il ne s’arreste si volontiers en nul endroit de ses faits, qu’à nous representer la subtilité de ses inventions en telle sorte d’ouvrages de main.”
 
*Sur les ondes du Rhin, César était pour moi un chef; ici, c’est un complice : le forfait rend égaux ceux qu’il souille. Lucain, Pharsale, V, 289.
 
(aus: Montaigne, Les Essais, Livre II, Chap. XXXIV : Observations sur les moyens de faire la guerre de Julius Caesar; hervorgetrüffelt und übermittelt von Roland Bergère.)


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